LAVORARE CON LENTEZZA

Thème

1976. L'Italie est en proie aux attentats terroristes, à l'inflation, aux mouvements sociaux, à l'agitation étudiante. À Bologne de jeunes libertaires fondent Radio Alice, une radio qui donne la parole à tous ceux qui ne l'ont pas, en direct et sans censure. Le ton est très libre et plein de fantaisie ; on parle de politique, de musique, on prône la libération sexuelle. Sgualo (Tommaso Ramenghi) et Pelo (Marco Luisi), deux jeunes de la banlieue, ne veulent pas finir comme leurs parents, usés par les longues années de travail à l'usine. Ils traînent et rêvent de partir loin. Pour se faire de l'argent facile, ils acceptent la proposition d'un commerçant au passé chargé : creuser un tunnel joignant les égouts au sous-sol d'une banque. Sur leur transistor ils captent par hasard Radio Alice. Conquis par cette radio qui leur parle, ils décident de se rendre à la « station ». Mais Radio Alice est aussi attentivement écoutée par les carabiniers.

Le 11 mars 1977 un jeune est tué par la police lors d'échauffourées à l'Université. S'ensuivent manifestations et affrontements. Radio Alice commente en direct la situation grâce aux appels téléphoniques des auditeurs. Les forces de l'ordre l'investissent et la réduisent au silence.

 

 

« Lavorare con lentezza n'est pas un film historique, c'est un film déjanté. Un film sur la puissance du paradoxe, du jeu du langage, un film sur la tendresse collective. Pendant que sur la scène internationale tout s'accélère de façon hallucinante, dévorant le temps de nos vies pour le transformer en travail, consommation et guerre, ce film lance le seul message, je ne sais combien politique, culturel, esthétique ou thérapeutique, le seul message en tout cas susceptible d'être un tant soit peu efficace aujourd'hui. Relâchons nos muscles, respirons à fond, réduisons la consommation et augmentons le plaisir. Créons les conditions pour vivre hors de la tyrannie de l'économie. »

Bifo, Rekombinant et "Musica I", supplément de la Repubblica, 30 septembre 2004

 

 

Guido Chiesa (Turin, 1959), diplômé en Histoire du Cinéma, part en 1983 aux Etats-Unis où il est assistant sur des films de Jim Jarmusch et Michael Cimino. De retour en Italie il réalise son premier long-métrage Il caso Martello en 1991 et puis essentiellement des documentaires. Autres fictions : Il partigiano Johnny (2000), Belli di papà (2015), Classe Z (2017).



RÉALISATION : Guido Chiesa
SCÉNARIO : Guido Chiesa, Wu Ming
IMAGE : Gherardo Gossi
MONTAGE :Luca Gasparini
SON : Teho Teardo
PRODUCTEURS : Domenico Procacci
PRODUCTION : Fandango, Medusa Film, Les Films des Tournelles, Roissy Films
INTERPRÈTES : Tommaso Ramenghi, Marco Luisi, Claudia Pandolfi, Valerio Mastandrea, Valerio Binasco, Jacopo Bonvicini, Max Mazzotta, Massimo Coppola

Italie, Suisse, France - 2004
DURÉE : 1h 51

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