PROVA D'ORCHESTRA

Carte Blanche

Dans un ancien oratoire transformé en salle de concert en raison de sa qualité acoustique, un orchestre symphonique est réuni pour la répétition d'une œuvre inédite. Le représentant syndical de l'orchestre prévientles musiciens qu'une équipe de télévision est présente pour filmer la répétition et interviewer les musiciens qui le souhaitent. C'est l'occasion de connaître les membres de l'orchestre, leurs personnalités, leurs préjugés, la prédominance qu'ils accordent à leur instrument. Puis le chef d'orchestre (Balduin Baas) arrive, la répétition commence. Le chef à l'accent fortement germanique se montre cassant dans les indications qu'il donne à l'orchestre. Ses exigences et injonctions provoquent l'inimitié des musiciens. Ces derniers, loin de sacraliser leur rapport à l'art, réclament des pauses syndicales et profitent de chaque instant où ils ne jouent pas pour boire, manger, écouter la radio, se chamailler pour des détails techniques ou relationnels. L'autorité du chef d'orchestre est radicalement contestée. Les incidents se multiplient et dégradent progressivement le travail jusqu'à installer le chaos dans la salle. Ce n'est qu'au moment où une mystérieuse boule de fer fait tomber un pan de mur que la répétition reprend.

 

 

« Une boule de démolition gigantesque entre brutalement dans le champ et s’abat sur le mur extérieur d’un oratoire du 18e siècle. À l’intérieur, les musiciens qui étaient en train de répéter laissent effrayés leurs instruments. On ne sait pas d’où sort cette boule, ni qui la commande. Tous semblent effrayés mais pas surpris. Comme s’ils s’y attendaient. Comme s’ils le savaient. Comme si cette destruction était inévitable. C’est une allégorie puissante que celle de Prova d’orchestra. Puissante et inquiétante car elle montre comment la genèse de toute forme autoritaire du pouvoir procède directement du caractère de ceux qui lui sont soumis. De leur hargne chronique. De leur individualisme. De l’exacerbation de leurs intérêts particuliers. Actuellement on pourrait dire qu’il s’agit peut-être d’une allégorie de l’Italie, ingouvernable chronique, ou de l’éternelle hésitation des Italiens entre un esprit de révolte larvé vis-à-vis de toute forme de pouvoir constitué et un désir inavoué d’autorité pour étouffer cet esprit de révolte. »

Gianni Canova

 

 

Federico Fellini a dédié le film à Nino Rota qui a composé la musique de tous ses films, du Sceicco bianco à Prova d'orchestra. Réputé pour ses compositions pour le cinéma, Nino Rota a également composé des symphonies, opéras et concertos. Il est décédé en avril 1979.



RÉALISATION : Federico Fellini
SCÉNARIO : Federico Fellini, Brunello Rondi
IMAGE : Giuseppe Rotunno
MONTAGE :Ruggero Mastroianni
SON : Nino Rota
PRODUCTEURS : Michael Fengler, Renzo Rossellini
PRODUCTION : Daimo Cinematografica, RAI Radiotelevisione Italiana, Albatros Filmproduktion
INTERPRÈTES : Balduin Baas, Clara Colosimo, Elisabeth Labi, Ronaldo Bonacchi, Ferdinando Villella, David Maunsell, Francesco A. Luigi, Andy Miller, Giovanni Javarone, Daniele Pagani, Claudio Ciocca

Italie, Suisse, France - 1979
DURÉE : 1h 10

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