I GIORNI CONTATI

I GIORNI CONTATI
LES JOURS COMPTÉS

Elio Petri

I GIORNI CONTATI

LES JOURS COMPTÉS

Cesare Conversi (Salvo Randone), la cinquantaine, se sent bien seul depuis qu’il est veuf. Un matin comme tous les autres en se rendant à son travail il assiste dans le tram à la mort d’un homme du même âge que lui. Bouleversé par cette scène et obsédé par la vieillesse et l’approche inexorable de la mort, lui qui a travaillé toute sa vie avec abnégation décide de cesser son métier de plombier afin de prendre le temps de vivre. Vêtu de son costume du dimanche il déambule dans Rome et rencontre des gens qui lui apportent peu. Il tente de renouer avec un amour d’antan, envisage de retourner dans son village natal et participe même à une arnaque à l’assurance. Mais il est trop tard pour récupérer le temps perdu. Au bout du compte Cesare retourne avec lucidité à son travail toujours aussi convaincu de l’inutilité de son existence.

 

La construction dramatique du film – comme celle de L’assassino – comporte quatre temps : mort d’un inconnu dans le tram, prise de conscience et libération, reprise du travail, mort du protagoniste dans le tram. Par là, Petri exprime une prise de conscience radicale, libératrice, mais en définitive rendue inutile par les conditions sociales. La similitude des mouvements dramatiques dans les deux films doit être retenue en tant que preuve de l’osmose totale, recherchée et réussie par Petri, entre le contenu et la forme ; l’aspect cyclique du récit est le signe d’un pessimisme qui parcourt toute l’œuvre du cinéaste.

Jean A. Gili

 

« I giorni contati est un film politique dans la mesure où c’est un film contre le travail. Le ton du film est plus existentialiste que celui de La classe ouvrière va au paradis, il y a une présence permanente de la mort, le sens de la mort, de la maladie, du vieillissement précoce : le destin est là. On nous dit ”Avanti, avanti”. Je sais que je dois venir et mourir. […] On peut dire que I giorni contati comme La classe ouvrière va au paradis affronte le thème de la division du travail dans le monde moderne du point de vue des exclus ; les deux films décrivent la division qui de l’objectivité se projette dans l’exclu. »

Elio Petri

Elio Petri
Elio Petri

Figure majeur du cinéma italien, Elio Petri (Rome, 1929 – Rome, 1982), militant politique, critique de cinéma, assistant de Giuseppe De Santis, réalise son premier long-métrage en 1961, L'assassino (L'assassin). Tout au long de sa carrière, son cinéma sera contestataire et dérangeant.

Filmographie partielle : I giorni contati (1962, Les Jours comptés), Il maestro di Vigevano (1963), La decima vittima (1965, La dixième victime), A ciascuno il suo (1967, À chacun son dû), Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto (1970, Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon), Grand prix du jury Cannes 1970, Oscar du meilleur film étranger 1971, La classe operaia va in paradiso (1971, La classe ouvrière va au paradis), Palme d'or Cannes 1972, La proprietà non è più un furto (1973, La propriété c'est plus le vol), Todo modo (1976)

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Elio Petri

Scénario : Elio Petri, Tonino Guerra, Carlo Romano

Image :  Ennio Guarnieri

Montage : Ruggero Mastroianni

Musique : Ivan Vandor

Producteur (s) : Goffredo Lombardo

Productions : Titanus-Metro

Distribution France : Tamasa Distribution

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Salvo Randone, Franco Sportelli, Regina Bianchi, Paolo Ferrari, Vittorio Caprioli, Marcella Valeri, Angela Minervini, Renato Maddalena, Alberto Amato, Piero Gucaione, Vittorio Bottone, Lando Buzzanca

Année : 1962
Durée : 1h 39
Pays de producion : Italie