MARCIA TRIONFALE

MARCIA TRIONFALE
LA MARCHE TRIOMPHALE

Marco Bellocchio

MARCIA TRIONFALE

LA MARCHE TRIOMPHALE

Depuis des années, Bellocchio voulait « essayer d’interpréter la réalité d’une institution répressive par laquelle tout le monde passe, et qui soit moins aristocratique que le col­lège ». C’est d’une telle exigence que naît Marcia trionfale, violent pamphlet contre « une certaine mentalité, autoritaire et fas­ciste, encore fréquente dans les casernes ».

Le document-pamphlet sur la vie de caserne devient ainsi un cadre, tandis que vient au premier plan la réflexion psycha­nalytique sur le pouvoir. Le film raconte les étapes d’un  piège et d’une révolte. Une jeune recrue, le soldat Passeri (Michele Placido), rebelle à la vie de groupe plus qu’à l’autorité, est manipulée par un capi­taine sadique qui croit à la manière forte. Le capitaine Asciutto (Franco Nero), satis­fait de la métamorphose exemplaire de son disciple, lui demande de servir de média­teur entre lui et sa femme Rosanna (Miou Miou) et de « filer » cette dernière. Sans le savoir, il lui offre un moyen inespéré de se libérer. Fatalement une connivence s’éta­blit entre le soldat manipulé et la femme­ objet parce qu’ils sont esclaves du même maître. Au contact de cet être contradic­toire qui incarne à ses yeux la vie, la pas­sion, l’amour, les certitudes du soldat Pas­seri sont ébranlées. Il est incapable de bri­ser les liens qui l’assujettissent au capitaine et tente de mener sa barque entre mari et femme. Il ne veut pas trahir la confiance de son supérieur mais il ne peut refuser l’amour de la femme qui, pour lui, a rompu une relation sordide et humiliante avec un lieutenant cynique. Le départ défi­nitif de Rosanna, que Passeri n’a pas le courage de suivre, précipite les événements. Le capitaine, désespéré, « se suicide » en se faisant tirer dessus par une sentinelle qui, pour la première fois, n’en reste pas au jeu de la provocation (tendre des guet-apens aux sentinelles pour les mettre à l’épreuve était l’une de ses vieilles habitudes). Le sol­dat aura le courage de se mettre avec ses compagnons d’aventure, retrouvant in extremis une dimension sociale qu’il avait toujours dénigrée.

Aldo Tasone, Le cinéma italien parle, Ed. Edilig 1982

Marco Bellocchio
Marco Bellocchio

Marco Bellocchio (Bobbio, provincce de Plaisance,1939) est l’un des plus grands réalisateurs italiens en activité. Après une formation en art dramatique, entré au Centro sperimentale di cinematografia de Rome en 1959 pour devenir comédien, il se tourne vite vers la réalisation. Remarqué par la critique dès son premier film I pugni in tasca (1965, Les poings dans les poches), il se singularise par un cinéma engagé et subversif : Nel nome del padre (1972, Au nom du père), Marcia trionfale (1976, La marche triomphale), Salto nel vuoto (1980, Le saut dans le vide), Diavolo in corpo (1986, Le diable au corps). Après une période où l’approche est plus psychanalytique, Bellocchio continue à susciter controverses et polémiques avec un cinéma, parfois dérangeant, en prise avec la réalité italienne : L’ora di religione (2002, Le sourire de ma mère), Buongiorno, notte (2003), Vincere (2009), Bella addormentata (2012, La belle endormie), Sangue del mio sangue (2015), Fai bei sogni (2016, Fais de beaux rêves), Il traditore (2019, Le traître).

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Marco Bellocchio

Scénario : Marco Bellocchio, Sergio Bazzini, Peter Berling

Image :  Franco Di Giacomo

Montage : Sergio Montanari

Musique : Nicola Piovani

Producteur (s) : Silvio Clementelli

Productions : Clesi Cinematografica, Lisa Film, Renn Production

Distribution France : 

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Michele Placido, Franco Nero, Miou-Miou, Patrick Dewaere. Alessandro Haber

Année : 1977
Durée : 1h 58
Pays de production : Italie, France, Allemagne