IL PREFETTO DI FERRO

IL PREFETTO DI FERRO
L'AFFAIRE MORI

Pasquale Squitieri

IL PREFETTO DI FERRO

L’AFFAIRE MORI

« Si les Siciliens sont pour les mafioso, je les convaincrais que je suis le plus mafioso de tous (Cesare Mori). Ce film est centré sur quatre années de la vie de Cesare Mori (Giuliano Gemma), un haut fonctionnaire de l’Etat que le gouvernement italien utilise dans les années 20, dans la lutte contre la mafia en Sicile.

Dans ce climat de connivence et de corruption qu’a instauré la mafia. Mori est un serviteur de l’Etat, incorruptible et fidèle jusqu’à l’autodestruction du mandat dont il est chargé. En l’envoyant en Sicile, le gouvernement l’a investi d’un pouvoir presque absolu et Mori commence à mener une lutte personnelle ou presque contre l’omnipuissance de la mafia, qui jouit aussi de l’appui de la presse et des fascistes de l’île. Rappelé à Rome, il repart plein d’amertume. Le député fasciste Galli sera chargé de « poursuivre l’œuvre »  de Mori. C’est un homme plein d’amertume qui repart. Il avait oublié que « la Mafia est une vieille pute qui se vend au plus puissant ».

 

Le préfet de fer est avant tout un portrait, celui de  Mori,  magnifiquement campé par Giulianno Gemma dont on avait déjà pu apprécier le talent dans Delitto d’amore (Un vrai crime d’amour) et le Désert des Tartares, mais aussi dans les péplums et westerns-spaghetti injustement méprisés. La droi­ture morale de Mori, sa fermeté, son intégrité, le font ressembler à un commissaire bolchévique des années de la révolution animé d’idéaux révolutionnaires et de la croyance de l’État. Par ses mé­thodes d’action et leurs finalités, Mori est une sorte de Léon Trotsky de la Sicile : il lutte pour le peuple, avec le peuple, et, si nécessaire, contre lui, car il a compris que celui-ci est en partie l’artisan de son exploitation. Et à travers son action, c’est la découverte que si la Mafia est un fait consécutif à la misère, l’analphabétisme et la superstition reli­gieuse, sa survivance est liée aux nécessités du Clergé, de la Bourgeoisie et de la Noblesse locale, voire aux gouvernements, qu’elle sert d’une  façon ou d’une autre.

A. G., La revue du cinéma, La saison 78

 

Pasquale Squitieri
Pasquale Squitieri

Pasquale Squitieri (1938, Naples – 2017, Rome), sous le pseudonyme de William Redford, réalise son premier film, Io e Dio, en 1970 ainsi que deux western sphagettis en 1971. Par la suite il traite de thèmes tels que mafia, drogue, fascisme, politique. Il a également réalisé des films pour la télévision ainsi que la série Naso di cane en 1986.
Réalisations notables : Camorra (1972, Les tueurs à gages), I guappi (1974, Lucia et les gouapes), Corleone (1977) qu’il présente à Villerupt en 1981, Il prefetto di ferro (1977, L'affaire Mori), Razza selvaggia (1980), Claretta (1984), Atto di dolore (1991, Acte d'amour), Li chiamarono… briganti! (1999)

BANDE ANNONCE

https://festival-villerupt.com/wp-content/uploads/2020/05/L_Affaire_Mori-1.jpg

FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Pasquale Squitieri

Scénario : Arrigo Petacco, Ugo Pirro, Pasquale Squietieri

Image :  Silvano Ippoliti

Montage : Ruggero Mastroianni

Musique : Ennio Moriconne

Producteur (s) : Gianni Heccht Lucari

Productions : Rizzoli Film

Distribution France : 

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Guiliano Gemma, Francisco Rabal, Claudia Cardinale Stefano Satta Flores, Lina Sastri, Rik Battaglia

Année : 1977
Durée : 110 min
Pays de production : Italie