MATERNALE

MATERNALE

Giovanna Gagliardo

MATERNALE

Une mère et sa fille – La fille qui ne peut pas marcher au début du film, reprend peu à peu l’usage de ses jambes et ce,  jusqu’à pouvoir courir, danser et peut-être même… partir ?

Cette indépendance, remet en question la protection que la mère assure à sa fille. Si la fille guérit, la mère ne peut survivre.

Alors, ces deux personnages entrent en conflit dans un véritable jeu de massacre.

 

1960. La date est simplement l’indication d’une époque qui n’est pas aujourd’hui, ni hier non plus. C’est seulement un jour quelconque suspendu dans un temps apparemment heureux et révolu. Dans cet « Eden » réservé se produisent des monstruosités à peine perceptibles. Si la fille guérit, la mère tombe malade, si la mère tombe malade, la fille se sent coupable, si la fille se sent coupable, la mère la dévore. Dans le paradis familial, il y a un « neo » passé qui nous rend monstrueusement cannibales. Nourricière et dévoreuse, la mère est Reine et Victime de son propre règne. Figure symbolique, représentation abstraite d’une histoire d’amour oubliée, la mère exprime inconsciemment son désir réprimé par des signes quotidiens. Je voudrais essayer de retrouver à travers ce récit un vieux « souvenir oublié » : ce corps qui a été le « premier amour », et dans ce corps, il y a pour ce qui est de nous, les femmes, un fragment de notre identité.

Giovanna GAGLIARDO, Festival de Cannes 1978, quinzaine-realisateurs.com

 

« J’ai préféré partir de la fin : m’asseoir à ma table, et repenser le film, scène après scène. Il en est sorti un texte étrange qui est un peu mon interprétation personnelle de l’histoire… Ce n’est plus un canevas, pas non plus un récit. Il est très fidèle au film : il rend très précisément compte des cadrages, des mouvements de caméra, des dialogues, de la musique, des bruitages, etc. […] Dans le film, il est question d’un rapport entre deux femmes (mère-fille) dont le combat métaphorique est presque mortel… Je commence à comprendre maintenant, le film terminé, que cette ambivalence maternelle… au fond, ce pourrait être ma mauvaise foi inconsciente… […] J’ai voulu faire un film sur la subjectivité maternelle, et, ce qui est apparu, c’est une mère, vue à travers les yeux d’une fille. […] Carla Gravina a interprété le rôle féminin de la mère… Nous avons fait ensemble un travail « sur le féminin », et elle est l’auteure de cette mère souterraine autant que moi. »

Giovanna GAGLIARDO, 1979 – desfemmes.fr

 

 

Giovanna Gagliardo
Giovanna Gagliardo

Après avoir travaillé comme rédactrice à Il Giorno et Tempo Illustrato et collaboré aux rubriques culturelles de Il Messagero et La Repubblica, Giovanna Gagliardo, née en 1943 dans le Piémont, se lance dans l’écriture de scénarios pour la télévision, puis au cinéma, de L’amica et de Una stagione all’inferno (Une saison en enfer) de Nelo Risi. Elle travaille ensuite comme assistante réalisatrice de Miklos Jancso et a été coscénariste de plusieurs de ses films. En 1978, elle met en scène son premier long-métrage, Maternale, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, puis, en 1980, un film pour la télévision, Il sogno dell’altro. En 1983, Via degli specchi, son deuxième film pour le grand écran, est présenté au Festival de Berlin. En 1991, Caldo soffocante, est son troisième long métrage.
Comme documentariste elle a réalisé Passi nella memoria, film sur la naissance de la psychanalyse en Italie, Il mito di Cinecittà (1991), montage de documents sur la fondation des studios romains, Bellissime (2004 et 2006), film en 5 parties sur l’évolution de la femme italienne au cours du siècle dernier.

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Giovanna Gagliardo

Scénario : Giovanna Gagliardo

Image :  Giuseppe Lanci

Montage : Roberto Perpignani

Musique : Stelvio Cipriani

Producteur (s) : Grazia Volpi

Productions : Cooperativa Autori Attori Tecnici Associati (AATA) Pantheon 1, RAI

Distribution France : 

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Carla Gravina, Anna Maria Gherardi,, Antonio Masè, Francesca Muzio

Année : 1978
Durée : 1h 30
Pays de production : Italie