L’ULTIMA DONNA

L’ULTIMA DONNA
LA DERNIÈRE FEMME

Marco Ferreri

L’ULTIMA DONNA

LA DERNIÈRE FEMME

Gérard, adepte de moto, est ingénieur dans une usine de Créteil. Quitté par sa femme Gabrielle, acquise aux thèses du MLF, il doit élever seul son petit garçon, Pierrot. Contraint de rentrer chez lui à la suite d’un chômage technique, il passe reprendre son fils à la crèche et fait alors la connaissance de Valérie. Cette belle puéricultrice, qui s’apprêtait à partir pour la Tunisie avec Michel, un amant occasionnel, accepte de venir vivre, pour quelque temps, dans l’appartement de Gérard, situé dans un grand ensemble de la « ville nouvelle ». Leurs relations sensuelles leur font oublier le caractère désespérant de l’environnement. Le couple se forme. L’enfant est associé à leurs jeux amoureux. Valérie éprouve bientôt pour Pierrot des sentiments maternels, puis sympathise avec Gabrielle, venue leur rendre visite, et avec René, un ami de Gérard. Bien vite Valérie, se rendant compte qu’elle n’est qu’une femme-objet pour Gérard dont la jalousie s’accentue, se révolte et se refuse. Gérard n’acceptant pas cette remise en cause, le conflit est inévitable. Pour se rassurer sur sa virilité, il tente en vain de séduire Benoîte, une voisine. Après une violente dispute avec Valérie, il s’émascule à l’aide d’un couteau électrique.

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Les usines chimiques de Carling à l’heure du cinéma. Le réalisateur italien Marco Ferreri a tenu à emprunter leur décor austère mais néanmoins grandiose aux structures impressionnantes des vapo-craqueurs, pour le tournage de son dernier film : « La dernière femme ».

L’invasion des gens du cinéma sur le plateau naturel de Carling était, en lui-même, un spectacle inédit. Ceci d’autant plus que la distribution du film est brillante. L’acteur le plus connu, Michel Piccoli, est entouré de plusieurs vedettes, dont Gérard Depardieu, jeune premier, héros du film et Ornella Muti, ravissante révélation du cinéma italien, sans oublier Renato Salvatori, souvent vu sur les écrans. Pour la figuration, Bernard Grenet, déjà assistant de Marco Ferreri dans « Touche pas à la femme blanche », et Alain Eteve, régisseur avaient recruté à Metz et Carling 45 figurants : 25 jeunes mamans et 20 ouvriers.

Le soleil ne perce pas, une chape de fumée obscurcit le ciel, ce qui rend maussade le metteur en scène qui a des problèmes d’éclairage. « Marco, sais-tu qu’il fait 22 degrés à Rome ? … » Les épaules du petit homme se sont voûtées un peu plus. Sur le terre-plein du steam-cracking de Carling balayé par le vent et les fumées poivre et sel, comme la barbe de pêcheur de Marco Ferreri, le thermomètre est en chute libre… Toute l’équipe du tournage de « L’Ultima Donna » trépigne sur place …

Gérard Depardieu, blouson de cuir noir et pantalon de velours olive, joue avec « son » fils, un bambin venu de Paris. « Dans ce film, je suis un ingénieur que sa première femme, une féministe fanatique du MLF, a plaqué. Je me retrouve avec un bébé sur les bras, que je vais présenter à la crèche de l’usine. Et là je rencontre Ornella Muti, qui est dans le film la maîtresse de Piccoli. » Depardieu aime son personnage très fort, très moderne. « On n’entre pas dans la peau de quelqu’un. On vit avec, comme on a plaisir à lire un livre. Avec Marco, on travaille à demi-mot. C’est un metteur en scène qui cache sous les apparences nonchalantes, bourrues, un feu intérieur intense. »

Le tournage en usine était prévu à Fos-sur-Mer avant Carling. « Pourquoi pas ici, répond Marco Ferreri ! J’avais besoin d’un grand complexe industriel. Je l’ai trouvé. » La casquette écossaise enfoncée sur les oreilles, les mains perdues dans les poches d’un pardessus élimé, le réalisateur parle : « L’Ultima Donna, c’est la dernière femme, celle à laquelle l’homme pense toute sa vie. Mon film est un constat d’impossibilité du couple, car l’homme est sur terre pour chercher la dernière femme ! »

 

Richard Bance Le Républicain Lorrain, 9 novembre 1975

Marco Ferreri
Marco Ferreri

Marco Ferreri (Milan, 1928 - Paris, 1997) est l'un des grands auteurs du cinéma italien remarqué pour ses films souvent ironiques et provocants tel La grande bouffe (La grande abbuffata) qui fit scandale à Cannes en 1973. Producteur de documentaires, acteur, c'est en Espagne, où il a rencontré le romancier Rafael Azcona, qu'il réalise ses trois premiers films dont El cochecito (1960, La petite voiture), récompensé au Festival de Venise. Sa carrière est lancée.

Filmographie : L'ape regina (1963, Le lit conjugal), La donna scimmia (1964, Le mari de la femme à barbe), Dillinger è morto (1969, Dillinger est mort), Non toccare la bianca! (1974, Touche pas à la femme blanche), L'ultima donna (1976, La dernière femme), Ciao maschio (1977, Rêve de singe), Chiedo asilo (1980, Pipicacadodo), Il futuro è donna (1984, Le futur est femme), La casa del sorriso (1991, La maison du sourire), Nitrato d'argento (1996, Nitrate d'argent).

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Marco Ferreri

Scénario : Dante Matelli, Marco Ferreri, Rafael Azcona

Image :  Luciano Tovoli

Montage : Enzo Meniconi

Musique : Philippe Sarde

Producteur (s) : Edmondo Amati

Productions : Flaminia Produzioni Cinematografiche, Les Productions Jacques Roitfeld

Distribution France : 

Vente à l’étranger : 

Interprètes : 

Gérard Depardieu, Ornella Muti, Michel Piccoli, Renato Salvatori, Giuliana Calandra, Zouzou, Nathalie Baye, Daniela Silviero

Année : 1974
Durée : 1h50
Pays de producion : Italie, France