CENTOCHIODI

CENTOCHIODI

Ermanno Olmi

CENTOCHIODI

Dans une bibliothèque de l’Université de Bologne sont conservées les éditions anciennes des plus grands textes religieux. Chaque soir, le prêtre chargé de la bibliothèque la ferme soigneusement, après un regard amoureux à cette somme du savoir théologique. Mais un matin, sacrilège ! Il trouve la porte ouverte et ses livres cloués au sol, comme crucifiés.

L’auteur de ce méfait n’est autre qu’un jeune professeur de philosophie qui, après avoir cru en la culture des livres, s’est aperçu qu’ils ne contiennent que les dogmes froids qui réduisent les religions à des listes d’interdits et des obligations de souffrances. Cette crucifixion des livres est son dernier acte officiel. Après il quitte ce monde, il se défait des objets représentatifs de sa condition et va s’installer au bord du Pô, dans une maison en ruine, près d’un village perdu. Petit à petit, il s’insère dans cette communauté de gens simples et généreux qui l’aident à remonter sa maison et auxquels il apporte son soutien lorsque leur territoire est menacé par le projet de construction d’un port fluvial énorme.

 

« Je l’ai déclaré depuis longtemps : avant même de débuter le tournage je savais que ce serait mon dernier film de fiction. Je continuerai à faire des documentaires, comme lorsque j’ai débuté, voilà plus de cinquante ans. Je demande gentiment que mon choix soit considéré comme une décision prise en toute sérénité. Je n’entends pas faire d’éclat et je n’éprouve pas un sentiment douloureux de détachement. Il n’y a rien de pathétique. Il s’agit pour moi, aujourd’hui, d’un geste naturel, de la conséquence d’une transformation qui s’est opérée en moi grâce aux années que j’ai vécues et qui oriente ma vie vers d’autres buts, en ce temps précieux qu’est « l’âge avancé ». J’ai passé un temps infini à raconter des histoires par le cinéma. J’ai fait agir et parler des objets et des personnages en fonction de mon imagination et de ma volonté, en essayant toujours d’être loyal avec mes interlocuteurs. C’est un pacte auquel je n’ai jamais dérogé, ni quand mes films étaient réussis, ni quand ils étaient moins aboutis. »

Ermanno Olmi

Ermanno Olmi
Ermanno Olmi

Ermanno Olmi (Bergame, 1931 - Asiago, 2018) réalise, dans les années 1950, une quarantaine de documentaires avant de passer au long-métrage de fiction. Il connait un grand succès avec L'albero degli zoccoli (1978, L'arbre au sabots), Palme d'or à Cannes, un film au caractéristiques humanistes comme l'ensemble de son oeuvre. En 1982 il a créé Ipotesi Cinema, l'école de Bassano del Grappa, qui donne la possibilité au jeunes réalisateurs de s’exprimer. 

Filmographie : Il posto (1961, L'emploi), I fidanzati (1963, Les fiancés), E venne un uomo (1965), Un certo giorno (1968, Un certain jour), I recuperanti (1970, L'or dans la montagne), Camminacammina (1982, À la poursuite de l'étoile), Lunga vita alla signora (1987, Longue vie à la signora), La leggenda del santo bevitore (1988, La légende du saint buveur), Il mestiere delle armi (2001, Le métier des armes), Cantando dietro i paraventi (2003, En chantant derrière les paravents), Centochiodi (2007), Il villaggio di cartone (2011, Le village de carton), Torneranno i prati (2014)

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Ermanno Olmi

Scénario : Ermanno Olmi

Image :  Fabio Olmi

Montage : Paolo Cottignola

Musique : Fabio Vacchi

Producteur (s) : Roerto Cicutto, Luigi Musini

Productions : Cinemaundici, Rai Cinema avec le soutien du MiBAC

Distribution France : 

Vente à l’étranger : Intramovies

Interprètes : Raz Degan, Luna Bendandi, Amina Syed, Michele Zattara, Damiano Scaini

Année : 2006
Durée : 1h 32
Pays de producion : Italie