DIVORZIO ALL’ITALIANA

DIVORZIO ALL’ITALIANA
DIVORCE À L'ITALIENNE

Pietro Germi

DIVORZIO ALL’ITALIANA

DIVORCE À L’ITALIENNE

 

Amoureux d’une cousine de seize ans, le Baron Ferdinando Cefalù cherche à se débarrasser de son épouse envahissante. Mais comme le divorce n’existe pas en Italie, il la pousse à le tromper afin de se donner le meilleur prétexte pour la tuer. Ce meurtre, accompli pour l’honneur, lui vaudra, pense-t-il, la considération de ses concitoyens et une peine de prison très faible qui, lorsqu’il l’aura purgée, lui permettra de convoler avec la croustillante Angelina : c’est bien ce qui se produit, mais le dernier plan du film souligne non sans cynisme, qu’Angelina, dorénavant, se trouvera dans la situation initiale de Ferdinando.

Mastroianni compose avec un rare bonheur le personnage du noble provincial désœuvré, décadent, proie d’une imagination morbide, coq de village et capon, œil battu, lippe lasse soumise à un tic : il introduit, derrière la satire d’un ordre moral que dresse Germi, une sorte de caricature d’un milieu social et du gallismo qui fait de son interprétation, empreinte de drôlerie, le prolongement logique et grossi de la mise en scène.

(…) « Le cinéaste enrichit sa piste sonore de divers éléments qui, à l’égard du récit, ne servent pas seulement d’appuis ou de décors, mais de véritables structures signifiantes. La musique, par exemple, valse et marche funèbre jouées par un orphéon ou chanson sentimentale, participent activement à l’architecture complexe des images et des discours. Ainsi, par des facteurs multiples intelligemment conjugués, Germi compose une comédie pleine de fantaisies en demi-teintes, d’observations piquantes, de traits caricaturaux, de notations réalistes ou psychologiques.

Et nous débouchons de la sorte, brusquement, fort loin du banal divertissement, pour pénétrer au cœur d’une fable souriante où l’auteur ne manque jamais de laisser tomber une goutte d’acide critique pour rendre le burlesque à la fois révélateur et grinçant. »

Freddy Buache, Le cinéma italien 1945/1976, L’âge d’homme, 1979

Pietro Germi
Pietro Germi

Pietro Germi (Gênes, 1914 - Rome, 1974), après avoir été élève du Centro Sperimentale di Cinematografia, débute comme assistant d'Alessandro Blasetti. Ses premiers films, sensibles au problèmes sociaux,  s'inscrivent dans le courant réaliste de l'après-guerre : Il nome della lega (949, Au nom de la loi), Il cammino della speranza (1950, Le chemin de l’espérance), Il brigante di Tacca del Lupo (1951, La tanière des brigands). Il sera également interprète de certains de ses films : Il ferroviere (1956, Le disque rouge), L'uomo di paglia (1958, L'homme de paille), Un maledetto imbroglio (1959, Meurtre à l'italienne). Dans les années 1960, il se tourne résolument vers la comédie, celle de la veine la plus acide et la plus féroce, et marque le genre de façon significative : Divorzio all'italiana (1961, Divorce à l'italienne), Oscar du meilleur scénario original en 1963, Sedotta e abbandonata (1964, Séduite et abandonnée), Signore e signori (1966, Ces messieurs dames), Palme d'or à Cannes, L'immorale (1967, Beaucoup trop pour un seul homme). Après Alfredo, Alfredo (1972), il prépare Amici miei (Mes chers amis) que la maladie lui empêchera de diriger et dont il confiera la réalisation à Mario Monicelli.

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Pietro Germi

Scénario : Pietro Germi, Alfredo Gianetti, Ennio De Concini, Agenore Incrocci

Image :  Leonida Barboni, Carlo Di Palma

Montage : Roberto Cinquini

Musique : Carlo Rustichelli

Producteur (s) : Franco Cristaldi

Productions : Vides Cinematografica, Lux Film, Galatea Film

Distribution France : Les Films Du Camélia

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Marcello Mastroianni, Stefania Sandrelli, Daniela Rocca, Leopoldo Trieste, Odoardo Spadaro, Margherita Girelli, Angela Cardile, Lando Buzzanca

Année : 1961
Durée : 1h 45
Pays de producion : Italie