IL DONO

IL DONO

Michelangelo Frammartino

IL DONO

II Dono suit le quotidien d’un village de Calabre, qui comptait quelques milliers d’occupants, mais aujourd’hui n’en abri­te plus qu’une poignée : ses habitants semblent attendre simplement que le temps passe, dans une indifférente fuite des heures.

Un vieil homme vit seul dans une ferme. Il est subitement confronté à la moderni­té le jour où deux ouvriers oublient chez lui un téléphone portable, ainsi qu’une photo pornographique téléchargée sur Internet. Il reste fasciné et impuissant devant ces objets incongrus : le télépho­ne portable sonne, vibre, le surprend, mais il est vite délaissé; la photo traîne sur la table à côté du pain et d’une carafe de vin…

Une jeune fille qu’on croit prise par quelque démon offre son joli corps aux assauts sans tendresse des automobilistes qui la prennent en stop, alors que les vieilles du village lui préparent des rituels contre le mauvais œil…

Une boutique ouvre tous les jours ses rideaux sans avoir de clients… Les gamins jouent avec un ballon, qui finit par dévaler les pentes du village. Les petits hasards de la vie deviennent des événements : II Dono est la chronique d’un monde rural en voie disparition, un hymne à la simplicitéde l’existence.

 

Le titre du film est un hommage à Derrida et à son concept du don : pour qu’un don soit possible il faut qu’il soit impossible, c’est-à-dire non gratifiant, non intéressé, non dit. Si ces conditions ne sont pas réunies, c’est un échange, pas un don. Un don doit être oublié pour ne pas entrer dans le système de l’échange, du débit/crédit, pour garder sa nature. Quand le vieillard offre la Vespa à la jeune fille, elle voudrait lui offrir son corps en échange; mais pour lui, c’est un don, et elle pourra remplacer enfin son vélo.

 

De voulais que l’histoire de ce village soit racontée uniquement par la caméra. C’était important qu’il n’y ait aucun artifice : ni technique, ni lin­guistique, ni métaphorique, ni dramaturgique. De n’ai pas demandé aux «acteurs »du film d’interpréter un rôle, mais simplement de marcher, pédaler, se raser, piocher, attendre; en fait de reproduire devant la caméra les gestes qu’ils accomplissaient lorsque je les ai rencontrés pour la première fois, lors de mes voyages, àla recherche d’une histoi­re qui voulait bien se faire raconter. Il en résulte une histoire de surfa­ces. Nous ne savons rien ou presque de ce que les personnages cachent en eux-mêmes. La caméra se limite à l’extériorité. Cela me semblait le mode le plus respectueux de raconter le naufrage d’un villa­ge qui comptait 15000 habitants il y a cinquante ans et aujourd’hui n’en abrite que quelques centaines. Lorsqu’un naufrage a lieu, il y a deux manières d’agir. On peut plonger pour récupérer l’embarcation et découvrir les causes de l’accident; ou rester à la surface, pour sauver les survivants. C’est la surface qui m’intéresse et non la cause. Ce qui m’intéresse ce sont ces vies, ici, maintenant.

Michelangelo Frammartino

Michelangelo Frammartino

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Michelangelo Frammartino

Scénario : Michelangelo Frammartino

Image :  Mario Miccoli

Montage : Michelangelo Frammartino

Musique : 

Producteur (s) : 

Productions : Santamira Produzioni, Coop CA.RI.NA

Distribution France : Pierre Grise Distribution

Vente à l’étranger : 

Interprètes : 

Angelo Frammartino, Gabrielle Maiolo

Année : 2003
Durée : 1h 20
Pays de producion :