IL SORPASSO

IL SORPASSO
LE FANFARON

Dino Risi

IL SORPASSO

LE FANFARON

Dans les rues désertes de Rome au 15 août, Bruno Cortona conduit sa puissante voiture de sport. S’étant arrêté pour téléphoner, il rencontre Roberto Mariani, un jeune homme timoré, étudiant en droit. Bruno est un beau parleur, un hâbleur, un charmeur, un brin arrogant. Au début, il met mal à l’aise Roberto, mais il parvient à le convaincre de l’accompagner pour une balade à bord de la belle décapotable. Au cours de leurs déplacements et des rencontres qu’ils font, Roberto apprend tout de la vie privée de Bruno. Bruno donne son avis sur tout, s’intéresse à tout. Plage mondaine, piste de danse, flirts… D’abord Bruno est réticent, mais fatalement il finit par se laisser griser par cette fallacieuse liberté. La vie est belle, il suffit de vivre l’instant…

 

C’est le rapport entre les deux hommes qui me semble le plus intéressant, ces deux types d’Italiens « classiques », pourrait-on dire, et qui représentent les deux faces du pays. D’une part, Trintignant, le bon Italien, qui parle peu et travaille en silence, symbole de l’Italie industrieuse, celle qui tire la charrette et qui produit. De l’autre, Gassman, l’Italien pourri, arriviste, vendeur de fumée, symbole de l’Italie corrompue, de son « clientélisme », de ses pots-de-vin. […]
Gassman est un peu le diable qui conduit à la mort l’intellectuel innocent, désarmé… A mon avis, le problème ne se pose pas en termes de sympathie ou d’antipathie, mais en termes de vitalité. Gassman incarne dans le film un personnage vivant et vrai, un peu comme les « bidonistes » de Fellini. Ce n’est pas un hasard s’il est devenu un mythe dans certains pays du monde.

Aldo TASSONE, Entretien avec Dino RISI, Le Cinéma italien parle, Edilig, 1982

Dino Risi
Dino Risi

Dino Risi (Milan, 1916 – Rome 2008), abandonne sa carrière de psychiatre pour le septième art. Assistant de Mario Soldati (Piccolo mondo antico,1941) et d'Alberto Lattuada (Giacomo l'idealista,1943), au lendemain de la guerre il passe à l'écriture de scénarios et à la réalisation de documentaires et signe en 1952 son premier long-métrage, Vacanze col gangster. Dans les années 1960 - 1970 il s'affirme comme l'un des plus importants cinéastes de la comédie à l'italienne où il excelle dans les films à sketchs..

Filmographie : Poveri ma belli (1956, Pauvres mais beaux), Una vita difficile (1961, Une vie difficile), La marcia su Roma (1962, La marche sur Rome), Il sorpasso (1962, Le Fanfaron), I mostri (1963, Les Monstres ), Vedo nudo (1969, Une poule, un train et quelques monstres), In nome del popolo italiano (1971, Au nom du peuple italien), Sessomatto (1973, Sexe fou), Profumo di donna (1975, Parfum de femme), Primo amore (1978, Dernier amour ), Scemo di guerra (1985, Le fou de guerre ), Tolgo il disturbo (1990, Valse d'amour)

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Dino Risi

Scénario : Dino Risi, Ettore Scola, Ruggero Maccari

Image :  Alfio Contini

Montage : Maurizio Lucidi

Musique : Riz Ortolani

Producteur (s) : Mario Cecchi Gori

Productions : Fair Film, Incei Film, Sancro Film

Distribution France : 

Vente à l’étranger : Solaris

Interprètes : Vittorio Gassman, Jean-Louis Trintignant, Catherine Spaak, Luciana Angiolillo, Claudio Gora, Luigi Zerbinati, Linda Sini

Année : 1962
Durée : 1h 45
Pays de producion : Italie