IO SONO LI

IO SONO LI
LA PETITE VENISE

Andrea Segre

IO SONO LI

LA PETITE VENISE

Shun Li (Zhao Tao) est une jeune Chinoise qu’un réseau de passeurs a fait venir en Italie pour travailler. Elle doit rembourser son voyage et économiser pour faire venir son fils. Elle est entièrement à la merci de ses « employeurs » qui décident de ses affectations. C’est ainsi qu’un beau jour elle arrive à Chioggia pour être serveuse dans un bistrot qu’ils ont acheté.

Chioggia est une petite ville de la lagune, au sud de Venise. Bien moins touristique que sa fameuse voisine, elle vit de la pêche. La vie s’y déroule tranquillement, rythmée par les départs et les retours des bateaux que regardent distraitement les pêcheurs retraités, attablés aux terrasses des cafés. Bepi (Rade Serbedzija), immigré de Yougoslavie depuis bien longtemps, est l’un d’eux. Ses amis le surnomment le Poète pour sa capacité à improviser des bouts rimés. Ce petit groupe, pour lequel le monde semble immuable, découvre un beau matin la petite Chinoise derrière le comptoir de « leur »café.

Li est inexpérimentée, mal à l’aise avec la langue et intimidée par les clients. Bepi lui vient en aide et peu à peu ils deviennent amis. Mais leur amitié est vue d’un mauvais œil. Les amis de Bepi craignent que Li veuille l’embobiner et lui soutirer de l’argent et les patrons de Li que ces histoires nuisent à leurs affaires. Elle finit par être mutée. La vie continue.

 

Sur le papier, le pitch de ce mini-drame vénitien pouvait faire peur : un vieil homme tombe amoureux d’une jeune Chinoise sans papiers, donc exploitée et maltraitée par des racistes de passage. Et pourtant, miracle du cinéma, cette Petite Venise – premier long métrage d’un cinéaste venu du documentaire – évite tous les pièges du mélo ou du film « fait de société » et emmène ses personnages au-delà de leur intimité profonde. En restant au plus près de leur psychologie intérieure, la caméra parvient à les isoler et les priver – du moins un court instant – de leur présent contrarié. La lagune vénitienne, loin de l’imagerie touristique, offre ici un cadre très expressif. Une réussite !

Thomas Baurez, Studio Ciné Live, 12 juin 2012

Andrea Segre
Andrea Segre

Né à Dolo (Venise) en 1976, Andrea Segre a essentiellement à son actif des documentaires, le premie,  Lo sterminio dei popoli zingari, a été réalisé en 1997. En 2011, son premier long-métrage, Io sono Li (La petite Venise), est présenté dans de nombreux festivals et distribué dans plus de 30 pays. Suivent La prima neve (2013) et L’ordine delle cose (2017, L'ordre des choses).

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Andrea Segre

Scénario : Andrea Segre, Marco Pettenello

Image :  Luca Bigazzi

Montage : Sara Zavarise

Musique : 

Producteur (s) : Francesco Bonsembiante, Francesca Feder

Productions : Jolefilm, Aeternam Films, Rai Cinema, Arte France Cinéma, avec le soutien de Eurimages et la région Veneto

Distribution France : Haut et Court

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Zhao Tao, Rade Serbedzija, Marco Paolini, Roberto Citran, Giuseppe Battiston

Année : 2011
Durée : 1h 36
Pays de producion : Italie, France