LA DOPPIA ORA

LA DOPPIA ORA
L'HEURE DU CRIME

Giuseppe Capotondi

LA DOPPIA ORA

L’HEURE DU CRIME

Sonia, une jeune Slovène, est femme de chambre dans un hôtel. Au cours d’un speed-dating elle fait la connaissance de Guido. C’est un ancien policier désabusé qui est maintenant gardien d’une somptueuse villa. Une relation se noue. Ils sont ensemble dans la villa lorsqu’une bande de malfrats fait irruption. Guido est sauvagement assassiné. Sonia, blessée, est hospitalisée. Traumatisée, elle reprend son travail mais elle peine à reconstituer ce qui s’est passé. Perdant peu à peu la raison, elle sombre dans un doute schizophrénique. Entre amnésies et vérités, Sonia ne parvient plus à discerner les circonstances de la mort de Guido. Pourquoi continue-t-elle à l’apercevoir ? Quelle est son implication dans ce qui s’est passé ?

 

L’heure du crime ne souffre jamais d’un côté petit malin qui met souvent en danger le film à twists. D’Hitchcock, l’ancien clippeur (pour Keane ou Skunk Anansie) Giuseppe Capotondi a retenu que le suspense importe plus que la surprise. Qu’importe si le spectateur a de l’avance sur les personnages tant qu’il est troublé.
On pense aussi à Femme fatale ou Blow out de Brian De Palma, dont L’Heure du crime serait une variation sobre et discrète – mauvais point, en passant, pour le titre français qui dénature le titre italien magique La doppia ora (L’heure double).
Sans excès maniéristes, le film met au même plan ses niveaux réalistes et fantasmés, que Sonia s’ennuie dans la routine hôtelière, se mette à la recherche de l’âme sœur ou à voir des gens morts et quelques symboles un poil voyants. Elle et le spectateur traversent L’heure du crime avec une attente insoutenable, une envie d’issues quant à l’intrigue ou de réponses un peu plus existentielles.
Le film bénéficie grandement de l’interprétation de son couple d’acteurs dans des rôles gigognes et en miroir, qui maintiennent en permanence l’ensemble dans l’émotion et non à distance ludique. À Kseniya Rappoport la double fonction, version popu, de James Stewart et Kim Novak dans Vertigo. Filippo Timi, qui campait un saisissant Benito Mussolini père et fils dans Vincere, est à la fois terrien et image fantomatique fuyante mais obsédante, comme dans le film de Marco Bellocchio.
Tous deux excellent dans l’intériorité, les blessures enfouies ou l’illusion qu’il n’est pas trop tard pour eux. Le temps d’une photo souvenir, la dernière séquence semble rejoindre le meilleur de la série Lost. La temporalité s’y déforme, le vertige est à l’œuvre, les choix sont faits et on a un vrai pincement au cœur.

Léo SOESANTO, Les Inrockuptibles, 4 août 2010

Giuseppe Capotondi

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Giuseppe Capotondi

Scénario : Alessandro Fabbri, Ludovica Rampoldi, Stefano Sardo

Image :  Tad Rascliffe

Montage : Guido Notari

Musique : Pasquale Catalano

Producteur (s) : Francesca Cima, Nicola Giuliano

Productions : Indigo Film, Medusa Film, Mercurio Cinematografica, avec la contribution du MiBAC, en collaboration avec Film Commission Torino Piemonte

Distribution France : Bellissima Films

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Filippo Timi, Ksenia Rappoport, Antonia Truppo, Gaetano Bruno, Fausto Russo Alesi, Michele Di Mauro, Lorenzo Gioielli, Lidia Vitale, Roberto Accornero, Lucia Poli, Giorgio Colangeli, Gianpiero Iudica

Année : 2009
Durée : 1h 35
Pays de producion : Italie