LA MIA CLASSE

LA MIA CLASSE

Daniele Gaglianone

LA MIA CLASSE

Différents organismes proposent des cours de langue italienne pour aider les immigrés à réussir le test qui leur permettra d’obtenir un permis de séjour. La
mia classe nous introduit dans l’un de ces cours. Le professeur (Valerio Mastandrea) est face à une vingtaine d’immigrés d’âges et de provenances diverses. Les premiers exercices sont utilitaires : lire une annonce dans un journal, simuler un appel téléphonique à un éventuel employeur, négocier avec lui… Il y a un aspect ludique dans ces exercices, avec une bonne dose d’auto-ironie certains de ces apprenants singent des comportements malheureusement réels. Patient et bonhomme, le professeur corrige les fautes de langue et de prononciation. Puis, de cours en cours, des histoires de vies douloureuses affleurent, attestant d’une réalité connue mais souvent occultée derrière les statistiques des discours officiels et les grands chiffres anonymes. C’est à ce moment-là qu’une réalité brutalement banale fait irruption dans le film. L’expulsion de deux des élèves met en crise la classe et ceux qui sont en train de la filmer. Le dispositif cinématographique explose. Gaglianone, Mastandrea, les techniciens, les élèves, en plein désarroi, se demandent s’il est possible de continuer comme si de rien n’était et de faire un film de plus sur l’immigration. À quoi cela rime-t-il ? Depuis une trentaine d’années nombreux sont les films qui ont montré l’immigration sous toutes ses coutures. Cela a-t-il servi à quelque chose ? C’est autour de cette question que le tournage va se poursuivre, mais plus de la même façon, ni dans le même but. Tout effet de fiction lénifiant est gommé, pas question de chercher à provoquer chez le spectateur une identification émotionnelle. Pendant le tournage, les expulsions continuent. Que faire ?

 

« Deux semaines avant le tournage, on apprend que parmi les dix-sept élèves certains n’ont pas leurs papiers en règle et qu’on ne peut donc pas les employer.
On avait alors tout un éventail de solutions : arrêter tout, remplacer les élèves par d’autres, passer outre ou bien insérer ce fait dans le film comme s’il s’était produit pendant le tournage. Du coup je devenais interprète de mon propre personnage qui applique scrupuleusement les procédures administratives et qui provoque toute une série de réactions. C’était la solution la plus déraisonnable et c’est celle que nous avons choisie. Je n’y suis pas à mon avantage, je m’adapte à la réalité pour survivre, je pactise avec l’horreur. »

Daniele GAGLIANONE,

propos recueillis par Michela TAMBURRINO La Stampa 3 septembre 2013

 

Daniele Gaglianone
Daniele Gaglianone

Daniele Gaglianone (1966, Ancône), après des études en Histoire et Critique du Cinéma à l’Université de Turin, commence sa carrière en 1989 par le tournage de courts métrages et de documentaires. En 1998, il participe au scénario de Cosi ridevano (Mon frère) de Gianni Amelio. En 2000 il signe son premier long-métrage, I nostri anni, présenté en 2001 à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes et Prix du Jury à Villerupt. Par la suite sa filmographie se partage entre documentaires et fictions : Nemmeno il destino (2004), Rata nece biti (Non ci sarà la guerra) (2008), Prix Spécial du Jury au Festival deTurin et David di Donatello du meilleur documentaire, Pietro (2010), Ruggine (2011), La mia classe (2013), Dove bisogna stare (2018).

BANDE ANNONCE

https://festival-villerupt.com/wp-content/uploads/2020/05/337.jpg

FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Daniele Gaglianone

Scénario : Daniele Gaglianone, Gino Clemente, Claudia Russo

Image :  Gherardo Gossi

Montage : Enrico Giovannone

Musique : 

Producteur (s) : Gianluca Arcopinto

Productions : Axelotil Film, Kimerafilm, avec la contribution du MiBAC, Rai Cinema, Relief, et le soutien de la Ministre pour l'intégration

Distribution France : 

Vente à l’étranger : Kimerafilm

Interprètes : 

Valerio Mastandrea, la classe: Bassirou Ballde, Mamon Bhuiyan, Gregorio Cabral, Jessica Canahuire Laura, Metin Celik, Pedro Savio De Andrade, Ahmet Gohtas, Benabdallha Oufa, Shadi Ramadan, Easther Sam, Shujan Shahjalal, Lyudmyla Temchenko, Moussa Toure, Issa Tunkara, Nazim Uddin

Année : 2013
Durée : 1h 32
Pays de producion : Italie