LA TERRA

LA TERRA

Sergio Rubini

LA TERRA

Il y a quelque chose d’inexplicable dans les liens familiaux, qui ne s’exprime pas par les mots, mais on ne peut s’y soustraire. Luigi (Fabrizio Bentivoglio), en révolte contre son tyran de père, a quitté très jeune le domaine familial dans les Pouilles. Il s’est installé à Milan, où il a fait des études de philosophie, est devenu enseignant et a épousé une belle Milanaise (Claudia Gerini). Les liens avec le Sud sont coupés. Bien des années plus tard, après la mort de leur père, ses frères le réclament car ils ont besoin de son accord pour liquider la succession. Il retourne donc dans les Pouilles où il trouve une situation aussi inattendue que tendue. Son frère Michele (Emilio Solfrizzi) fait des affaires et veut se lancer en politique. Mais en proie à des difficultés financières, il ne pourrait s’en sortir qu’en acceptant l’offre intéressante d’un promoteur immobilier qui lorgne le domaine. Mario (Paolo Briguglia), le cadet, encore jeune et un peu naïf, n’y voit pas d’inconvénient. Par contre, Aldo (Massimo Venturiello), leur demi-frère, né hors mariage, n’est pas du tout décidé à vendre un domaine qu’il entend continuer à exploiter. Luigi découvre qu’en
réalité la situation de Michele est bien plus grave qu’il ne le croyait ; il doit une somme importante à Tonino (Sergio Rubini), un usurier redoutable. Or Tonino est assassiné…

 

C’est un film magnifique, épique et poétique, qui se sert d’une trame policière pour aller jusqu’au bout du destin du protagoniste. Les larmes comme les rêves, les pensées récurrentes, les cauchemars qu’il faut chasser, toutes les images de ce film renvoient à un passé lointain. Le Sud comme cadre dramatique de passions entrelacées, comme finis terrae (on est dans les Pouilles) où les lois du capital et du travail sont inappropriées, où le rationnel n’est pas réel. Ce Sud apparaît dans les scènes du film comme un lieu fabuleux au-delà de toute imagination. Aussi, Luigi, ce sobre professeur de philosophie, revenu au pays pour signer l’acte de vente chez le notaire pourrait bien en réalité n’être qu’un fils unique solitaire qui se promène avec à ses côtés les spectres de ce qu’il aurait pu devenir en restant au pays : un politicien capable de faire un mariage stratégique mais pas d’éviter les dettes, un paysan qui trime sur la terre de ses ancêtres, ou peut-être, du fait de ses études classiques, un habitué de la paroisse, impuissant face aux trop nombreux problèmes sociaux.

Silvana SILVESTRI, il manifesto, 24 février 2006

 

Sergio Rubini
Sergio Rubini

Sergio Rubini (Grumo Appula- province de Bari, 1959). Après avoir fréquenté l'Académie d'Arts Dramatiques à Rome, il débute comme acteur au théâtre puis au cinéma notamment dans Intervista (Federico Fellini), II grande blek (Giuseppe Piccioni), Mortacci (Sergio Citti). En 1987 il met en scène au théâtre Italia-Germania 4 a 3 de Umberto Marino. En 1990 il interprète et réalise La stazione (Le chef de gare) qui ne passe pas inaperçu à Venise.
Sa carrière est monumentale, devant la caméra (plus de 40 rôles) et derrière (15 réalisations). Il est aussi acteur dans un certain nombre de films qu'il réalise : Il viaggio della sposa (1997), La terra (2006), L’uomo nero (2009), Il grande spirito (2019). Il se fait également remarqué par des rôles importants dans La stoffa dei sogni (Gianfranco Cabiddu, 2015) ou Il bene mio (Pippo Mezzapesa, 2018).

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Sergio Rubini

Scénario : Sergio Rubini, Carla Cavalluzzi, Angelo Pasquini

Image :  Fabio Cianchetti

Montage : Giogiò Franchini

Musique : Pino Donaggio

Producteur (s) : Domenico Procacci

Productions : Fandango, Medusa Film, Sky

Distribution France : 

Vente à l’étranger : The Works Ltd

Interprètes : 

Fabrizio Bentivoglio, Paolo Briguglia, Massimo Venturiello, Emilio Solfrizzi, Giovanna Di Rauso, Alisa Bystrova, Marisa Eugeni, Sergio Rubini, Claudia Gerini

Année : 2006
Durée : 1h 52
Pays de producion : Italie