LA TERRAZZA

LA TERRAZZA
LA TERRASSE

Ettore Scola

LA TERRAZZA

LA TERRASSE

La terrasse, c’est l’endroit où l’intelligentsia romaine dîne les soirs d’été. C’est un lieu symbolique : le point de rencontre où se déroule tout un rite propre à la bourgeoisie.
Les intellectuels qui fréquentent cette terrasse approchent de la cinquantaine, ils sont amis de longue date, ils font partie de la gauche intellectuelle et gravitent tous dans les milieux des médias, du spectacle et de la politique. Ils ont en commun un malaise diffus, car ils se rendent compte que certains succès obtenus jadis dans le cadre du système, ainsi que leur condition actuelle sont en contradiction avec leurs engagements d’autrefois.
L’enthousiasme de la jeunesse a laissé place à l’amertume et aux constats d’échec, autant professionnels que sentimentaux. Leurs relations sont mesquines, mais malgré les conflits non réglés, malgré les non-dits, l’esprit de caste et de solidarité l’emporte et ils restent soudés.

 

Présenté comme une remise en cause des têtes pensantes de son pays à l’heure du déclin, comme une autocritique des gens du spectacle, et particulièrement de ceux qui ont fait les beaux jours d’un cinéma italien actuellement en pleine éclipse, La Terrasse pourrait effrayer tous ceux qui craignent les discours culturels et les films trop pensants. Mais Ettore Scola est trop malin pour avoir voulu infliger un tel pensum à ses spectateurs et, loin de nous assener de mortels états d’âme teintés de remords, il s’est appliqué avec ses fameux scénaristes (Age et Scarpelli) à dépeindre « des personnages tragiques qui se manifestent de façon comique » […] C’est un film riche, subtil, fourmillant d’allusions et de clins d’œil. Les nostalgies y sont rances et les prises de bec rageuses. Mais l’auteur a su s’entourer d’une famille de comédiens à l’apogée de leur talent ; et son propos reste lucide, voire acide, sans oublier d’être drôle et tendre de bout en bout.

Jean-Luc DOUIN, Télérama, 26 novembre 1980

Ettore Scola
Ettore Scola

Ettore Scola (Trevico, 1931 – Rome, 2016) débute comme collaborateur de la revue satirique Marc'Aurelio, puis au cinéma, comme scénariste, notamment avec Risi et Pietrangeli. Il réalise son premier film, Se permettete parliamo di donne (Parlons femmes) en 1964. Avec un style audacieux et une analyse féroce de la société moderne, il s'impose par la suite parmi les maîtres de la comédie à l'italienne.

Filmographie partielle : Dramma della gelosia (1970, Drame de la jalousie), C'eravamo tanto amati (1974, Nous nous sommes tant aimés), Brutti, sporchi e cattivi (1976, Affreux, sales et méchants), Una giornata particolare (1978, Une journée particulière), La terrazza (1980, La terrasse), La nuit de Varennes (1982, Il mondo nuovo), Ballando ballando (1983, Le bal), La famiglia (1987, La famille), Splendor (1989), Romanzo di un giovane povero (1995, Le roman d'un jeune homme pauvre), Che strano chiamarsi Federico: Scola racconta Fellini (2013, Qu'il est étrange de s'appeler Federico)

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Ettore Scola

Scénario : Age (Agenor Incrocci), Furio Scarpeli, Ettore Scola

Image :  Pasqualino De Santis

Montage : Raimondo Crociani

Musique : Armando Trovajoli

Producteur (s) : Pio Angeletti, Adriano De Micheli

Productions : Dean Film International, Les films Marceau-Cocinor

Distribution France : 

Vente à l’étranger : Tamasa

Interprètes : Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Jean-Louis Trintignant, Stefania Sandrelli, Serge Reggiani, Galeazzo Benti, Carla Gravina, Milena Vukotic, Marie Trintignant, Stefano Satta Flores, Leo Benvenuti, Agenor Incrocci

Année : 1980
Durée : 2h 30
Pays de producion : Italie, France