PADRE PADRONE

PADRE PADRONE
PADRE PADRONE

Paolo Taviani, Vittorio Taviani

PADRE PADRONE

Dans un village de bergers en Sardaigne à la fin des années 1940. Gavino (Fabrizio Forte) n’a que six ans lorsque son père (Omero Antonutti) le retire de l’école : il a besoin de lui pour garder les moutons pendant qu’il travaille la terre. Jusqu’à l’âge de vingt ans, Gavino reste seul et silencieux dans la montagne. Son père lui a appris, avec violence, à accepter la dure vie des bergers. Un jour, deux jeunes passent en jouant de l’accordéon. C’est le premier contact de Gavino (Saverio Marconi) avec la musique. Son désir de posséder l’instrument est si fort qu’il ose, pour la première fois, parler et transgresser la loi du père en offrant deux agneaux en échange de l’accordéon. Avide de sortir de sa condition, Gavino tente de partir, avec d’autres jeunes, travailler en Allemagne. Son père s’y oppose et le contraint à s’engager dans l’armée. Là, grâce à un compagnon (Nanni Moretti) il apprend à lire et se passionne pour les lettres classiques. De retour au pays, tout en aidant aux travaux des champs, Gavino veut continuer à étudier. Il se heurte à son père et finit par se rebeller. Diplômé de linguistique, il se fixe en Sardaigne pour assumer ses racines culturelles.

 

« Le film des Taviani s’avère être magnifique, de la trempe des plus grands classiques européens des années 70. Cette œuvre allait imposer leur style unique. Avec sa dose de réalisme (le casting partiellement amateur, le choix d’un dialecte comme langue de tournage) et d’onirisme fantaisiste au service d’une volonté politique subtile et pertinente, Padre padrone dresse un portrait effroyable de leur pays, une Italie à deux vitesses où l’archaïsme de certaines régions rurales, dominées par la tyrannie du patriarche patron, se heurtait à l’ascension d’une nation moderne aux impératifs et aux ambitions économiques incompatibles. Les premières victimes du système, des jeunes gens de la campagne profonde, sans éducation, qui ne maîtrisaient même pas la langue nationale, reclus, voire emprisonnés dans leur famille. Le film traite de leur incompréhension. De leur amertume. De leur frustration aussi. Mais surtout de leur haine absolue envers cette société patriarcale qu’ils ont appris à abhorrer dans leur chair. »

Frédéric Mignard, avoir-alire.com, 10 avril 2005

 

Histoire de la révolte d’un jeune Sarde d’aujourd’hui contre une conception inhumaine de l’autorité et contre une mise au ban sociale et culturelle, Padre padrone est surtout un film sur la découverte de la communication à travers l’acquisition de la parole et de la culture.

Aldo Tassone, Le cinéma italien parle, Edilig, 192

Paolo Taviani, Vittorio Taviani
Paolo Taviani, Vittorio Taviani

Avec vingt-et-un grands films à leur actif, les frères Paolo (1931) et Vittorio (1929) Taviani, tous deux nés à San Miniato en Toscane, ont marqué le cinéma italien de leur empreinte qui unit engagement politique et esthétique. De Padre padrone (1976) à Una questione privata (2017), de La notte di San Lorenzo (1982) à La masseria delle allodole (2007, Le mas des alouettes) leur œuvre reflète les grandes interrogations que l’histoire et la littérature posent à notre époque.

Filmographie : Un uomo da bruciare (1962, Un homme à brûler), I sovversivi (1967, Les subversifs), San Michele aveva un gallo (1974, Saint Michel avait un coq),  Allonsanfan (1974), Padre padrone (1977), Il prato (1979, Le pré), La notte di San Lorenzo (1982, La nuit de San Lorenzo), Kaos (1984, Kaos, contes siciliens), Good morning, Babilonia (1987), l sole anche di notte (1989, Le soleil même la nuit), Fiorile (1992), Le affinità elettive (1996, Les affinités électives), Cesare deve morire (2012, César doit mourir), Maraviglioso Boccaccio (2015, Contes italiens), Una questione privata (2017, Une affaire personnelle)

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Paolo Taviani, Vittorio Taviani

Scénario : Paolo Taviani, Vittorio Taviani, d'après le roman de Gavino Ledda, Padre padrone, l'educazione di un pastore

Image :  Mario Masini

Montage : Roberto Perpignani

Musique : Egisto Macchi

Producteur (s) : Giuliani G. De Negri

Productions : Rai Due Radiotelevisione Italiana, Cinema S.R.L.

Distribution France : 

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Saverio Marconi, Omero Antenutti, Marcella Michelangeli, Fabrizio Forte, Stanko Molnar, Marino Cena, Nanni Moretti, Gavino Ledda

Année : 1977
Durée : 1h 55
Pays de producion : Italie