ROMA

ROMA
FELLINI ROMA

Federico Fellini

ROMA

FELLINI ROMA

 

Avec Roma, Federico rompt avec toute trame dramatique. Plus encore que dans son Satyricon, son évocation de la Ville Éternelle ne consiste plus qu’en une série de tableaux, dont l’enchaînement échappe à toute logique traditionnelle. D’où des ruptures apparemment déconcertantes qui tranchent en profondeur sur le genre du reportage où les transitions doivent au contraire être particulièrement soignées. Les séquences se succèdent à la manière de visions; ce montage intentionnellement arbitraire signale que Fellini tient cette fois à rendre compte de la réalité comme s’il s’agissait d’un rêve, de son rêve.
Du début jusqu’à la fin du film, le personnage de Rome, certes, reste présent. D’abord perçu de Rimini, il n’est cependant que le symbole de la foi catholique et de la gloire fasciste; il appartient à l’enfance du réalisateur, toute nourrie de la caricature qu’on veut brosser de la Ville Eternelle. Mais il échappe à toute description objective. Puis, envisagée à la lumière de l’actualité des années soixante-dix, Rome prend des allures de monstre. L’embouteillage sur l’autoroute, le déferlement de la foule des touristes, le voyage au cœur des entrailles de la capitale sur le chantier du métro, le défilé de mode ecclésiastique, la fête de Noantri dans le quartier du Trastevere, les hippies matraqués par la police ou les motards fonçant dans la nuit illustrent le caractère fantastique et insaisissable de la Ville Eternelle. Comme Anna Magnani qui se refuse à toute interview (ce sera sa dernière apparition à l’écran), Rome semble se dérober et répondre à Fellini : « Nun me fido » – « Je n’ai pas confiance » ( …)
C’est donc bien un rêve que le réalisateur a fait en tournant ce voyage dans le temps. Un rêve sur Rome et sur l’impossibilité de la représenter : « J’ai préparé le film avec l’enthousiasme de toujours, j’ai scruté la ville, je suis allé fouiller dans les recoins les plus secrets, mais finalement ces lieux, cette humanité, ces immeubles, ces décors grandioses que je pensais avoir possédés me sont apparus dans toute leur virginité, intacts. Rome, en somme, est restée immaculée, totalement étrangère à mon film sur elle. »

Bertrand Levergeois, Fellini, la Dolce Vita du Maesto – 1994, Ed. de L’Arsenal

Federico Fellini
Federico Fellini

Federico Fellini (Rimini, 1920 – Rome, 1993) est l'un des plus illustres réalisateurs de l'histoire du cinéma.

Journaliste, scénariste, notamment de Rossellini, coréalisateur avec Alberto Lattuada de Luci del varietà (1950, Les feux du music-hall), il réalise en 1952 Lo sceicco bianco (Le cheik blanc) et il se démarque assez rapidement du courant néoréaliste et par la suite son œuvre foisonnante sera marquée du sceau de l'onirisme .

D'une filmographie exceptionnelle on retiendra une Palme d'or, La dolce vita (1960), quatre films oscarisés : La strada (1954), Le notti di Cabiria (1957, Les nuits de Cabiria), Otto e mezzo (1963, Huit et demi), Amarcord (1973), et aussi I vitelloni (1953), Roma (1972, Fellini  Roma), Il Casanova di Federico Fellini (1976, Le Casanova de Fellini ), La città delle donne (1980, La cité des femmes), E la nave va (1983, Et vogue le navire ), Ginger e Fred (1986, Ginger et Fred),  Intervista (1987).

En 1993 un Oscar d'honneur pour l'ensemble de son œuvre lui a été décerné.

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Federico Fellini

Scénario : Bernardino Zapponi, Federico Fellini

Image :  Giuseppe Rotunno

Montage : Ruggero Mastroianni

Musique : Nino Rota

Producteur (s) : Turi Vasile

Productions : Ultra Film, Les Artsistes Associés

Distribution France : 

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Fedor Chaliapine, Gianluigi Chirizzi, Franco Citti, Dante Cleri, Fiona Florence, Pia De Doses, Rolando De Santis, Maria De Sisti, Peter Gonzales Falcon,

Année : 1972
Durée : 113 min
Pays de producion : Italie, France