SPLENDOR

SPLENDOR
SPLENDOR

Ettore Scola

SPLENDOR

Jordan est propriétaire d’un cinéma dans une petite ville de province, le Splendor, qui est toute sa vie. Dès l’âge de six ans, il accompagnait le cinéma ambulant de son père dans les endroits les plus reculés. Plus tard, il a assisté à l’inauguration du Splendor. Aujourd’hui Jordan est couvert de dettes et doit vendre la salle qui sera remplacée par un supermarché. Il a pourtant lutté longtemps, soutenu par Luigi, son projectionniste, qui vit intensément les films qu’il voit tous les soirs ainsi que par Chantal, l’ouvreuse. Cette ancienne danseuse française était arrivée là trente ans auparavant et y était restée par amour pour lui. Naguère son physique attirait en masse le public masculin. Maintenant les gens préfèrent regarder la télévision.
Ce soir c’est la dernière séance. Jordan et ses fidèles amis se remémorent les splendeurs passées de la salle où tant de chefs-d’œuvre ont été projetés. Demain on fermera, à moins qu’à l’ultime seconde un miracle ne fasse accourir la foule pour empêcher la fermeture de son cinéma.

 

Scola revisite avec Splendor les thèmes et la structure de Nous nous sommes tant aimés : l’histoire de trois amis, liés au passage de l’histoire et à celui du cinéma, mais dans un lieu clos, celui précisément d’une salle. […]
L’histoire de la salle se déroule en ordre dispersé, par bonds en arrière et en avant, au gré des souvenirs : l’inauguration, l’arrivée de l’ouvreuse, la concurrence des cléricaux, les Semaines soviétiques avec conférence, critique bavard et délégation étrangère, les expédients pour garder le public, avec Dario Argento et un projet d’avant-spectacle porno. Le plus beau des retours arrière est le retour du partisan engagé avec les titistes, qui entre dans une salle et y voit La vie est belle de Capra. Par là-même, est annoncé le dénouement irréaliste, cet effet magique cher à Scola. Les habitants du quartier occupent la salle, bloquent la saisie et à travers le plafond éventré, tombe en plein été la neige de Capra. […]
Mais le film est aussi un début, celui d’une collaboration et d’une amitié avec Massimo Troisi. Il est dans Splendor un personnage foudroyé à trente ans par le cinéma, un fanatique qui a mesuré tous les baisers de l’écran et circule la nuit au lit dans toutes les métropoles du cinéma. Un personnage courageux, résolu, timide mais irascible, qui va devenir de plus en plus triste, le Pulcinella de Fracasse et, indécis, la jeune recrue de Che ora è.

Andrée TOURNÈS, Jeune Cinéma, octobre 2002

Ettore Scola
Ettore Scola

Ettore Scola (Trevico, 1931 – Rome, 2016) débute comme collaborateur de la revue satirique Marc'Aurelio, puis au cinéma, comme scénariste, notamment avec Risi et Pietrangeli. Il réalise son premier film, Se permettete parliamo di donne (Parlons femmes) en 1964. Avec un style audacieux et une analyse féroce de la société moderne, il s'impose par la suite parmi les maîtres de la comédie à l'italienne.

Filmographie partielle : Dramma della gelosia (1970, Drame de la jalousie), C'eravamo tanto amati (1974, Nous nous sommes tant aimés), Brutti, sporchi e cattivi (1976, Affreux, sales et méchants), Una giornata particolare (1978, Une journée particulière), La terrazza (1980, La terrasse), La nuit de Varennes (1982, Il mondo nuovo), Ballando ballando (1983, Le bal), La famiglia (1987, La famille), Splendor (1989), Romanzo di un giovane povero (1995, Le roman d'un jeune homme pauvre), Che strano chiamarsi Federico: Scola racconta Fellini (2013, Qu'il est étrange de s'appeler Federico)

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Ettore Scola

Scénario : Ettore Scola

Image :  Luciano Tovoli

Montage : Francesco Malvestito

Musique : Armando Trovajoli

Producteur (s) : Mario et Vittorio Cecchi Gori

Productions : Cecchi Gori Group, Studio EL, RAI, Gaumont

Distribution France : Gaumont

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Marcello Mastroianni, Massimo Troisi, Marina Vlady, Paolo Panelli, Pamela Villoresi, Giacomo Piperno, Mauro Bosco

Année : 1988
Durée : 1h 51
Pays de producion : Italie, France