TUTTA COLPA DI GIUDA

TUTTA COLPA DI GIUDA

Davide Ferrario

TUTTA COLPA DI GIUDA

Irene Mirkovic, une jeune et jolie comédienne et metteur en scène serbe, accepte de participer à un projet théâtral à l’intérieur de la prison de Turin. L’aumônier, Don Iridio voudrait monter un spectacle autour du thème de la Passion du Christ auquel participeraient les détenus volontaires. Le directeur de la prison, Libero, le bien nommé, est très sceptique mais il collabore, contrairement à Sœur Bonaria (la mal nommée), une religieuse qui hante aussi les lieux pour apporter son soutien spirituel aux détenus. Pas facile pour une femme, jeune et jolie de surcroît, d’entrer dans une prison pour hommes et de gagner leur confiance. Elle y parvient néanmoins mais elle se heurte rapidement à un écueil apparemment insurmontable. Personne ne veut interpréter le rôle de Judas, le traître. Irene lit et relit le Nouveau Testament, et elle finit par avoir une idée qui débloque la situation. Puisque personne ne veut interpréter le rôle de Judas, elle imagine une autre histoire, une histoire d’où sont bannies la trahison, la punition et la mort. Bien que ne comprenant pas exactement tout ce que cela implique, les détenus sont d’accord, du moment que c’est un réquisitoire contre la prison.

 

« Le film parle de prison et de religion aujourd’hui en Italie, de justice divine – dogmatique, plutôt – ou étatique, et de ce fait personnel, ou qui devrait l’être, qu’est le rapport à Dieu. Il en parle avec justesse, espièglerie et légèreté, sans les lourdeurs de la rhétorique propre aux Questions Fondamentales, en alternant fiction et documentaire, amour et délinquance, répétitions théâtrales et chansons. Davide Ferrario a placé la barre très haut et s’en sort magistralement, en « athée convaincu » – c’est ainsi qu’il se définit – et aussi grâce à son expérience pluriannuelle d’animateur d’ateliers cinématographiques dans les prisons de Milan et de Turin. C’est ce qui lui permet d’éviter les banalités et les lieux communs dans les personnages des détenus dont il décrit très précisément les codes. Il en va de même avec le directeur de la prison, un démocrate napolitain qui ironise sur le marasme et l’indifférence des institutions. Il répète fréquemment que la prison sert uniquement pour cacher la poussière sous les tapis. Mais Tutta colpa di Giuda n’entend pas être un film sur les prisons. Il se trouve que cet amalgame de peine et d’expiation se marie bien avec le thème religieux que Ferrario aborde et que, du coup, il était difficile d’imaginer pour le tournage un autre lieu qui produirait un effet aussi puissant. […]
 » À quoi penses-tu quand tu entends le mot passion ?  » C’est la question qu’Irene pose à un certain moment aux détenus-comédiens. Cette question est un peu le cœur du film. Du fait que l’on se trouve en prison, « passion » signifie « désir », « rage », « envie de liberté ». Personne ne pense au Christ et à sa croix, même si tous les détenus s’y reconnaissent un peu. […] Tutta colpa di Giuda est un beau film, dynamique et savamment structuré même lorsque certaines faiblesses se font sentir. C’est sans doute parce que Ferrario est un cinéphile qui entend aussi s’adresser au grand public. Il sait que lier les deux a un effet détonant. Surtout si on se réfère au présent. »

Cristina PICCINO, Il Manifesto, 10 avril 2009

Davide Ferrario
Davide Ferrario

Davide Ferrario (1956, Casalmagiore – Lombardie), avec un groupe de cinéphiles, fonde le Lab80, une coopérative de distribution qui diffuse en Italie des films de Wenders, Fassbinder, Wajda, et les films de Ferreri produits en Espagne. Après un court métrage, en 1989 il réalise son premier long-métrage La fine della notte. Par la suite se croiseront courts-métrages, documentaires, dont La strada di Levi (2006, Le voyage de Primo Levi) et fictions parmi lesquelles Anime fiammeggianti (1994), Tutti giù per terra (1997, Devenir adulte), Figli di Annibale (1998), Guardami (1999), Dopo mezzanotte (2004), Tutta colpa di Giuda (2009), La luna su Torino (2014).
En 2004 avec sa compagne et scénariste Francesca Bocca il a créé sa société de production Rossofuoco. Il a également écrit cinq livres dont dux romans publiés en France, Dissolvenza al nero (1995, Black Magic) et Sangue moi (2010, Mon père, mon sang)

BANDE ANNONCE

https://festival-villerupt.com/wp-content/uploads/2020/05/04077938.jpg

FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Davide Ferrario

Scénario : Davide Ferrario

Image :  Dante Cecchin

Montage : Claudio Cormio

Musique : Fabio Barovero, Marlene Kuntz, Cecco Signa

Producteur (s) : Davide Ferrario

Productions : Rossofuoco

Distribution France : Warner bros. Italia

Vente à l’étranger : Adriana Chiesa Enterprises

Interprètes : Kasia Smutniak, Fabio Troiano, Cristiano Godano, Luciana Littizzetto, Gianluca Gobbi, Cecco Signa, Paolo Ciarchi, Linda Messerklinger, Angela Vuolo, Christian Konabitè, Valentina Taricco, Kaas, Ladislao Zanini, Dante Cecchin, Compagnia GAP, Marlene Kuntz

Année : 2009
Durée : 1h 42
Pays de producion : Italie