VERSO SUD

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VERSO SUD

Pasquale Pozzessere

VERSO SUD

Rome, quartier de la gare Termini. Sortie de prison depuis peu, Paola (Antonella Ponziani) cherche du travail. Cela fait dix ans qu’elle a quitté ses parents adoptifs, et elle ne retrouve pas ses rares amis. Elle manque toujours d’argent et se prostitue occasionnellement pour pouvoir manger et acheter des petites babioles à Chicco, son fils de quatorze mois qui a été confié à une institution.
Les quelques heures qu’elle passe avec lui, deux après-midi par semaine, sont ses seuls moments de bonheur. Eugenio (Stefano Dionisi) est l’un de ces nombreux pickpockets qui rôdent autour de la gare. Porté sur la bouteille, il dort dans les trains ou sur des bancs publics. Alors qu’il pille un tronc d’église, il est surpris par un prêtre qui pourtant ne le dénonce pas et l’encourage à remonter la pente. Le désir de changement est renforcé par sa rencontre fortuite avec Paola à la soupe populaire. Il trouve un petit boulot et se réfugie dans un local désaffecté. Profitant de la confusion créée par un début d’incendie dans l’institution, Paola enlève son fils. Elle convainc Eugenio de voler une voiture et ils partent dans les Pouilles où Eugenio a un ami. Mais là-bas non plus il n’y a pas de travail. Pour trouver les deux millions de lires qui leur permettraient de fuir clandestinement vers la Grèce, Eugenio participe à un hold-up qui tourne mal. Paola embarque seule avec le petit Chicco.

 

Pas de happy end : il est tué au cours d’un hold-up et elle part clandestinement pour la Grèce. Même si ça et là on perçoit les limites des films à petit budget (surtout dans les personnages secondaires), Verso Sud est un beau film, d’une douceur violente, qui laisse de côté les explications sociologiques pour saisir directement la vie quotidienne dans ce qu’elle a de discret. Le film laisse libre cours aux sentiments, sans chercher à s’abriter derrière une expression poétique et s’achève sur une fuite splendide, quasiment évangélique. Ce n’est pas du cinéma gentillet. Pozzessere a le don de rendre significatif le moindre plan, s’en tenant à un réalisme qui ne devient jamais magique et en utilisant au mieux l’intensité d’Antonella Ponziani et de Stefano Dionisi.

Maurizio PORRO, Corriere della Sera, 5 septembre 1992

 

Pasquale Pozzessere est né à Lizzano dans la province de Tarente en 1957. Il abandonne ses études de médecine pour se consacrer au cinéma. Assistant-réalisateur de Pupi Avati puis de Francesco Maselli, il réalise parallèlement deux documentaires. En 1992 il produit et dirige son premier long-métrage Verso Sud, présenté au Festival de Venise et primé par le Jury du 15e Festival du Film Italien de Villerupt. Six autres ont suivi.

Pasquale Pozzessere
Pasquale Pozzessere

Pasquale Pozzessere (1957, Lizzano – Pouilles), assistant de Pupi Avati et de Francesco Maselli, réalise un court-métrage et un documentaire avant de diriger en 1992 son premier long-métrage, Verso sud, qu'il produit également avec sa société Demian Film. Après le Festival de Venise, il présente le film à Villerupt où il obtient le Prix du Jury. Ses deux films suivant ont également été présentés à Villerupt : Padre e figlio (1994) et Testimone a rischio (1997). En 1994 il réalise pour la RAI un film en quatre épisodes, La vitta che verrà, seize années de l'Histoire de l'Italie de la Libération en 1944 aux Jeux Olympiques de Rome en 1960.

BANDE ANNONCE

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FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Pasquale Pozzessere

Scénario : Pasquale Pozzessere

Image :  Bruno Cascio

Montage : Carlo Valerio

Musique : Domenico Scuteri, Corrado Rizza

Producteur (s) : Pasquale Pozzessere

Productions : Demian Film

Distribution France : Acadra

Vente à l’étranger : 

Interprètes : 

Antonella Ponziani, Stefano Dionisi, Pierfrancesco Pergoli, Tito jr. Schipa, Lucio Zagaria, Luciano Curreli, Luigi Santamaria, Irene Grazioli, Stefano Fabriz, Ivano De Matteo, Paola Bacchetti, Giselda Volodi, Elvira Giannini, Elefteria Siosopoulos, Biagio Di Cola, Arturo Cirillo

Année : 1992
Durée : 1h 28
Pays de producion : Italie