HAPPY FAMILY

HAPPY FAMILY

Gabriele Salvatores

0h 1min
2021
Story of HAPPY FAMILY
HAPPY FAMILY

Le rideau se lève (comme au théâtre) sur le seul personnage « réel » de cette histoire. Ezio a trente-huit ans, des revenus confortables hérités de son père, il vit dans un loft dans un quartier branché de Milan. En plein été, il décide d’écrire le scénario d’un film d’auteur mais qui doit faire un tabac. Il imagine l’histoire de deux adolescents de seize ans, Filippo et Marta, qui ont décidé de se marier. Sous ses doigts les mots coulent et se transforment en images sur l’écran de son ordinateur, jusqu’à envahir la totalité de l’espace et réclamer plus d’attention de la part de leur auteur.

Les deux adolescents viennent de deux familles très différentes qu’Ezio doit présenter. Celle de Filippo, d’un milieu très aisé, comprend sa mère Margherita, Vincenzo, son second mari et Caterina, la fille de ce dernier. Chacun est porteur d’une histoire : Margherita en tant qu’épouse fidèle mais pas forcément heureuse, Vincenzo, atteint d’un cancer et qui se sait condamné, Caterina qui est une jeune pianiste de talent… Celle de Marta est tout à fait différente : son père, un vieil hippy qui a fait cent mille métiers, fume des joints du matin au soir, tandis que sa mère qui est complètement névrosée se soigne par l’alcool. Margherita organise un dîner pour rencontrer la famille de Marta et elle invite aussi Ezio qui tombe sous le charme de la belle Caterina.

Tout devient alors trop compliqué et Ezio décide de mettre un terme à cette histoire. Ce « final ouvert » n’est pas du goût des personnages qui envahissent son loft et le contraignent à continuer jusqu’à aboutir à une fin satisfaisante.

 

Il serait faux de dire que Gabriele Salvatores s’est concédé un moment d’évasion après ses deux films tirés des romans d’Ammaniti (L’été où j’ai grandi et Comme Dieu le veut). Ceux qui font du théâtre savent que le comique est bien plus difficile que le dramatique. La « famille heureuse » du titre cache bien des craintes et des souffrances et ce n’est pas un hasard si dans le prologue Ezio dédie le film à tous ceux qui ont peur : de voter et de voler, d’aimer ou de haïr, des autres et d’eux-mêmes, de tout. Le duo Abatantuono - Bentivoglio, le vrai cœur du film, est une réflexion sur la mort et c’est particulièrement poignant qu’elle soit interprétée par les deux vieux amis et complices de Marrakech express et de Strada blues. On peut comprendre Happy Family comme une réflexion douce-amère sur la famille - artistique et sentimentale - que Gabriele, Diego, Fabrizio et d’autres ont formée au cours du temps. Jadis c’était dans des films dédiés "à tous ceux qui s’enfuient", aujourd’hui, alors qu’ils ont tous passé la cinquantaine, ils ont peut-être envie et peur à la fois de se poser. Par le ton et les images Happy Family rappelle souvent les films de Wes Anderson. Que ce soit clair, c’est un compliment.

Alberto CrespiI, L'Unità, 26 marzo 2010

    • HAPPY FAMILY

      Le rideau se lève (comme au théâtre) sur le seul personnage « réel » de cette histoire. Ezio a trente-huit ans, des revenus confortables hérités de son père, il vit dans un loft dans un quartier branché de Milan. En plein été, il décide d’écrire le scénario d’un film d’auteur mais qui doit faire un tabac. Il imagine l’histoire de deux adolescents de seize ans, Filippo et Marta, qui ont décidé de se marier. Sous ses doigts les mots coulent et se transforment en images sur l’écran de son ordinateur, jusqu’à envahir la totalité de l’espace et réclamer plus d’attention de la part de leur auteur.

      Les deux adolescents viennent de deux familles très différentes qu’Ezio doit présenter. Celle de Filippo, d’un milieu très aisé, comprend sa mère Margherita, Vincenzo, son second mari et Caterina, la fille de ce dernier. Chacun est porteur d’une histoire : Margherita en tant qu’épouse fidèle mais pas forcément heureuse, Vincenzo, atteint d’un cancer et qui se sait condamné, Caterina qui est une jeune pianiste de talent… Celle de Marta est tout à fait différente : son père, un vieil hippy qui a fait cent mille métiers, fume des joints du matin au soir, tandis que sa mère qui est complètement névrosée se soigne par l’alcool. Margherita organise un dîner pour rencontrer la famille de Marta et elle invite aussi Ezio qui tombe sous le charme de la belle Caterina.

      Tout devient alors trop compliqué et Ezio décide de mettre un terme à cette histoire. Ce « final ouvert » n’est pas du goût des personnages qui envahissent son loft et le contraignent à continuer jusqu’à aboutir à une fin satisfaisante.

       

      Il serait faux de dire que Gabriele Salvatores s’est concédé un moment d’évasion après ses deux films tirés des romans d’Ammaniti (L’été où j’ai grandi et Comme Dieu le veut). Ceux qui font du théâtre savent que le comique est bien plus difficile que le dramatique. La « famille heureuse » du titre cache bien des craintes et des souffrances et ce n’est pas un hasard si dans le prologue Ezio dédie le film à tous ceux qui ont peur : de voter et de voler, d’aimer ou de haïr, des autres et d’eux-mêmes, de tout. Le duo Abatantuono - Bentivoglio, le vrai cœur du film, est une réflexion sur la mort et c’est particulièrement poignant qu’elle soit interprétée par les deux vieux amis et complices de Marrakech express et de Strada blues. On peut comprendre Happy Family comme une réflexion douce-amère sur la famille - artistique et sentimentale - que Gabriele, Diego, Fabrizio et d’autres ont formée au cours du temps. Jadis c’était dans des films dédiés "à tous ceux qui s’enfuient", aujourd’hui, alors qu’ils ont tous passé la cinquantaine, ils ont peut-être envie et peur à la fois de se poser. Par le ton et les images Happy Family rappelle souvent les films de Wes Anderson. Que ce soit clair, c’est un compliment.

      Alberto CrespiI, L'Unità, 26 marzo 2010

    • Réalisation
      Gabriele Salvatores
    • Scénario
      Alessandro Genovesi et Gabriele Salvatores d’après la pièce éponyme d’Allessandro Genovesi
    • Image
      Italo Petriccione
    • Montage
      Massimo Fiocchi
    • Musique
      Louis Siciliano
    • Producteur (s)
      Maurizio Totti
    • Productions
      Colorado Film en collaboration avec Rai Cinema
    • Vente à l’étranger
      Rai Trade
    • Interprètes
      Fabio De Luigi, Diego Abatantuono, Fabrizio Bentivoglio, Margherita Buy, Carla Signoris, Valeria Billelo, Fabio De Luigi, Corinna Augustoni, Gianmaria Biancuzzi, Alice Croci, Sandra Milo
    • Année
      2010
    • Durée
      1h 34
    • Pays de production
      Italie
    • Citation
      Ce n’est pas une histoire vraie. Rien de ce que j’ai écrit n’est arrivé.Mais j’aime inventer des histoires. J’ai toujours aimé ça.
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