IL VEDOVO

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LE VEUF

Dino Risi

Story of IL VEDOVO
IL VEDOVO LE VEUF Alberto Nardi (Alberto Sordi), dénommé le commandeur, est un médiocre entrepreneur romain transplanté à Milan et passionné par le monde des affaires. Alberto a une particularité : ses projets, qui en théorie devraient réussir, tombent constamment à l’eau et il est poursuivi par les créanciers. Il se retrouve ainsi très souvent en situation de grande indigence, situation sans cesse résolue par sa femme Elvira (Franca Valeri), richissime et douée en affaires, qui se plaît à le surnommer Bécasson. Lassée par les échecs à répétition de son mari, Elvira décide de ne plus l’aider, et ne se prive pas de le dénigrer publiquement. Un affront impossible à supporter pour Alberto, car depuis toujours il tente de donner une image de lui flatteuse en entretenant un mode de vie des plus dépensiers. Un jour, la solution à tous ses problèmes surgit soudainement : le décès tragique de sa femme au cours d’un voyage en train. C’est ainsi qu’Alberto met en scène son pieux veuvage et rêve d’un avenir radieux dans l’attente de percevoir l’héritage qu’il convoite tant. Mais tout s’effondre lorsqu’il s’avère qu’Elvira n’est pas morte. Alberto échafaude alors un plan diabolique pour la faire disparaître… C’est une énième réflexion sur le mâle italien, retors, lâche et mesquin. Dino Risi est en état de grâce, tout comme ses comédiens, Alberto Sordi et Franca Valeri. Mais ce film est aussi un petit bijou d’humour perfide et impitoyable. Le rire plein d’amertume fait pendant à une critique sociale féroce tout comme l’ironie cinglante et implacable à une étude des caractères ironique, détachée et sournoise. Il vedovo joue des deux registres du thriller et du grotesque. Risi et ses coscénaristes, Rodolfo Sonego et Fabio Carpi, se sont inspiré d’un fait divers, le cas du promoteur immobilier Giovanni Fenaroli, accusé d’avoir organisé l’assassinat de sa femme pour toucher l’assurance vie et sortir ainsi de la situation financière désastreuse où il se trouvait. Fabrizio Corallo, réalisateur Rétrospective Dino Risi – Villerupt, octobre 2021 « Nous avons tous bu le lait du néo-réalisme… Il répondait à une nécessité d’ordre pratique : c’était un moyen plus simple et plus économique de tourner des films ; la façon de tourner des néo-réalistes est devenue la façon de tourner "à l’italienne". La matrice néo-réaliste transparaît dans toute la comédie italienne. […] Le soi-disant néo-réalisme rose. On nous a accusé d’avoir trahi les idéaux de la résistance, les grandes "règles"… La réalité italienne subissait une mutation, c’étaient les débuts du boom économique… ce qui changeait l’optique des choses. […] Je me suis toujours efforcé de représenter l’évolution des mœurs, et je crois l’avoir fait avec réalisme. "Rose" n’était pas le qualificatif approprié pour définir ma façon de décrire la réalité sociale italienne de l’époque. » Dino Risi, propos recueillis par Aldo Tassonne Le cinéma italien parle, Aldo Tassone, Edilig, 1982
  • IL VEDOVO

    LE VEUF

    Alberto Nardi (Alberto Sordi), dénommé le commandeur, est un médiocre entrepreneur romain transplanté à Milan et passionné par le monde des affaires. Alberto a une particularité : ses projets, qui en théorie devraient réussir, tombent constamment à l’eau et il est poursuivi par les créanciers. Il se retrouve ainsi très souvent en situation de grande indigence, situation sans cesse résolue par sa femme Elvira (Franca Valeri), richissime et douée en affaires, qui se plaît à le surnommer Bécasson. Lassée par les échecs à répétition de son mari, Elvira décide de ne plus l’aider, et ne se prive pas de le dénigrer publiquement. Un affront impossible à supporter pour Alberto, car depuis toujours il tente de donner une image de lui flatteuse en entretenant un mode de vie des plus dépensiers. Un jour, la solution à tous ses problèmes surgit soudainement : le décès tragique de sa femme au cours d’un voyage en train. C’est ainsi qu’Alberto met en scène son pieux veuvage et rêve d’un avenir radieux dans l’attente de percevoir l’héritage qu’il convoite tant. Mais tout s’effondre lorsqu’il s’avère qu’Elvira n’est pas morte. Alberto échafaude alors un plan diabolique pour la faire disparaître…

    C’est une énième réflexion sur le mâle italien, retors, lâche et mesquin. Dino Risi est en état de grâce, tout comme ses comédiens, Alberto Sordi et Franca Valeri. Mais ce film est aussi un petit bijou d’humour perfide et impitoyable. Le rire plein d’amertume fait pendant à une critique sociale féroce tout comme l’ironie cinglante et implacable à une étude des caractères ironique, détachée et sournoise. Il vedovo joue des deux registres du thriller et du grotesque. Risi et ses coscénaristes, Rodolfo Sonego et Fabio Carpi, se sont inspiré d’un fait divers, le cas du promoteur immobilier Giovanni Fenaroli, accusé d’avoir organisé l’assassinat de sa femme pour toucher l’assurance vie et sortir ainsi de la situation financière désastreuse où il se trouvait.
    Fabrizio Corallo, réalisateur
    Rétrospective Dino Risi – Villerupt, octobre 2021

    « Nous avons tous bu le lait du néo-réalisme… Il répondait à une nécessité d’ordre pratique : c’était un moyen plus simple et plus économique de tourner des films ; la façon de tourner des néo-réalistes est devenue la façon de tourner "à l’italienne". La matrice néo-réaliste transparaît dans toute la comédie italienne. […]
    Le soi-disant néo-réalisme rose. On nous a accusé d’avoir trahi les idéaux de la résistance, les grandes "règles"… La réalité italienne subissait une mutation, c’étaient les débuts du boom économique… ce qui changeait l’optique des choses. […] Je me suis toujours efforcé de représenter l’évolution des mœurs, et je crois l’avoir fait avec réalisme. "Rose" n’était pas le qualificatif approprié pour définir ma façon de décrire la réalité sociale italienne de l’époque. »
    Dino Risi, propos recueillis par Aldo Tassonne
    Le cinéma italien parle, Aldo Tassone, Edilig, 1982

    « La fin des années 1950 a vu se développer un genre cinématographique spécifiquement transalpin dont Dino Risi est sans aucun doute le représentant le plus génial et cinglant. De même que le néoréalisme avait mis en récits et en images les temps difficiles de l'après-guerre, cette comédie à l'italienne prospère, dans ses premières années, sur le terreau du boom économique que connaît alors la Péninsule, pour radiographier impitoyablement la mutation du pays et l'évolution des mœurs et des caractères qui l'accompagnent. Le Veuf appartient à une première salve de comédies signées Risi qui culminera en 1962 avec Le Fanfaron. Relégué dans les premières lignes d'une filmographie très fournie (plus d'une cinquantaine de titres couvrant la seconde moitié du XXe siècle) et comptant plusieurs sommets de noirceur grinçante, c'est un film qui mérite amplement d'être redécouvert, et goûté pour sa mise en scène d'une impeccable efficacité et l'inventivité bouffonne mais toujours sagace des situations à travers lesquelles Risi mène ses personnages tambour battant. »
    Nicolas Le Thierry d'Ennequin, cinematheque.fr

  • Réalisation
    Dino Risi
  • Scénario
    Rodolfo Sonego, Fabio Carpi, Dino Risi, Sandro Continenza, Dino Verde
  • Image
    Luciano Trasatti
  • Montage
    Alberto Gallitti
  • Musique
    Armando Trovajoli
  • Producteur (s)
    Edgardo Cortese, Elio Scardamaglia, Cino Del Duca
  • Productions
    Paneuropa Cinematografica, Cino Del Duca Produzioni
  • Distribution France
    Les Acacias
  • Interprètes
    Alberto Sordi, Franca Valeri, Livio Lorenzon, Nando Bruno, Ruggero Marchi, Mario Passante, Leonora Ruffo
  • Année
    1959
  • Durée
    92 min
  • Pays de production
    Italie
  • Citation
    « Mon mari n’est pas malchanceux : c’est un incapable et un mégalomane. »
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