LA GRANDE BOUFFE

LA GRANDE ABBUFFATA

0h 2min
1973
Story of LA GRANDE ABBUFFATA
LA GRANDE BOUFFE LA GRANDE ABBUFFATA Marcello, un pilote de ligne, Ugo, un restaurateur, Michel, un réalisateur de télévision, Philippe, un juge, quatre quadragénaires représentants typiques de la société d'opulence, s'enferment dans une villa et, sous prétexte d'un séminaire gastronomique, s'empiffrent jusqu'à ce que mort s'ensuive, en se ménageant toutefois quelques intermèdes érotiques. Andréa, une institutrice, se joint à leur concile jouissif et morbide.   "Lorsque Jean-Pierre Rassam propose à Ferreri, qui reste pourtant sur plusieurs échecs commerciaux, de lui produire un film en toute liberté, le cinéaste s'engouffre dans la brèche : sa liberté consiste en l'insolence suprême, faire éclater le corps par l'excès de la valeur symbolique traditionnelle de l'Occident, la nourriture. Symbole et tabou, mais aussi matérialité constante de la transgression : Ferreri n'a jamais fait film plus simple, plus proche des objets, des éléments, de la chair et des organes. C'est la clé de la réussite presque totale (seul moment plus faible : l'arrivée des victuailles) de La Grande Bouffe, sans doute l'un des grands films des années 70 : cet équilibre sans cesse maintenu, puis brutalement rompu lors de l'agonie des quatre bouffeurs, entre la concrétude de la matière et la spiritualité des mots. Car La Grande Bouffe, film simple et direct sur l'ingurgitation, est aussi un film philosophique sur la dégurgitation de la parole. Il se tient à égale distance de l'orgie purement hédoniste et du banquet platonicien. Et la nourriture est d'abord un vecteur de mots, avant d'être celui du plaisir puis de la mort. Ferreri construit clairement son film suivant le principe de la maïeutique classique : manger sert à mieux parler (de la nourriture, puis de la vie, enfin de l'histoire), et initie l'ensemble des convives au dialogue. La Grande Bouffe est un apprentissage, qui passe par la libre circulation des paroles accompagnant celle des aliments, de bouche en bouche, de corps en corps. Entouré et encouragé par Rafaël Azcona et Francis Blanche, Marco Ferreri se révèle ici (ou plutôt se confirme) comme l'un des maîtres du dialogue de cinéma. Mais les corps finissent par éclater, par se vider, par se geler, et les quatre agonies, conduites, comme orchestrées, par Andréa Ferreol, inscrivent sur l'écran un scandale qui n'est pas que verbal. C'est l'ensemble du corps social qui n'est plus que viscères, aliments, excréments, sang, organes, éparpillés, définitivement décomposés." Antoine de Baecque, Cahiers du Cinéma n°515, juillet-août 1997 Hommage à Marco Ferreri, Villerupt octobre 1997   Le 21 mai 197, le film, présenté en sélection officielle à Cannes, fit scandale. Depuis La Grande Bouffe est devenu un film culte.
    • LA GRANDE BOUFFE

      LA GRANDE ABBUFFATA

      Marcello, un pilote de ligne, Ugo, un restaurateur, Michel, un réalisateur de télévision, Philippe, un juge, quatre quadragénaires représentants typiques de la société d'opulence, s'enferment dans une villa et, sous prétexte d'un séminaire gastronomique, s'empiffrent jusqu'à ce que mort s'ensuive, en se ménageant toutefois quelques intermèdes érotiques. Andréa, une institutrice, se joint à leur concile jouissif et morbide.

       

      "Lorsque Jean-Pierre Rassam propose à Ferreri, qui reste pourtant sur plusieurs échecs commerciaux, de lui produire un film en toute liberté, le cinéaste s'engouffre dans la brèche : sa liberté consiste en l'insolence suprême, faire éclater le corps par l'excès de la valeur symbolique traditionnelle de l'Occident, la nourriture. Symbole et tabou, mais aussi matérialité constante de la transgression : Ferreri n'a jamais fait film plus simple, plus proche des objets, des éléments, de la chair et des organes. C'est la clé de la réussite presque totale (seul moment plus faible : l'arrivée des victuailles) de La Grande Bouffe, sans doute l'un des grands films des années 70 : cet équilibre sans cesse maintenu, puis brutalement rompu lors de l'agonie des quatre bouffeurs, entre la concrétude de la matière et la spiritualité des mots. Car La Grande Bouffe, film simple et direct sur l'ingurgitation, est aussi un film philosophique sur la dégurgitation de la parole. Il se tient à égale distance de l'orgie purement hédoniste et du banquet platonicien.

      Et la nourriture est d'abord un vecteur de mots, avant d'être celui du plaisir puis de la mort. Ferreri construit clairement son film suivant le principe de la maïeutique classique : manger sert à mieux parler (de la nourriture, puis de la vie, enfin de l'histoire), et initie l'ensemble des convives au dialogue.

      La Grande Bouffe est un apprentissage, qui passe par la libre circulation des paroles accompagnant celle des aliments, de bouche en bouche, de corps en corps. Entouré et encouragé par Rafaël Azcona et Francis Blanche, Marco Ferreri se révèle ici (ou plutôt se confirme) comme l'un des maîtres du dialogue de cinéma. Mais les corps finissent par éclater, par se vider, par se geler, et les quatre agonies, conduites, comme orchestrées, par Andréa Ferreol, inscrivent sur l'écran un scandale qui n'est pas que verbal. C'est l'ensemble du corps social qui n'est plus que viscères, aliments, excréments, sang, organes, éparpillés, définitivement décomposés."

      Antoine de Baecque, Cahiers du Cinéma n°515, juillet-août 1997

      Hommage à Marco Ferreri, Villerupt octobre 1997

       

      Le 21 mai 197, le film, présenté en sélection officielle à Cannes, fit scandale. Depuis La Grande Bouffe est devenu un film culte.

    • Réalisation
      Marco Ferreri
    • Scenario
      Marco Ferreri, Rafaël Azcona, Francis Blanche
    • Image
      Mario Vulpiani
    • Montage
      Claudine Merlin
    • Musique
      Philippe Sarde
    • Producer (s)
      Vincent Malle, Alain Coiffier, Jean-Pierre Rassam, Edmondo Amati
    • Productions
      Mara Film, Capitolina Produzioni Cinematografiche, Films 66
    • Distribution France
      Connaissance du Cinéma
    • Interprètes
      Marcello Mastroianni, Michel Piccoli, Philippe Noiret, Ugo Tognazzi, Andréa Ferreol, Monique Chaumette, Michèle Alexandre, Maurice Dorléac, Eva Simonet, Solange Blondeau
    • Année
      1973
    • Durée
      2h 05
    • Pays de production
      France, Italie
    • Citation
      "Je lève mon verre, je ne sais pas à quoi, mais je le lève !"
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