Story of LE DÉLUGE
Gli ultimi giorni di Maria Antonietta
Nous sommes en 1792. La Révolution bat son plein et Louis XVI (Guillaume Canet) est chassé du trône et emprisonné, avec sa famille, au Temple en attendant son procès. Tandis que le roi, en accord avec sa personnalité apparemment joviale et douce, essaie de réconforter les siens et de conserver ses bonnes manières, Marie-Antoinette (Mélanie Laurent), lucide, est beaucoup moins enthousiaste quant à leur situation. Leurs enfants, Marie-Thérèse et Louis-Charles, sont encore trop jeunes pour mesurer la gravité de la situation, et leur éducation très religieuse, prodiguée par la sœur du roi, Elisabeth (Aurore Brutin), aide également, du moins dans une certaine mesure. Certains de leurs geôliers tâchent de rester civils mais d’autres, comme le capitaine (Hugo Dillon), sont plus vengeurs.
La famille royale se voit peu à peu dépouiller de tout ce à quoi ils étaient accoutumés dans leur vie luxueuse d'avant. D’abord, ils n’ont plus qu’un seul servant, le loyal Cléry (Fabrizio Rongione), à partir du journal duquel le film est censé avoir été réalisé. On leur enlève ensuite leurs biens, jusqu’à leurs livres, leurs plumes et leurs crayons. Enfin, on les sépare. Cependant, lors de leurs visites, étroitement surveillées, le couple royal discute de la situation, chacun de son propre point de vue, débattant leur relation ainsi que le destin qui les attend…
Marko Stojiljković, cineuropa, 8 août 2024
« Dès que l'on évoque Louis XVI et son épouse Marie-Antoinette, on pense immédiatement à la dentelle, aux hautes perruques, aux robes voyantes, aux couleurs, à Versailles ou... à la guillotine. Entre ces deux extrêmes, il y a un juste milieu, un temps que personne n'a jamais raconté : les quelques mois où le dernier roi et la dernière reine de France, avec leurs deux petits enfants, ont été emprisonnés dans un château sinistre aux portes de Paris, dans l'attente de leur exécution. Un temps court, condensé, où dans la violence et le harcèlement, tous les masques sont tombés : celui du roi et de la reine en tant que personnages publics et privés, celui de l'ancien régime, celui de l'Histoire qui a tourné la page une fois pour toutes, et celui de Dieu qui s'est désormais éclipsé dans l'ombre, laissant l'homme complètement seul.
Le Déluge est un film apocalyptique au sens le plus littéral du terme : celui du dévoilement. Il raconte la fin de cet absolutisme et de cette monarchie qui semblaient ne jamais devoir venir, mettant à nu deux des icônes les plus universelles de l'Histoire, pour la première fois devant le peuple, lui-même, et l'humanité.
Gianluca Jodice, filmitalia.org« L’italien Gianluca Jodice ressuscite les carnets de Cléry, le seul valet qui a été autorisé à veiller le roi jusque sa mort, dans un film aussi drôle que tourmenté. Le regard non francophone du réalisateur explique la vision très décalée sur cette période historique, avec un roi, bedonnant et optimiste, et une reine, obscure et malheureuse. Il ne faut certainement pas chercher dans cette fiction historique un semblant de véracité. L’important pour le réalisateur est de montrer la défection du pouvoir, dans ce qu’elle peut connaître de pire et de grotesque à la fois. Gianluca Jodice s’amuse à mettre en scène un roi joufflu qui, par bien des aspects, fait penser à la fameuse pièce d’Alfred Jarry, Ubu roi. L’homme est irresponsable, et en même temps sa naïveté le sauve des inquiétudes de sa mort certaine, là où Marie-Antoinette sombre dans un romantisme abscons, avec des pics d’humeur absolument déconcertants. Quand elle ne cède pas à des larmes de désarroi terribles, elle joue des menuets sur son pianoforte, lui rappelant sans doute ses heures de gloire à Versailles.
La critique caricature beaucoup ce film. Le grimage qui couvre le visage de Guillaume Canet, son air malheureux qui le fait ressembler par bien des aspects à un certain ex-président français, tout cela concourt pour le cinéaste à offrir au spectateur une farce sur la chute de la royauté française. En même temps, quand le réalisateur représente les tenants de la première Constitution, Mirabeau en tête, assis au milieu des dorures de la royauté, on ne peut que penser que la vanité, l’orgueil continueront longtemps de régner, au détriment du peuple qui a cherché à s’émanciper du dictat de la noblesse et de l’Église.
Bref, Jodice ne cherche pas à émouvoir ses spectateurs sur le sort réservé à la famille royale, mais à éveiller les consciences sur les risques du pouvoir, quel qu’il soit. [...]
Le Déluge est un film très original, qui assume les écarts avec la vraisemblance historique. Gianluca Jodice transforme ses personnages en des marionnettes déchues du pouvoir, au milieu d’une nouvelle forme de terreur, celle instaurée par la Convention nationale. Le film de Sofia Coppola avait fait de Marie-Antoinette un être glamour, épris de liberté à travers le luxe de Versailles, là où Jodice la dote d’une intelligence remarquable, face à un mari grassouillet et idiot.
Laurent Cambon, avoir-alire.com, 28 décembre 2024Titre italien : GLI ULTIMI GIORNI DI MARIA ANTONIETTA
- RéalisationGianluca Jodice
- ScénarioGianluca Jodice, Filippo Gravino
- ImageDaniele Ciprì
- MontageGiuseppe Trepiccione
- MusiqueFabio Massimo Capogrosso
- Producteur (s)Matteo Rovere, Andrea Paris, Marco Colombo, Paolo Del Brocco, Yann Zenou
- ProductionsAscent Film, Quad Films, Rai Cinema, Adler Entertainment, avec le soutien de Film Commission Torino Piemonte
- Distribution FranceMemento Distribution
- InterprètesMélanie Laurent, Guillaume Canet, Aurore Broutin, Hugo Dillon, Fabrizio Rongione, Tom Hudson, Roxane Duran, Anouk Darwin Homewood, Vidal Arzoni
- Année2024
- Durée101 min
- Pays de productionItalie, France
- Citation« Qu’arrivera-t-il demain ? – L’égalité. »

