PRIMAVERA

PRIMAVERA

VIVALDI ET MOI

Damiano Michieletto

    • À Venise, au début du XVIIIᵉ siècle, l’Ospedale della Pietà recueille des orphelines auxquelles il offre une éducation musicale d’exception. Parmi elles, Cecilia (Tecla Insolia), jeune virtuose du violon, joue pour subvenir aux besoins de l’institution sans jamais croire que la musique soit autre chose qu’un divertissement. L’arrivée d’un nouveau maître, Don Antonio – Antonio Vivaldi (Michele Riondino) – bouleverse son existence : il reconnaît en elle un talent singulier et lui confie le rôle de premier violon. Mais Cecilia reste prisonnière d’un destin contraint, partagée entre la pression de l’orphelinat qui exploite ses dons, un mariage arrangé qui menace de l’éloigner de son art et son désir profond de trouver sa propre voie. Entre la discipline rigoureuse des concerts et l’élan intime d’une liberté naissante, son parcours devient celui d’une quête d’identité, où la musique se révèle comme un espace de résistance et d’émancipation.

      « La protagoniste, c’est elle, pas lui : Cecilia, pas Vivaldi. Ce n’est absolument pas un biopic du compositeur, même si la dimension musicale est évidemment très présente. L’histoire du roman de Scarpa m’a fasciné, mais c’est une inspiration, pas un scénario. […] Le cinéma était ma passion de jeunesse. Arrivé à cinquante ans, sans que personne ne m’ait encore écarté, du moins pour l’instant, et après avoir réalisé Schicchi, qui fut une très belle expérience, j’ai eu envie de prendre une nouvelle bouffée d’air et de me mettre à l’épreuve. Un pur plaisir personnel. À mon âge, j’apprends encore des choses et il n’y a rien de plus beau selon moi. Et puis, le film est produit par Indigo et Warner Bros, ce n’est pas rien. Nous verrons bien comment cela se passera. En tout cas, moi, je me suis amusé. »
      Damiano Michieletto, propos recueillis par Alberto Mattioli, harpersbazaar.com, 17 septembre 2025

      Venise, 1716. Le récit d’émancipation d’une jeune violoniste d’exception cloîtrée dans un orphelinat raconté avec panache, au diapason de la musique du génie du baroque. Un régal pour les yeux et les oreilles.
      Grand metteur en scène d’opéra, à la Scala comme à la Fenice ou au Palais Garnier, Damiano Michieletto reste fidèle à la musique pour son premier long métrage, réalisé à 50 ans avec la fougue d’un jeune homme. Vivaldi et moi n’est pas — et c’est heureux — un biopic du compositeur des Quatre Saisons : l’élément le plus important du titre français (auquel on peut préférer l’italien original, et plus poétique, Primavera, « le printemps »), c’est le « moi ».
      Le film, à la direction artistique somptueuse, captive dans sa description des rituels attachés à ce lieu mystérieux, un peu refuge, beaucoup prison. Les jeunes filles de l’Ospedale della Pietà sont souvent invisibilisées, qu’elles doivent jouer de leurs instruments derrière une grille sur une plateforme dissimulée au regard du public, ou masquer leur visage pour aller se produire dans un palais en dehors de la ville.
      Derrière la création artistique, le réalisateur décrit en fait une forme particulièrement perverse de proxénétisme, fût-elle en version poudrée : le gouverneur de l’orphelinat tire l’essentiel de ses revenus des mariages arrangés des pensionnaires à des vieux veufs qui se soucient davantage de chair fraîche que de trilles ou de doubles croches. Cruel paradoxe, c’est au sein de cet environnement sordide que Vivaldi a composé ses plus belles partitions. Car la musique, avec ses splendeurs baroques, reste ici une source d’énergie vitale. Et la voie de l’émancipation pour Cecilia que l’étonnante Tecla Insolia incarne comme si elle était une militante antipatriarcat d’aujourd’hui en mission dans le Settecento.
      Samuel Douhaire, télérama.fr, 28 avril 2026

    • Réalisation
      Damiano Michieletto
    • Scénario
      Ludovica Rampoldi, Damiano Michieletto, d’après le roman Stabat Mater de Tiziano Scarpa
    • Image
      Daria D'Antonio
    • Montage
      Walter Fasano
    • Musique
      Fabio Massimo Capogrosso
    • Producteur (s)
      Nicola Giuliano, Francesca Cima, Carlotta Calori, Kim De Simone, Marc Missonier, Viola Prestieri, Carlos Prada
    • Productions
      Indigo Film, Warner Bros. Entertainment Italia, Moana Films, Paradis City Sales, avec la contribution du Ministero della Cultura, avec le soutien de Regione Lazio et de Regione del Veneto Commission
    • Distribution France
      Diapahna Distribution
    • Interprètes
      Tecla Insolia, Michele Riondino, Andrea Pennacchi, Fabrizia Sacchi, Valentina Bellè, Stefano Accorsi
    • Année
      2025
    • Durée
      110min
    • Pays de production
      Italie, France
    • Citation
      « La musique ne sert à rien mais elle peut tout faire. »
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