Tarente, 1997 – Caterino Lamanna (Michele Riondino) est un ouvrier, simplet et rustre, de l’Ilva, la plus grande aciérie d’Europe. Alors que l’usine vient d’enregistrer un énième mort au travail, Giancarlo Basile (Elio Germano), chef du personnel sournois, lui demande d’épier ses collègues et de lui rapporter les rumeurs qui circulent. En échange, Caterino se voit offrir quelques avantages et obtient son transfert à la Palazzina LAF, secteur qu’il pense être réservé à des privilégiés. En réalité, la Palazzina LAF est un bâtiment de l’usine dans laquelle la direction a relégué des employés qualifiés et les a privés de leur activité professionnelle dans le but de les contraindre psychologiquement à démissionner ou à accepter une rétrogradation. Lorsque les confinés de la LAF se soulèvent contre cette humiliation, Caterino, au lieu de les soutenir, se range du côté de leurs bourreaux.
« L’histoire de la Palazzina LAF est l’histoire d’un des "camps de confinement" les plus infâmes du système industriel italien. C’est l’histoire d’une affaire judiciaire qui a fait jurisprudence dans le droit du travail. 79 travailleurs hautement qualifiés contraints de passer des journées entières dans ce qu’ils ont eux-mêmes appelé devant le tribunal "une espèce d’asile". […] Ce film est une sorte de fresque sociale ; il ne cherche pas à raconter ce qui se passe à Tarente de nos jours, mais ce que nous vivons aujourd'hui est certainement le résultat du désintérêt de ceux qui, en 1995, ont sacrifié une ville entière sur l'autel de leur propre capital. »
Michele Riondino, Dossier de presse« L’histoire de la Palazzina Laf est un des cas les plus célèbres et référencés de harcèlement psychologique dans les entreprises. Le comédien Michele Riondino, originaire de Tarente, en fait le sujet de sa première réalisation. Palazzina Laf, situé en 1997, l’époque des faits, est une œuvre aux forts accents d’engagement citoyen qui se rapprochent du cinéma d’Elio Petri, perpétuellement en équilibre entre drame, surréalisme et grotesque. […]
Riondino maitrise bien le développement du récit, porté par un excellent casting, particulièrement par Elio Germano qui incarne le petit chef corrupteur qui veut se faire bien voir de la haute direction de l'entreprise. Riondino interprète un individu de la même espèce, un défenseur du capital, convaincu qu'il peut obtenir des avantages personnels en tant qu'informateur au détriment de ses "pairs". Et ce qui est intéressant, c'est que, contrairement à d'autres histoires similaires, où le personnage "négatif", l'infiltré, finit par "s'amender", Riondino n’offre aucune compensation morale à son personnage, bien au contraire.
Une fresque remarquable, donc, également bien portée par la musique de Teho Teardo et enrichie par la belle chanson de Diodato, La mia terra, au générique de fin. »
Valerio Sammarco, cinematografo.it, 21 octobre 2023
- RéalisationMichele Riondino
- ScénarioMichele Riondino, Maurizio Braucci, d’après le livre enquête Fumo sulla città d’Alessandro Leogrande
- ImageClaudio Cofrancesco
- MontageJulien Panzarasa
- MusiqueTeho Teardo
- Producteur (s)Carlo Degli Esposti, Nicola Serra
- ProductionsPalomar, Bravo, BIM Produzione, Paprika Films, Rai Cinema, avec la contribution du Ministero della Cultura
- Vente à l’étrangerRai Cinema International Distribution
- InterprètesMichele Riondino, Elio Germano, Vanessa Scalera, Domenico Fortunato, Gianni D'Addario, Michele Sinisi, Fulvio Pepe, Marina Limosani, Eva Cela, Anna Ferruzzo, Paolo Pierobon
- Année2023
- Durée99 min
- Pays de productionItalie, France
- Citation« Mais vous ne vous demandez jamais pourquoi près de la plus grande aciérie d’Europe, il n’y a même pas une fabrique de fourchettes ? J’ai l’impression que toute la richesse va ailleurs. À nous, il ne reste que la ferraille »

