Story of DIECI INVERNI
Durant l'hiver de l'année 1999. Un vaporetto traverse la lagune de Venise. Camilla (Isabella Ragonese), une jeune fille de dix-huit ans, réservée, à peine arrivée de son village pour étudier la littérature russe, remarque Silvestro (Michele Riondino) dans la foule. Lui aussi, à peine arrivé dans la ville, porte une valise. Leurs regards commencent à se croiser : elle est timide, il est plus effronté. Silvestro a le même âge que Camilla, mais beaucoup de choses les séparent. Il cache son inexpérience derrière une arrogance naïve. Et quand le bateau arrive à destination, il décide de suivre la jeune fille dans la brume d'une île de la lagune... Commence ainsi une histoire longue de dix ans, et à laquelle le spectateur va assister, de Venise à Moscou en de nombreux aller-retour, et de nombreuses péripéties…
C'est une série de rendez-vous manqués (très bel épisode russe), de saynètes qui fragmentent le discours amoureux... Ou plutôt son absence : Camilla et Silvestro parviennent rarement à mettre des mots sur leur trouble réciproque - différence essentielle avec Barthes et Marivaux. Ou s'ils parlent, c'est à contretemps.
Ils auraient pu grandir ensemble, mais voilà qu'ils commencent à vieillir séparément, se faneraient presque d'être l'un sans l'autre. C'est toute la réussite du cinéaste : savoir montrer par petites touches, sans lourde démonstration, que l'étiolement de Camilla est dû au manque de Silvestro. Ce mode mineur fait merveille, de même que la justesse de deux jeunes comédiens, Isabella Ragonese et Michele Riondino, qui n'en font jamais trop. L'universalité de la situation et la musique de la langue italienne font le reste...
Aurélien FERENCZI, Télérama, 15 février 2012
- DIECI INVERNI
DIX HIVERS À VENISEHiver 1999. Un vaporetto traverse la lagune de Venise. Camilla (Isabella Ragonese), une jeune fille de dix-huit ans, réservée, qui vient d'arriver de la campagne pour étudier la littérature russe, remarque un garçon dans la foule. Lui aussi porte une valise, lui aussi vient d'arriver. Les deux commencent à se regarder : elle est timide, lui plus effronté. Silvestro (Michele Riondino) a le même âge que Camilla, mais contrairement à elle, il cache son inexpérience derrière une bravade naïve. Et lorsque le vaporetto accoste, il décide de suivre la jeune fille dans les ruelles brumeuses d'une île de la lagune... C'est ainsi que commence une aventure de dix ans qui mènera les deux jeunes gens de la Venise quotidienne des étudiants à la frénésie aliénante de Moscou, avec ses théâtres et ses immenses rues encombrées. Camilla et Silvestro vivront d'autres histoires d'amour, s'écriront, seront colocataires dans la même petite maison sur la lagune, invités à un mariage dans la campagne russe, puis à nouveau passants distraits dans le marché bondé du Rialto. Ils seront tour à tour ennemis, amis, connaissances, amoureux, proches ou distants.
Dieci inverni est une histoire d'amour, ou plutôt le prologue d'une histoire d'amour. Un prologue qui s'étend sur dix ans, raconté par tableaux : chaque hiver est une fenêtre ouverte sur la vie de deux personnes qui ne se perdent jamais complètement de vue et qui grandissent, marquées par le difficile et magnifique passage à l'âge adulte.C'est une série de rendez-vous manqués (très bel épisode russe), de saynètes qui fragmentent le discours amoureux... Ou plutôt son absence : Camilla et Silvestro parviennent rarement à mettre des mots sur leur trouble réciproque - différence essentielle avec Barthes et Marivaux. Ou s'ils parlent, c'est à contretemps.
Ils auraient pu grandir ensemble, mais voilà qu'ils commencent à vieillir séparément, se faneraient presque d'être l'un sans l'autre. C'est toute la réussite du cinéaste : savoir montrer par petites touches, sans lourde démonstration, que l'étiolement de Camilla est dû au manque de Silvestro. Ce mode mineur fait merveille, de même que la justesse de deux jeunes comédiens, Isabella Ragonese et Michele Riondino, qui n'en font jamais trop. L'universalité de la situation et la musique de la langue italienne font le reste...
Aurélien FERENCZI, Télérama, 15 février 2012
- RéalisationValerio Mieli
- ScénarioDavide Lantieri, Valerio Mieli, Isabella Aguilar, supervisé par Federica Pontremoli, Alexander Lebedev
- ImageMarco Onorato
- MontageLuigi Mearelli
- MusiqueFrancesco De Luca, Alessandro Forti
- ProductionsCentro Sperimentale di Cinematografia, Rai Cinema, UFC United Film Company (Moscou) avec la contribution du MiBAC
- InterprètesIsabella Ragonese, Michele Riondino, Glen Blackhall, Vinicio Capossela, Liuba Zaizeva, Sergei Zhigunov
- Année2009
- Durée1h 39
- Pays de productionItalie, Russie
- CitationChère Camilla, tu as l’honneur de lire le premier e-mail de ma vie.

