Un père et sa fille. Tout commence par un conte, celui de Pinocchio, dans un beau livre dont certaines illustrations effraient la petite Francesca (Anna Mangiocavallo), qui s’exprime sur l’histoire, sur les images. Et son papa l’écoute. Car nous sommes à la fin des années 1960 et Luigi Comencini (Fabrizio Gifuni) est en train de préparer son Pinocchio. Francesca l’accompagne sur le tournage, découvre la magie du cinéma, parfois crée du désordre. Moment enchanté qui ne dure qu’un temps. Francesca (Romana Maggiora Vergano) grandit dans l’Italie des années 1970, lorsque la jeunesse a soif d’expériences nouvelles et se met parfois en danger. Francesca se drogue et son père, pour la protéger, l’emmène à Paris où ils séjournent un temps. Pour eux deux, seuls dans la ville, c’est un grand moment de dialogue, de réflexion sur le cinéma et la vie. Pour Francesca, une leçon de vie et de cinéma.
« Après tant d’années passées à faire le même travail que lui en essayant d’être différente, j’ai voulu raconter comment tout ce que je suis je le lui dois. J’ai voulu rendre hommage à mon père, à sa conception du cinéma et sa mise en pratique, à sa façon d’être, à l’importance que son œuvre et son engagement ont eu pour le cinéma italien et à l’importance qu’en tant que personne il a eu pour moi. Peut-être, me suis-je dit, peut-être que maintenant que je suis assez âgée j’en suis capable, peut-être maintenant vais-je être à la hauteur de ce récit. Peut-être que maintenant le moment est arrivé de lui dire merci. »
Francesca Comencini, Dossier de presse« Dans l'un des films les plus excitants de ce début d'année, Francesca Comencini fait le récit, redessiné par le travail de la mémoire, de la relation avec son père, l'immense Luigi Comencini. Cette démarche unique en son genre donne naissance à un film ample, où l'intime et l'Histoire se mêlent, où la précision documentaire cohabite avec l'onirisme, où l'amour le plus singulier atteint à l'universel. »
positif n°768, février 2025« Quand Francesca réalise son premier film, "sur mes années compliquées", dit-elle, son père sourit : "J’ai tourné quarante films sans jamais parler de moi-même, et tu as le courage de faire ton premier film sur ta vie". Nous la voyons ici à Venise en 1984, recevoir le Prix De Sica de la Mostra. Quarante ans après ce premier film, intitulé Pianoforte, Francesca est revenue sur ses souvenirs mais surtout, elle a définitivement fait sa paix avec l’homme devant lequel elle ne se sentait jamais à la hauteur, avec lequel elle était incapable de communiquer, un père qui lui parlait de vocation quand elle avait peur d’échouer, mais qui va ensuite réveiller en elle la passion du cinéma. Francesca a tourné cette histoire en excluant de sa représentation cinématographique toute autre membre (ni sa mère, ni ses sœurs n’apparaissent dans le film) et d’une certaine manière, en décrivant aussi le passage de témoin d’un cinéma né du néoréalisme à un cinéma-miroir générationnel. »
Camillo De Marco, cineuropa.org, 6 septembre 2024
- RéalisationFrancesca Comencini
- ScénarioFrancesca Comencini
- ImageLuca Bigazzi
- MontageFrancesca Calvelli, Stefano Mariotti
- MusiqueFabio Massimo Capogrosso
- Producteur (s)Simone Gattoni, Marco Bellocchio, Beppe Caschetto, Bruno Benetti
- ProductionsKavac Film, Rai Cinema, Les Films du Worso, IBC Movie, One Art, avec la contribution du Ministero della Cultura, le soutien de Lazio Film Commission et d’Eurimages
- Distribution FrancePyramide
- InterprètesFabrizio Gifuni, Romana Maggiora Vergano, Anna Mangiocavallo, Luca Donini, Daniele Monterosi, Lallo Circosta, Luca Massaro, Giuseppe Lo Piccolo, Luigi Bindi, Laura Borrelli, Paolo Mannozzi, Gianfranco Gallo, Massimiliano Di Vincenzo, Massimo Cimaglia, Paolo Serra, Aphrodite De Lorraine, Marco Belocchi, Leonardo Giuliani
- Année2024
- Durée110 min
- Pays de productionItalie, France
- Citation« Je ne te laisse pas toute seule. Je ne te quitte plus maintenant. »

