1934. Lors du voyage qui l’amène à Stockholm, où il va recevoir le prix Nobel de littérature, Luigi Pirandello (Fabrizio Bentivoglio), symbole d’un renouveau théâtral qui dépasse les frontières italiennes, replonge dans les souvenirs marquants de sa vie. Les images laissent place au visage d’Antonietta (Valeria Bruni Tedeschi), la femme qu’il a aimé et épousé et qui termine sa vie isolée à cause de ses problèmes psychiatriques. Puis, à ceux de ses enfants, écrasés par le génie paternel. Loin de sa famille, il se consacre à son travail, qui lui vaut un rapprochement dangereux avec les cadres du parti fasciste, et qui génère des pièces avant-gardistes incomprises par la bourgeoisie provinciale de son époque. Son amour impossible pour sa muse Marta Abba (Federica Luna Vincenti), puis ses voyages en Europe, lui permettent de respirer un air nouveau : ainsi, il laisse éclore ses chefs-d’œuvre, loin des tourments du quotidien de sa Sicile natale.
« Ce film arrive à un moment propice de ma maturité humaine et artistique. À mon examen d’entrée de l’Académie d’art dramatique de Rome, j’ai choisi, conseillé par mon père, de présenter un texte de Pirandello. Mais le destin a voulu que mon père meure : il ne m’a jamais vu jouer. Cette absence a été comblée par Pirandello-même, que j’ai souvent interprété et mis en scène, avec plus de 500 représentations. Je ne pensais pas devenir réalisateur : ce n’est qu’à 45 ans que j’ai débuté ma nouvelle carrière, avec des films importants comme Romanzo Criminale, primé à plusieurs reprises. Il y a 7 ans, j’ai senti que j’étais prêt à raconter Pirandello. Il faut avoir vécu pour le comprendre. Je dois admettre que la Sicile, terre d’écrivains prix Nobel comme Pirandello et Quasimodo, m’a beaucoup apporté. »
Michele Placido,
propos recueillis par Antonella Soccio, ledicola.it, 14 novembre 2024.« Le film de Placido offre une description complète des luttes intimes et des triomphes professionnels du dramaturge, rendant Pirandello accessible même à ceux qui ne connaissent pas son œuvre, une approche qui renforce l’attrait international du film. D’une durée de 112 minutes, Eterno visionario condense la vie de l’écrivain en un récit dynamique et non linéaire entre 1920 et 1936 qui se déroule dans divers lieux, Rome, Stockholm, la Sicile, Milan et Berlin, et aborde brièvement un épisode de la carrière cinématographique naissante du protagoniste. »
Martin Kudlač, cineuropa.org, 26 octobre 2024
- RéalisationMichele Placido
- ScénarioMichele Placido, Matteo Collura, Toni Trupia, librement adapté du livre de Matteo Collura Il gioco delle parti. Vita straordinaria di Luigi Pirandello
- ImageMichele D'Attanasio
- MontageConsuelo Catucci
- MusiqueOragravity, Umberto Iervolino, Federica Luna Vincenti
- Producteur (s)Federica Vincenti, Joseph Rouschop
- ProductionsGoldenart, GapBusters, Rai Cinema, avec la contribution du Ministero della Cultura, et le soutien de la Sicilia Film Commission
- Vente à l’étrangerPulsar Content
- InterprètesFabrizio Bentivoglio, Valeria Bruni Tedeschi, Federica Luna Vincenti, Giancarlo Commare, Aurora Giovinazzo, Michelangelo Placido, Mino Mani, Michele Placido, Ute Lemper, Anna Gargano, Marcello Mazzarella
- Année2024
- Durée112 min
- Pays de productionItalie, Belgique
- Citation« Nous sommes très éloignés de nos désirs, surtout quand nous avons l’illusion de posséder l’objet désiré. »

