Andrea Spezzacatena (Samuele Carrino) est un adolescent sans histoire, particulièrement doué pour le chant. Au cours des répétitions de sa chorale, où il se rend avec son nouvel ami Christian (Andrea Arru), il est choisi pour participer à un concert qui sera donné en présence du Pape. Christian, jaloux, décide de s’éloigner de lui. Le chant laisse place au drame car les parents d’Andrea (Claudia Pandolfi, Corrado Fortuna) décident de se séparer : cette situation trouble l’adolescent, qui profite de l’appui de Christian, apparemment revenu à de meilleurs sentiments. Mais son ami est en réalité rongé par les tourments de la jalousie et il multiplie les coups bas pour miner la confiance d’Andrea. Ce dernier cumule les problèmes et les humiliations qui transformant son quotidien dramatique en tragédie moderne.
« Ce projet m’a été soumis par mon agent sous la forme d’une ébauche de scénario. Dès la première lecture, j’ai su que ce film était fait pour moi. Le défi a été de le réaliser rapidement car les producteurs souhaitaient qu’il sorte à la rentrée scolaire. J’ai accepté car je suis à l’aise avec les récits de formation, de quête identitaire. Je suis membre de la communauté LGBTQ+ et ce sont thèmes qui me touchent profondément. Le film évite toute forme de manichéisme ou de discours moralisateur : même l’harceleur n’est pas réduit à un simple méchant. Nous avons tenté de travailler en profondeur la narration afin de transposer une histoire qui se veut authentique. »
Margherita Ferri, propos recueillis par Silvia Santachiara, aboutbologna.it, 14 novembre 2024« Ce film de Margherita Ferri, sur le premier adolescent italien mort par suicide pour cause de cyber harcèlement, est riche en nuances et nous rappelle que ce danger est plus que jamais d'actualité.
C’est entre l’authenticité du rapport du personnage avec son amie Sara et la tension d'une menace imminente personnifiée par ce camarade capable de changer de visage d’un moment à l’autre que nous est raconté le quotidien d’Andrea, aux prises avec la séparation de ses parents et le délicat passage à la première année de lycée. Le film, plein de lumière malgré tout et riche en nuances, a été tiré du livre que Teresa, la mère d’Andrea, a écrit après la mort de son fils (Andrea oltre il pantalone rosa, litt. "Andrea au-delà du pantalon rose"), quand elle a décidé de transformer la tragédie qui a frappé sa famille en un avertissement pour tous, pour que certains signes puissent être reconnus et que d'autres ne tombent pas dans les mêmes pièges. Teresa n'a compris ce qui se passait qu'après la tragédie, quand elle a découvert une page sur Facebook intitulée, justement, "Le garçon au pantalon rose", dont l'objectif était de se moquer d’Andrea pour la simple raison qu'il aimait porter un pantalon qui, de rouge, était devenu rose à cause d’un lavage en machine. Et à cet âge-là, c'est bien connu, "si tu as le sentiment d'être un perdant, tu penses que ce sera pour toujours". Ce film peut aider les jeunes à comprendre qu'il n'en est pas ainsi. »
Vittoria Scarpa, cineuropa.org, 29 octobre 2024
- RéalisationMargherita Ferri
- ScénarioRoberto Proia
- ImageMartina Cocco
- MontageMauro Rossi
- MusiqueFrancesco Cerasi, Sonia Ammar
- Producteur (s)Roberto Proia
- ProductionsEagle Pictures, Weekend Films, avec la contribution du Ministero della Cultura
- Vente à l’étrangerPiper Film
- InterprètesClaudia Pandolfi, Samuele Carrino, Corrado Fortuna, Andrea Arru, Sara Ciocca, Milvia Marigliano
- Année2024
- Durée114 min
- Pays de productionItalie
- Citation« Les mots sont comme des pots de fleurs qui tombent d’un balcon : si tu as de la chance, tu peux les éviter, mais si ta réaction est lente, ils sont mortels. »
