ANIMA PERSA

ANIMA PERSA

ÂMES PERDUES

Dino Risi

Story of ANIMA PERSA
ANIMA PERSA ÂMES PERDUES Le jeune Tino (Danilo Mattei) arrive à Venise où il doit suivre les cours d’une école d’art et vient habiter chez son oncle, Fabio Stoltz (Vittorio Gassman) un ingénieur sévère et autoritaire qui humilie constamment sa femme Elisa (Catherine Deneuve), soumise et obéissante comme une enfant. Très vite Tino réalise qu’il y a quelque chose d’inquiétant dans ce grand palais ancien : la relation distante entre l’oncle et sa femme, des bruits étranges et angoissants qui proviennent de l’étage supérieur mais que personne ne veut expliquer. Après qu’il a beaucoup insisté, Elisa, fragile et inquiète, lui révèle que dans la mansarde est enfermé Berth, le frère de Fabio, qui a perdu la raison de désespoir. Il se sent coupable de la fin tragique de Beba, la fille d’Elisa, morte longtemps auparavant, à l’âge de dix ans. Tino n’arrive pas à voir cet homme, jusqu’au jour où il se décide à ouvrir la porte de la pièce secrète et où il fait une découverte terrifiante et poignante qui le bouleverse. Le film est adapté d’un roman de Giovanni Arpino, Une âme perdue. L’intrigue tient à la fois du thriller psychologique et du film d’horreur. Vittorio Gassman est magistral dans le double rôle de l’oncle, glacial et despotique, et de son frère fou. Fabrizio Corallo, réalisateur Rétrospective Dino Risi – Villerupt, octobre 2021   « Parfum de femme et Âmes perdues représentent le tournant que j’aurais dû prendre il y a bien des années et que je n’ai jamais pris. […] Si le succès m’a un peu coupé les ailes dans le passé, il m’a actuellement donné le droit de faire le cinéma auquel j’ai au fond toujours aspiré. J’ai opté pour un nouveau style parce que je sens également que la comédie italienne, dont je suis l’un des "coupables", a fait son temps, elle commence à lasser. Je ne veux pas dire par là que c’en est fini de la comédie : je dis qu’elle a vieilli, comme ont vieilli les auteurs, ceux de ma génération, qui l’ont créée. […] À l’époque, nous avons mis en scène la comédie du boom, de la société du bien-être, dans laquelle le public retrouvait plus ou moins son image. De nos jours, il faudrait inventer la comédie italienne du malaise... Plus que plaisanter avec la mort, je la présente. […] Je crois que la pensée de la mort devrait être omniprésente, et il est bon qu’on l’introduise aussi dans la comédie, car dans la tragédie elle est souveraine maîtresse. La présence de la mort nous permet d’aimer davantage la vie. » Dino Risi, propos recueillis par Aldo Tassone, Le cinéma italien parle, Aldo Tassone, Edilig, 1982
    • ANIMA PERSA
      ÂMES PERDUES

      Le jeune Tino (Danilo Mattei) arrive à Venise où il doit suivre les cours d’une école d’art et vient habiter chez son oncle, Fabio Stoltz (Vittorio Gassman) un ingénieur sévère et autoritaire qui humilie constamment sa femme Elisa (Catherine Deneuve), soumise et obéissante comme une enfant. Très vite Tino réalise qu’il y a quelque chose d’inquiétant dans ce grand palais ancien : la relation distante entre l’oncle et sa femme, des bruits étranges et angoissants qui proviennent de l’étage supérieur mais que personne ne veut expliquer. Après qu’il a beaucoup insisté, Elisa, fragile et inquiète, lui révèle que dans la mansarde est enfermé Berth, le frère de Fabio, qui a perdu la raison de désespoir. Il se sent coupable de la fin tragique de Beba, la fille d’Elisa, morte longtemps auparavant, à l’âge de dix ans. Tino n’arrive pas à voir cet homme, jusqu’au jour où il se décide à ouvrir la porte de la pièce secrète et où il fait une découverte terrifiante et poignante qui le bouleverse.
      Le film est adapté d’un roman de Giovanni Arpino, Une âme perdue. L’intrigue tient à la fois du thriller psychologique et du film d’horreur. Vittorio Gassman est magistral dans le double rôle de l’oncle, glacial et despotique, et de son frère fou.
      Fabrizio Corallo, réalisateur
      Rétrospective Dino Risi – Villerupt, octobre 2021

      « Parfum de femme et Âmes perdues représentent le tournant que j’aurais dû prendre il y a bien des années et que je n’ai jamais pris. […] Si le succès m’a un peu coupé les ailes dans le passé, il m’a actuellement donné le droit de faire le cinéma auquel j’ai au fond toujours aspiré.
      J’ai opté pour un nouveau style parce que je sens également que la comédie italienne, dont je suis l’un des "coupables", a fait son temps, elle commence à lasser. Je ne veux pas dire par là que c’en est fini de la comédie : je dis qu’elle a vieilli, comme ont vieilli les auteurs, ceux de ma génération, qui l’ont créée. […] À l’époque, nous avons mis en scène la comédie du boom, de la société du bien-être, dans laquelle le public retrouvait plus ou moins son image. De nos jours, il faudrait inventer la comédie italienne du malaise...
      Plus que plaisanter avec la mort, je la présente. […] Je crois que la pensée de la mort devrait être omniprésente, et il est bon qu’on l’introduise aussi dans la comédie, car dans la tragédie elle est souveraine maîtresse. La présence de la mort nous permet d’aimer davantage la vie. »
      Dino Risi, propos recueillis par Aldo Tassone,
      Le cinéma italien parle, Aldo Tassone, Edilig, 1982

      « La première chose qui frappe, en voyant Âmes perdues, est son atmosphère mortifère, sorte de transposition vénitienne des romans gothiques britanniques du XIXème siècle, avec ces grandes demeures bourgeoises cachant des secrets inavoués, ces escaliers grinçants menant vers des chambres interdites (on peut penser à Jane Eyre de Charlotte Brontë ou à Uncle Silas de Sheridan Le Fanu)… L’hiver remplit les salons de froid et de silence, tandis que l’éclat des palais est atténué par une lumière grise et voilée.
      Il faut ainsi reconnaître à Dino Risi l’inspiration fulgurante qui l’a vu transposer l’action du roman de Giovanni Arpino de Turin (ville qui a beaucoup changé dans le deuxième tiers du vingtième siècle) à Venise, filmée sans aucun de ses habituels attraits "touristiques" mais dont une autre photogénie, lugubre, poétique et presque surnaturelle, émerge alors - dans la continuité par exemple du travail de Nicolas Roeg dans Ne vous retournez pas, en 1973.
      Venise est un décor miraculeux et aberrant à la fois, et les films qui sont parvenus à la filmer en ce sens se sont immédiatement gorgés d’un effet spécial comme il en existe peu : les contre-visites guidées offertes par Fabio constituent des moments fondamentaux du film, avec ces façades grisâtres aux terrifiants secrets, ces eaux saumâtres sans fond, ces asiles posés dans la lagune et ces terrasses de café désenchantées, dans un petit matin hiémal sans perspective…
      Faisant ainsi de son décor un personnage central du film, Dino Risi prend le parti-pris du vide et du dépouillement, en extérieur (a-t-on déjà vu si peu de touristes dans les rues de la Cité ?) comme en intérieur, optant régulièrement pour des cadres larges qui perdent les protagonistes au milieu de gigantesques salons. Dans un entretien accordé à Lorenzo Codelli en mars 1977 pour la revue Positif (n°207, juin 1978), Dino Risi l’affirme : le film est autant une "mort à Venise" qu’une "mort de Venise" ».
      Antoine Royer, dvdclassik.com, 27 novembre 2019

    • Réalisation
      Dino Risi
    • Scénario
      Dino Risi, Bernardino Zapponi, d’après le roman Un anima persa de Giovanni Arpino
    • Image
      Tonino Delli Colli
    • Montage
      Alberto Gallitti
    • Musique
      Francis Lai
    • Producteur (s)
      Pio Angeletti, Adriano De Micheli
    • Productions
      Dean Film, Les Productions Fox Europa
    • Vente à l’étranger
      Film Export Group
    • Interprètes
      Vittorio Gassman, Catherine Deneuve, Danilo Mattei, Anicée Alvina, Gino Cavalieri, Ester Carloni, Michele Capnist
    • Année
      1977
    • Durée
      102 min
    • Pays de production
      Italie, France
    • Citation
      « Parfois, j’aimerais vivre dans un rébus. Mais, n’est-ce pas déjà le cas ? Ne vivons-nous pas tous dans un rébus ? »
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