BELLISSIMA

BELLISSIMA

0h 1min
2021
Story of BELLISSIMA
BELLISSIMA

Apprenant, par la radio, l'existence d'un concours pour désigner "La più bella bambina di Roma" organisé par la compagnie cinématogra­phique Bellissima, Maddalena décide d'y présenter sa fille de six ans, Maria, qui, ainsi, pourrait réaliser son vieux rêve : échapper à la pau­vreté et devenir une star. Nous suivrons les tentatives dérisoires pour transformer Maria, une enfant sans grâce, qui plus est, affligée d'un zozotement ridicule en une Shirley Temple italienne. Parallèlement, Maddalena découvre l'envers du décor de Cinecittà : l'usine à rêves se révèle aussi médiocre que les borgates de notre héroïne, peuplée de parasites, qui trouvent en Maddalena une victime de choix.

Le metteur en scène lui-même, joué par Allessandro Blasetti est prêt à infliger toutes les humiliations pour réussir son film. S'il choisit finale­ment Maria, ce n'est pas pour son charme, elle en est totalement dépourvue ainsi que le souligne ironiquement la musique (Quanto è bella, quanto è cara, air extrait de l'opéra de Donizetti, l'élixir d'amour) mais au contraire pour son ridicule : la projection de son bout d'essai déclenche une hilarité générale, les larmes de la fillette ouvre les yeux de Maddalena témoin de la scène. La révolte de Maddalena, son refus de la compromission préfigure l'attitude des héros viscontiens ultérieurs.

Mais, Bellissima est le seul film où ce refus débouche sur une con­clusion optimiste puisque en renonçant à l'illusion du cinéma, elle retrouvera l'amour de son mari.

Après plusieurs scénarios qui ne pourront être tournés, Visconti accepte l'offre du producteur de La terre tremble, Salvo d'Angelo qui lui propose un sujet de Zavattini avec Anna Magnani en vedette. Mais il modifie le personnage central, à l'origine une mère bourgeoise, en femme du peuple ce qui lui permet de renforcer le contraste entre l'uni­vers frustre du prolétariat romain et celui de Cinecittà, symbole de la réussite sociale. L'histoire est volontairement dépouillée.

Suso Cecchi d'Amico, scénariste de Luchino Visconti : Le premier film qu'on a réalisé ensemble, c'était Bellissima avec la Magnani. C'était une espèce de dette que Visconti avait envers elle, car elle aurait dû être l'interprète de Ossessione, mais elle était enceinte et n'avait pas pu. Elle était d'ailleurs très fâchée que Luchino n'ait pas reporté le film, mais le tournage avait déjà commencé quand on a appris qu'elle était enceinte de quatre ou cinq mois et c'était alors vraiment impossible. Avec son caractère, Anna pensait qu'on pouvait arrêter Ossessione et attendre que l'enfant naisse, alors Visconti lui promit qu'il ferait un film avec elle, et ce fut Bellissima.

Texte et entretien dans "Luchino Visconti cinéaste" de Alain Sanzio et Paul-Louis Thirard

 

Anna Magnani est née à Alexandrie en 1908, d'une mère italienne et d'un père d'origine égyptienne. Dès l'âge de 5 ans, elle suit des cours de comédie à Rome. Elle débute au cinéma en 1934, De Sica lui offre son premier grand rôle en 1941 dans Teresa Venerdi et en 1945, Rome ville ouverte la consacre vedette internationale. À sa mort, en 1973, le peuple romain, bouleversé, lui a rendu un vibrant et gigantesque hommage.

    • BELLISSIMA

      Apprenant, par la radio, l'existence d'un concours pour désigner "La più bella bambina di Roma" organisé par la compagnie cinématogra­phique Bellissima, Maddalena décide d'y présenter sa fille de six ans, Maria, qui, ainsi, pourrait réaliser son vieux rêve : échapper à la pau­vreté et devenir une star. Nous suivrons les tentatives dérisoires pour transformer Maria, une enfant sans grâce, qui plus est, affligée d'un zozotement ridicule en une Shirley Temple italienne. Parallèlement, Maddalena découvre l'envers du décor de Cinecittà : l'usine à rêves se révèle aussi médiocre que les borgates de notre héroïne, peuplée de parasites, qui trouvent en Maddalena une victime de choix.

      Le metteur en scène lui-même, joué par Allessandro Blasetti est prêt à infliger toutes les humiliations pour réussir son film. S'il choisit finale­ment Maria, ce n'est pas pour son charme, elle en est totalement dépourvue ainsi que le souligne ironiquement la musique (Quanto è bella, quanto è cara, air extrait de l'opéra de Donizetti, l'élixir d'amour) mais au contraire pour son ridicule : la projection de son bout d'essai déclenche une hilarité générale, les larmes de la fillette ouvre les yeux de Maddalena témoin de la scène. La révolte de Maddalena, son refus de la compromission préfigure l'attitude des héros viscontiens ultérieurs.

      Mais, Bellissima est le seul film où ce refus débouche sur une con­clusion optimiste puisque en renonçant à l'illusion du cinéma, elle retrouvera l'amour de son mari.

      Après plusieurs scénarios qui ne pourront être tournés, Visconti accepte l'offre du producteur de La terre tremble, Salvo d'Angelo qui lui propose un sujet de Zavattini avec Anna Magnani en vedette. Mais il modifie le personnage central, à l'origine une mère bourgeoise, en femme du peuple ce qui lui permet de renforcer le contraste entre l'uni­vers frustre du prolétariat romain et celui de Cinecittà, symbole de la réussite sociale. L'histoire est volontairement dépouillée.

      Suso Cecchi d'Amico, scénariste de Luchino Visconti : Le premier film qu'on a réalisé ensemble, c'était Bellissima avec la Magnani. C'était une espèce de dette que Visconti avait envers elle, car elle aurait dû être l'interprète de Ossessione, mais elle était enceinte et n'avait pas pu. Elle était d'ailleurs très fâchée que Luchino n'ait pas reporté le film, mais le tournage avait déjà commencé quand on a appris qu'elle était enceinte de quatre ou cinq mois et c'était alors vraiment impossible. Avec son caractère, Anna pensait qu'on pouvait arrêter Ossessione et attendre que l'enfant naisse, alors Visconti lui promit qu'il ferait un film avec elle, et ce fut Bellissima.

      Texte et entretien dans "Luchino Visconti cinéaste" de Alain Sanzio et Paul-Louis Thirard

       

      Anna Magnani est née à Alexandrie en 1908, d'une mère italienne et d'un père d'origine égyptienne. Dès l'âge de 5 ans, elle suit des cours de comédie à Rome. Elle débute au cinéma en 1934, De Sica lui offre son premier grand rôle en 1941 dans Teresa Venerdi et en 1945, Rome ville ouverte la consacre vedette internationale. À sa mort, en 1973, le peuple romain, bouleversé, lui a rendu un vibrant et gigantesque hommage.

    • Réalisation
      Luchino Visconti
    • Scénario
      Cesare Zavattini, Suso Cecchi d'Amico, Francesco Rosi, Luchino Visconti
    • Image
      Piero Portalupi, Paul Ronald
    • Montage
      Gianni Polidori
    • Musique
      Franco Mannino, d'après des thèmes de L'Élixir d'amour de Donizetti
    • Producteur (s)
      Salvo d'Angelo
    • Productions
      CEI Incom, Production Film Bellissima
    • Interprètes
      Anna Magnani, Walter Chiari, Tina Apicella, Alessandro Blasetti, Gastone Renzelli
    • Année
      1951
    • Durée
      1h 55
    • Pays de production
      Italie
    Movie, TV Show, Filmmakers and Film Studio WordPress Theme.

    Press Enter / Return to begin your search or hit ESC to close

    En vous inscrivant, vous acceptez nos Conditions générales d’utilisation et notre Politique de confidentialité .

    Les nouvelles adhésions ne sont pas autorisées.

    Festival du Film Italien de Villerupt

    Festival du Film Italien de Villerupt
    6 rue Clemenceau
    54190 Villerupt


    +33 (0)3 82 89 40 22
    organisation@festival-villerupt.com

    ©2021 Festival du Film Italien de Villerupt - Tous droits réservés - Réalisation Agacom