DILLINGER EST MORT

DILLINGER È MORTO

0h 1min
1970
Story of DILLINGER È MORTO
DILLINGER È MORTO DILLINGER EST MORT

Tournant capital dans l'œuvre de Ferreri, Dillinger est mort règle son compte avec le néo-réalisme (auquel on avait apparenté ses premières œuvres). Zavattini rêvait d'un film montrant en continu quatre-vingt-dix minutes de la vie d'un homme à qui il n'arriverait rien, et Bazin se passionna pour la longue séquence du lever de la bonne dans Umberto D, de De Sica, décrivant minutieusement chaque geste dans sa durée. Jusqu'au meurtre de l'épouse de Glauco, nous avons le sentiment de suivre dans sa durée réelle la soirée de Glauco (Michel Piccoli). Mais le résultat est inverse.

L'humanisme zavattinien, et plus encore bazinien, supputait que cette épreuve de la durée rapprocherait le spectateur de la réalité. Ici, c'est le contraire qui se produit. Les gestes de Glauco ont perdu la fonction sociale et vitale de ceux de la servante d'Umberto. Glauco n'agit que par désœuvrement. La nourriture ne manque pas (Dillinger pose les bases de l'équation nourriture/sexe/mort qui régira La Grande Bouffe). Glauco la jette et passe plus de temps à la cuisiner qu'à la déguster.

Tous les éléments de la société de consommation sont au rendez-vous, mais on chercherait en vain un début de "critique". Celle qu'énonce le collègue du début tombe dans le vide. Les liens qui unissaient Glauco moins à la société qu'à l'univers, aux objets, corps, images, sons, éléments organiques, se distendent jusqu'à se rompre. Glauco ne se libère pas d'une quelconque aliénation capitaliste, comme le père de Théorème, de Pasolini (lui aussi de 1968). Il ne reproduit pas plus l'attitude de Dillinger tentant de reprendre à la société ce qu'elle lui a volé par neuf années de prison injustifiées. Sur un voilier digne de celui du Pirate noir (Fairbanks), il amorce la mutation vers une civilisation et un homme nouveaux, et s'enfonce dans l'utopie du soleil rouge de Tahiti.

Joël Magny, Cahiers du cinéma n°515, juillet-août 1997

Hommage à Marco Ferreri, Villerupt octobre 1997
    • DILLINGER È MORTO

      DILLINGER EST MORT

      Tournant capital dans l'œuvre de Ferreri, Dillinger est mort règle son compte avec le néo-réalisme (auquel on avait apparenté ses premières œuvres). Zavattini rêvait d'un film montrant en continu quatre-vingt-dix minutes de la vie d'un homme à qui il n'arriverait rien, et Bazin se passionna pour la longue séquence du lever de la bonne dans Umberto D, de De Sica, décrivant minutieusement chaque geste dans sa durée. Jusqu'au meurtre de l'épouse de Glauco, nous avons le sentiment de suivre dans sa durée réelle la soirée de Glauco (Michel Piccoli). Mais le résultat est inverse.

      L'humanisme zavattinien, et plus encore bazinien, supputait que cette épreuve de la durée rapprocherait le spectateur de la réalité. Ici, c'est le contraire qui se produit. Les gestes de Glauco ont perdu la fonction sociale et vitale de ceux de la servante d'Umberto. Glauco n'agit que par désœuvrement. La nourriture ne manque pas (Dillinger pose les bases de l'équation nourriture/sexe/mort qui régira La Grande Bouffe). Glauco la jette et passe plus de temps à la cuisiner qu'à la déguster.

      Tous les éléments de la société de consommation sont au rendez-vous, mais on chercherait en vain un début de "critique". Celle qu'énonce le collègue du début tombe dans le vide. Les liens qui unissaient Glauco moins à la société qu'à l'univers, aux objets, corps, images, sons, éléments organiques, se distendent jusqu'à se rompre. Glauco ne se libère pas d'une quelconque aliénation capitaliste, comme le père de Théorème, de Pasolini (lui aussi de 1968). Il ne reproduit pas plus l'attitude de Dillinger tentant de reprendre à la société ce qu'elle lui a volé par neuf années de prison injustifiées. Sur un voilier digne de celui du Pirate noir (Fairbanks), il amorce la mutation vers une civilisation et un homme nouveaux, et s'enfonce dans l'utopie du soleil rouge de Tahiti.

      Joël Magny, Cahiers du cinéma n°515, juillet-août 1997

      Hommage à Marco Ferreri, Villerupt octobre 1997

    • Réalisation
      Marco Ferreri
    • Scenario
      Marco Ferreri, Sergio Bazzini
    • Image
      Mario Vulpiani
    • Montage
      Mirella Mencio
    • Musique
      Téo Usuelli
    • Producer (s)
      Alfred Levy, Ever Haggiag
    • Productions
      Pegaso Film
    • Interprètes
      Michel Piccoli, Anita Pallenberg, Mario Jannilli, Annie Girardot, Gino Lavagetto, Carole André, Carla Petrillo, Adriano Aprà
    • Année
      1970
    • Durée
      1h 35
    • Pays de production
      Italie
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