DUSE

DUSE

Eleonora Duse

Pietro Marcello

2h 3min
2026
    • Eleonora Duse, la Divina, (Valeria Bruni Tedeschi) est une légende vivante du théâtre. Aussi, pendant la Grande Guerre se déplace-t-elle au front pour apporter son soutien aux combattants. Mais la véritable vedette dans cet emploi, c’est Gabriele D’Annunzio (Fausto Russo Alesi), le poète-soldat, et il lui fait de l’ombre. Entre eux, l’auteur et l’interprète, la relation est depuis longtemps complexe, émaillée de succès et de conflits. Lorsque la guerre se termine, l’activité théâtrale reprend dans un contexte turbulent où tout ce qui fut semble destiné à disparaître. Eleonora Duse fait le choix de la modernité, mais c’est l’échec. Faut-il retourner vers D’Annunzio ? Ses finances l’exigeraient. Mussolini (Vincenzo Pirrotta) vient à son secours, lui assurant une pension à vie. Le Duce veut reconstruire l’Italie et aimerait que la Divina, dont l’âge et la santé défaillante n’entament pas l’aura, contribue à cette tâche. Eleonora sent qu’autour d’elle tout se délite et elle ne dispose que de son art et de sa ténacité pour résister. Pendant ce temps, le train couvert de fleurs qui conduit à Rome la dépouille du Soldat inconnu parcourt l’Italie entre deux ailes de foules émues.

      « Dans ma carrière de cinéaste, j'ai toujours ressenti une double tension : d'une part, je considère le documentaire comme l'outil le plus efficace pour restituer le temps présent ; d'autre part, lorsque je choisis la fiction, je le fais pour raconter des histoires qui appartiennent à des époques lointaines ou à des mondes imaginaires. Lorsque j'ai découvert le personnage d'Eleonora Duse, il m'a semblé naturel de choisir la fiction pour le raconter : qui était-elle vraiment ? Comment était-elle sur scène ? Nous n'avons aucun enregistrement de sa voix, juste quelques photos et un seul film. Duse est devenue pour moi un personnage mythique, insaisissable. […]
      Nous avons fait le choix de nous concentrer sur les dernières années de sa vie, entre 1917 et 1923. Ça s’est fait tout naturellement. À cette époque, Eleonora fait le bilan de sa vie : avec l'art, avec son corps, avec sa fille, avec D'Annunzio, avec l'histoire de l'Italie. La rencontre entre Eleonora Duse et l’Histoire avec un grand H m'offrait entre autres la possibilité d'explorer certains thèmes qui me touchent : d'une part, le rôle de l'artiste face à des tragédies telles que la guerre, la pauvreté et la douleur, et d'autre part, les déclinaisons possibles de la relation entre l'art et le pouvoir. Nous ne voulions pas raconter qui était Eleonora Duse, mais restituer son âme, à un moment de transition, où l'énergie de la jeunesse cède la place à la force obstinée de la maturité. Une femme marquée, mais toujours animée par une impulsion profonde. Même dans la douleur, dans l'art, dans la vie. »
      Pietro Marcello, Dossier de presse

      « À la Mostra, Valeria Bruni Tedeschi formidable en Eleonora Duse, mythe du théâtre italien.
      Dans ce portrait poétique, Pietro Marcello se concentre sur la fin de la vie de l’artiste, rongée par la tuberculose. Et questionne subtilement son rapport au monde.
      Eleonora Duse (1858-1924), interprétée par Valeria Bruni Tedeschi et mythe méconnu en France, c’est la Sarah Bernhardt italienne. Une immense comédienne de théâtre, surnommée "la Divina" ou, tout simplement, "Duse". À propos de Sarah Bernhardt (Noémie Lvovsky), celle-ci a droit à une scène, savoureuse. Un soir, la féministe dreyfusarde vient en personne voir son amie et rivale jouer sur une grande scène. Et ne mâche pas ses mots, ensuite, pour dire tout le mal qu’elle pense de la pièce et de ses partenaires de jeu, en incitant la star transalpine à exercer son talent dans un théâtre moins poussiéreux, en un mot, moderne.
      Duse s’est en effet fourvoyée, parfois, a connu des succès mémorables comme des échecs cuisants. Le portrait qu’en fait Pietro Marcello n’a rien d’hagiographique, malgré l’engouement certain qu’il porte à son héroïne. Il a choisi de la montrer dans les dernières années de sa vie, ruinée, quand la tuberculose, qu’elle dissimule comme elle peut, la ronge de plus en plus. Ces épreuves ne l’empêchent pas de s’accrocher à la vie et de se vouer corps et âme à sa vocation de comédienne. Vocation absolue, fiévreuse, aveuglante — dans un mélange de naïveté et de vanité autocentrée, elle accepte l’aide de Mussolini sans saisir l’instrumentalisation. Compatissante auprès des soldats meurtris, terriblement cruelle avec sa fille (Noémie Merlant), elle est un paradoxe vivant.
      La boucherie de 1914-1918, la montée du fascisme, son amour avec l’écrivain Gabriele d’Annunzio, autre grande figure pleine de contradictions, sont évoqués. Comme dans Martin Eden, Pietro Marcello interroge finement les rapports de l’artiste avec le pouvoir et le monde alentour. Et ponctue là encore son récit de magnifiques trésors d’archives, comme ces images impressionnantes de funérailles nationales, où l’on voit un train recouvert de fleurs traverser ville et champs devant une population qui s’agenouille.
      Le Sarah Bernhardt, la Divine, de Guillaume Nicloux, était pétillant, vif. Eleonora Duse est plus lyrique et poétique. Il offre un écrin idéal à Valéria Bruni Tedeschi, formidable, élégante et ravagée, ardente, toujours. »
      Jacques Morice, telerama.fr, 4 septembre 2025

    • Réalisation
      Pietro Marcello
    • Scénario
      Letizia Russo, Guido Silei, Pietro Marcello
    • Image
      Marco Graziaplena
    • Montage
      Fabrizio Federico, Cristiano Travaglioli
    • Musique
      Marco Messina, Sacha Ricci, Fabrizio Elvetico
    • Producteur (s)
      Carlo Degli Esposti, Nicola Serra, Marco Grifoni, Benedetta Cappon
    • Productions
      Palomar, Avventurosa, Ad Vitam, Berta Film, Rai Cinema, Piperfilm, avec la contribution du Ministero della Cultura, de Coesione Italia 21-27, d’Europa Creativa Media, de Regione Lazio, et le soutien de Veneto Fim Commission
    • Distribution France
      Ad Vitam
    • Interprètes
      Valeria Bruni Tedeschi, Fanni Wrochna, Noémie Merlant, Fausto Russo Alesi, Edoardo Sorgente Vincenzo Nemolato, Gaja Masciale, Vincenza Modica, Mimmo Borrelli, Savino Paparella, Vincenzo Pirrotta, Federico Pacifici, Marcello Mazzarella, Noémie Lvovsky, Giordano Bruno Guerri, Alessio Gorius, Dafne Broglia
    • Année
      2025
    • Durée
      123 min
    • Pays de production
      France/Italie
    • Citation
      « Le spectacle doit continuer. Quoi qu’il en coûte. »
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