È STATO IL FIGLIO

È STATO IL FIGLIO

MON PÈRE VA ME TUER

Dìaniele Ciprì

0h 1min
2021
Story of È STATO IL FIGLIO
È STATO IL FIGLIO MON PÈRE VA ME TUER

Busu (Alfredo Castro) tue le temps dans un bureau de poste. Il rompt sa solitude en racontant des histoires aux gens qui attendent. Le bruit d’une collision lui rappelle celle de la famille Ciraulo, une histoire sinistre de violence et de mort dans un quartier populaire de Palerme pendant les années 1970 à cause d’une éraflure sur une carrosserie.

Nicola (Toni Servillo), le père, est ferrailleur. Il travaille en compagnie de son fils Tancredi (Fabrizio Falco), un garçon timide, un bon à rien selon lui. Pas comme son neveu Masino (Piero Misuraca), un petit caïd qui sait se faire respecter. C’est lui qui était la cible des tueurs maladroits qui l’ont manqué mais ont abattu Serenella, la fille cadette et bien-aimée de Nicola Ciraulo. L’immense douleur est vite adoucie par la perspective des 220 millions de lires que l’État va leur verser selon les termes de la loi d’aide aux familles des victimes de la mafia. La famille Ciraulo a l’impression d’avoir gagné le gros lot ! Mais que faire de tout cet argent qui par ailleurs tarde à venir ? Loedana (GiseldaVolodi) voudrait une nouvelle cuisine, Tancredi un nouveau téléviseur, mais Nicola décide de s’acheter une Mercedes au volant de laquelle il parade dans le quartier. Un soir Masino convainc Tancredi de subtiliser les clés pour aller faire une virée en ville, et là l’irréparable arrive, une éraflure. Lorsque le lendemain Nicola s’en aperçoit, le drame éclate. Il serait irrémédiable sans le bon sens de Nonna Rosa (Aurora Quattrocchi).

 

Tout l'art de Servillo et Ciprì est de laisser subsister en ce personnage de Nicola Ciraulo une minuscule étincelle d'humanité qui empêche qu'on le prenne à la légère. Ce n'est pas un de ces monstres à la Dino Risi, que l'on montrait au peuple pour lui donner bonne conscience. C'est le représentant légitime de ce peuple que Ciprì présente à l'écran.

Plus le film avance vers son inexorable conclusion (annoncée dès le prologue), plus le ciel de Palerme se plombe. Le décor de la cité de logements sociaux où vivent les Ciraulo ressemble de plus en plus à un pénitencier où les détenus n'auraient pas commis d'autre crime que d'être pauvres. Un peu à notre insu, la colère de Cipri nous a guidés de l'amusement sceptique que provoque la farce à l'indignation que suscite la tragédie.

Thomas SOTINEL, Le Monde, 1erjanvier 2013

 
 
    • È STATO IL FIGLIO

      MON PÈRE VA ME TUER

      Busu (Alfredo Castro) tue le temps dans un bureau de poste. Il rompt sa solitude en racontant des histoires aux gens qui attendent. Le bruit d’une collision lui rappelle celle de la famille Ciraulo, une histoire sinistre de violence et de mort dans un quartier populaire de Palerme pendant les années 1970 à cause d’une éraflure sur une carrosserie.
      Nicola (Toni Servillo), le père, est ferrailleur. Il travaille en compagnie de son fils Tancredi (Fabrizio Falco), un garçon timide, un bon à rien selon lui. Pas comme son neveu Masino (Piero Misuraca), un petit caïd qui sait se faire respecter. C’est lui qui était la cible des tueurs maladroits qui l’ont manqué mais ont abattu Serenella, la fille cadette et bien-aimée de Nicola Ciraulo. L’immense douleur est vite adoucie par la perspective des 220 millions de lires que l’État va leur verser selon les termes de la loi d’aide aux familles des victimes de la mafia. La famille Ciraulo a l’impression d’avoir gagné le gros lot ! Mais que faire de tout cet argent qui par ailleurs tarde à venir ? Loedana (GiseldaVolodi) voudrait une nouvelle cuisine, Tancredi un nouveau téléviseur, mais Nicola décide de s’acheter une Mercedes au volant de laquelle il parade dans le quartier. Un soir Masino convainc Tancredi de subtiliser les clés pour aller faire une virée en ville, et là l’irréparable arrive, une éraflure. Lorsque le lendemain Nicola s’en aperçoit, le drame éclate. Il serait irrémédiable sans le bon sens de Nonna Rosa (Aurora Quattrocchi).
       

      Tout l'art de Servillo et Ciprì est de laisser subsister en ce personnage de Nicola Ciraulo une minuscule étincelle d'humanité qui empêche qu'on le prenne à la légère. Ce n'est pas un de ces monstres à la Dino Risi, que l'on montrait au peuple pour lui donner bonne conscience. C'est le représentant légitime de ce peuple que Ciprì présente à l'écran.
      Plus le film avance vers son inexorable conclusion (annoncée dès le prologue), plus le ciel de Palerme se plombe. Le décor de la cité de logements sociaux où vivent les Ciraulo ressemble de plus en plus à un pénitencier où les détenus n'auraient pas commis d'autre crime que d'être pauvres. Un peu à notre insu, la colère de Cipri nous a guidés de l'amusement sceptique que provoque la farce à l'indignation que suscite la tragédie.

      Thomas SOTINEL, Le Monde, 1erjanvier 2013

       

    • Réalisation
      Daniele Ciprì
    • Scénario
      Daniele Ciprì, Massimo Gaudioso, d’après le roman de Roberto Alajmo
    • Image
      Daniele Ciprì
    • Montage
      Francesca Calvelli
    • Musique
      Carlo Crivelli
    • Producteur (s)
      Alessandra Acciai, Giorgio Magliulo, Carlo Degli Esposti, Fabio Conversi
    • Productions
      Passione S.r.l., Rai Cinema, Palomar S.p.A., Babe Films, avec la contribution du MiBAC et le soutien d'Apulia Film Commission
    • Distribution France
      Bellissima Films
    • Interprètes
      Toni Servillo, Giselda Volodi, Alfredo Castro, Aurora Quattrocchi, Fabrizio Falco, Benedetto Raneli, Giacomo Civiletti, Piero Misuraca, Manuela Lo Sicco, Alessia Zammitti, Matteo Rizzo, Pier Giorgio Bellocchio
    • Année
      2012
    • Durée
      1h 30
    • Pays de production
      Italien, France
    • Format
      VOST
    • Citation
      Je connaissais un homme qui, pour une éraflure sur une voiture, a tué son père
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