Story of I PUGNI IN TASCA
Dans une grande demeure bourgeoise de l’Apennin émilien près de Plaisance, une famille, où fermentent les tares congénitales, vit renfermée sur elle-même. Alessandro (Lou Castel), un adolescent doué d’une grande vitalité, souffre d’épilepsie tout comme son frère cadet, Leone (Pierluigi Troglio), débile et ignoré de tous. Giulia (Paola Pitagora), sa sœur, est une frustrée possessive. Sa mère (Liliana Geraci) est aveugle, au physique comme au moral. Seul Augusto (Marino Masé), le frère aîné, semble normal. Il vit à la ville et, en l’absence du père décédé, il tient le rôle de chef de famille et entretient toute la famille. Augusto a tout ce qu’Alessandro, le velléitaire, voudrait avoir : un emploi stable, une petite amie, de l’argent. Peu à peu, Alessandro conçoit un projet hallucinant, logique et fou : éliminer les membres inutiles de la famille. Il pousse sa mère dans un précipice. Il avoue son crime à Giulia afin de susciter admiration et connivence. Puis il noie Leone dans la baignoire. Sa sœur découvre avec effroi la véritable nature du projet d’Alessandro et prend peur. Au moment où il s’apprête à l’étouffer, Alessandro meurt d’une violente crise d’épilepsie.
Marco Bellocchio réussit le tour de force de choisir pour un premier film un sujet des plus risqués et de le traiter avec un sens aigu du "dosage" évitant sans coup férir tous les pièges du mélodrame. […] Son film est une étonnante réussite où la direction d’acteurs n’a d’égale que la précision d’une mise en scène élégante et toujours efficace. Bellocchio à travers son personnage d’épileptique peint la révolte de l’adolescent incapable de s’intégrer à la société, captif volontaire, l’oisiveté inerte où elle se complaît, Les poings dans les poches, entretient les projets les plus fous. Le portrait psychologique s’accompagne d’une critique sociale aigue. Il montre cette charge contre la "famille" italienne. La froideur de Bellocchio, son humour noir, ajoutent à la force d’une œuvre où l’épilepsie n’est qu’un prétexte à fuir un réel fort peu accueillant.
Michel Ciment, Image et son n° 190-191, La saison cinématographique
I PUGNI IN TASCA
LES POINGS DANS LES POCHESDans une grande demeure bourgeoise de l’Apennin émilien près de Plaisance, une famille, où fermentent les tares congénitales, vit renfermée sur elle-même. Alessandro (Lou Castel), un adolescent doué d’une grande vitalité, souffre d’épilepsie tout comme son frère cadet, Leone (Pierluigi Troglio), débile et ignoré de tous. Giulia (Paola Pitagora), sa sœur, est une frustrée possessive. Sa mère (Liliana Gerace) est aveugle, au physique comme au moral. Seul Augusto (Marino Masè), le frère aîné, semble normal. Il vit à la ville et, en l’absence du père décédé, il tient le rôle de chef de famille et entretient toute la famille. Augusto a tout ce qu’Alessandro, le velléitaire, voudrait avoir : un emploi stable, une petite amie, de l’argent. Peu à peu, Alessandro conçoit un projet hallucinant, logique et fou : éliminer les membres inutiles de la famille. Il pousse sa mère dans un précipice. Il avoue son crime à Giulia afin de susciter admiration et connivence. Puis il noie Leone dans la baignoire. Sa sœur découvre avec effroi la véritable nature du projet d’Alessandro et prend peur. Au moment où il s’apprête à l’étouffer, Alessandro meurt d’une violente crise d’épilepsie.
« À l'époque, j'ai voulu faire un film pour voir si le métier de cinéaste était un choix de vie possible pour moi, une voie à emprunter. Au milieu des années 60, j'étais comme beaucoup d'autres, un jeune homme révolté. J'ai étudié le cinéma à Rome, au Centro Sperimentale di Cinematografia, puis à Londres, à la Slade School of Fine Art, parce que l'Italie me paraissait désespérément provinciale. À Londres, j'ai compris que réaliser un film serait pour moi la meilleure manière de me définir. Des images ont surgi, des bribes d'histoire qui reflétaient ma vie, ma culture d'alors, et mes lectures surtout. À l'époque, je considérais la littérature comme supérieure au cinéma : Dostoïevski par exemple, mais aussi Céline. Et aux grands romanciers italiens que je connaissais assez peu, je préférais les poètes: Dante, Leopardi, l’Arioste. Mais il a fallu dès lors, et de façon concrète, penser un projet cinématographique autonome, c'est-à-dire sans producteur ou distributeur pour le financer.
C'est de tous ces éléments qu'est né Les Poings dans les poches : en Angleterre, j'ai commencé à écrire une histoire de famille. Une histoire étroitement liée, non pas à ma vie, mais à mon éducation. Par la suite, j'ai décidé de produire le film moi-même, en tournant dans la maison de ma mère, à Bobbio, dans la province de Piacenza en Italie. »
Marco Bellocchio, Dossier de presse, Ad Vitam 2016« Marco Bellocchio réussit le tour de force de choisir pour un premier film un sujet des plus risqués et de le traiter avec un sens aigu du "dosage" évitant sans coup férir tous les pièges du mélodrame. […] Son film est une étonnante réussite où la direction d’acteurs n’a d’égale que la précision d’une mise en scène élégante et toujours efficace. Bellocchio à travers son personnage d’épileptique peint la révolte de l’adolescent incapable de s’intégrer à la société, captif volontaire, l’oisiveté inerte où elle se complaît, Les poings dans les poches, entretient les projets les plus fous. Le portrait psychologique s’accompagne d’une critique sociale aigue. Il montre cette charge contre la "famille" italienne. La froideur de Bellocchio, son humour noir, ajoutent à la force d’une œuvre où l’épilepsie n’est qu’un prétexte à fuir un réel fort peu accueillant.»
Michel Ciment, Image et son n° 190-191, La saison cinématographique
- RéalisationMarco Bellocchio
- ScénarioMarco Bellocchio
- ImageAlberto Marrama
- MontageSilvano Agosti sous le pseudonyme d’Aurelio Mangiarotti
- MusiqueEnnio Morricone
- Producteur (s)Enzo Doria
- ProductionsDoria Cinematografica
- Distribution FranceAd Vitam
- InterprètesLou Castel, Paola Pitagora, Marino Masè, Liliana Gerace, Pier Luigi Troglio, Jennie MacNeil, Irene Agnelli, Celestina Bellocchio, Stefania Troglio, Gianni Schicchi, Alfredo Filipazzi, Sandra Bergamini
- Année1965
- Durée1h 47
- Pays de productionItalie
- FormatVOST
- CitationDans le tournant, je les envoie tous dans le ravin

