IL REGISTA DI MATRIMONI

IL REGISTA DI MATRIMONI

LE METTEUR EN SCÈNE DE MARIAGES

Marco Bellocchio

1h 40min
2026
Story of IL REGISTA DI MATRIMONI
IL REGISTA DI MATRIMONI LE METTEUR EN SCÈNE DE MARIAGES Franco Elica, un cinéaste de renom, assiste au mariage de sa fille qui épouse dans les formes requises un catholique bon teint. Ce mariage qui se fait heurte ses convictions laïques autant que l'histoire qu'il doit tourner du mariage qui ne doit pas se faire, heurte ses convictions artistiques. Il est en effet engagé dans la réalisation d'une énième version des Fiancés de Manzoni, l'histoire de deux paysans dont un hobereau tyrannique tente d'empêcher l'union. Il fait passer des auditions pour trouver la comédienne qui incarnera Lucia, le premier rôle féminin, et une comédienne l'accuse d'avoir abusé d'elle. Franco plaque tout et fuit en Sicile où il espère trouver sa sérénité. Sur une plage, il est reconnu par un photographe local qui réalise des reportages filmés de mariages. Il l'invite chez lui, cherchant à se faire aider dans ses réalisations par le maestro. Il faut en effet qu'il se surpasse pour être en mesure de réaliser le film du mariage de Bona, la fille du Prince Gravina di Palagonia, un aristocrate déchu, un personnage du temps passé. Un homme richissime de Palerme l'épousera sans dot. Finalement, la réalisation du film échoit à Franco qui rencontre la belle promise et ils tombent éperdument amoureux l'un de l'autre. Franco entend empêcher cette pantalonnade du mariage arrangé destiné à sauver de la ruine le patrimoine familial.   "Dans cette apologie de l'artiste, idiot dostoïevskien 'qui voit ce que le commun des mortels ne voit pas', Marco Bellocchio déplore l'évolution sociale et idéologique de son pays. Effervescent dans les années 1970, le cinéma italien est plombé dans la résignation, incapable d'insolence. Même réputés, les metteurs en scène en sont réduits à faire des films d'amateurs, métaphore de la dégradation. Oubliant la fièvre de libération d'antan, les femmes y acceptent une reddition sans condition à leur conjoint, héritant des croyances religieuses de leurs ancêtres. Bellocchio reste fidèle à son inspiration. On retrouve là intacte le thème d'Au nom du père (1971), où l'artiste optait pour un théâtre progressiste et démystificateur afin de combattre la tradition des rapports pères-fils et prêtres-élèves. Et, en une sorte de décalque, celui du Sourire de ma mère (2002), où un peintre se révoltait contre le procès en canonisation de sa mère et le retour d'une dévotion à l'Eglise, tout en tombant amoureux d'une jeune femme qui, passant du complot des soutanes à l'audace des impulsions, pouvait incarner un espoir de résistance aux endoctrinements. La maîtrise de celui qui reste l'un des grands d'Europe n'est plus à prouver. Bellocchio déplore la conversion de son art aux vieilles recettes ('ce sont les morts qui gouvernent'), en mêlant couleurs et noir et blanc, cadres somptueux et images DV ou pellicules de caméras de surveillance, plans dignes de Visconti (le palais sicilien aux grandes salles vides hantées par des chiens molosses) et gestes troublants d'une princesse à la sexualité réprimée." Jean-Luc DOUIN, Le Monde, 22 08 2007
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      IL REGISTA DI MATRIMONI
      LE METTEUR EN SCÈNE DE MARIAGES

      Franco Elica (Sergio Castellitto), un cinéaste de renom, assiste au mariage de sa fille qui épouse dans les formes requises un catholique bon teint. Ce mariage heurte ses convictions laïques autant que l'histoire qu'il doit tourner du mariage heurte ses convictions artistiques. Se sentant dans l'impossibilité de continuer à tourner des films engagés, Franco a accepté de réaliser une énième version des Fiancés de Manzoni, l'histoire de deux paysans dont un hobereau tyrannique tente d'empêcher l'union. Lors des auditions pour attribuer le premier rôle féminin, une comédienne l'accuse d'avoir abusé d'elle. Franco plaque tout et s’enfuit en Sicile où il espère trouver un peu de sérénité. Sur une plage, il est reconnu par un photographe local (Bruno Cariello) qui réalise des reportages filmés de mariages. Ce dernier compte sur l’aide du maestro pour tourner le film du mariage de Bona (Donatella Finocchiaro), la fille du Prince Gravina di Palagonia (Samy Frey), un aristocrate cultivé mais ruiné qui a arrangé ce mariage pour renflouer le patrimoine familial. Franco fait également la connaissance d’un réalisateur (Gianni Cavina) qui se fait passer pour mort afin de bénéficier de la renommée qu'il n'a pas eue auparavant. Finalement, la mise en scène du film du mariage échoit à Franco. Lorsqu’il rencontre la belle promise il tombe instantanément amoureux et décide de sauver Bona de ce mariage de raison...

      « Pour moi, un film naît d'une image. Et c'est d'ailleurs sur une image fortuite sur la plage de Scilla en Calabre que Il regista di matrimoni est né : un couple de jeunes mariés filmé par un réalisateur de mariages… Assis sur le sable (exactement comme le héros du film), j’observais non sans stupeur l’obéissance avec laquelle les deux jeunes gens effectuaient tout ce que leur disait de faire le réalisateur. […] La vie, heureusement faite aussi de refus, de désobéissance, de rébellion à l’ordre établi, semblait pour eux déjà toute tracée, comme si le double "oui" devant le prêtre ou devant un représentant de l’État civil, avait été une capitulation définitive, comme si, avec le mariage, ils étaient entrés dans le monde obéissant et rationnel de leurs pères, des pères de leurs pères qui s’étaient mariés avant eux. »
      Marco Bellocchio

      « L’image que donne de lui, durant la première partie du film, son protagoniste principal, est celle d’un homme à la fois fatigué et irascible, lassé du conformisme des temps, de la situation pathétique du cinéma italien. Bellocchio s'amuse d'ailleurs à brocarder celui-ci dans une séquence hilarante au cours de laquelle Elica rencontre un confrère qui fait croire à sa mort pour obtenir enfin les David di Donatello l'équivalent des César en France). Mais s’imaginer que le nouveau film de Marco Bellocchio se complairait dans la satire misanthrope des travers de l’époque serait parfaitement inexact. La brusque irruption d’un romantisme enfoui sous la forme du coup de foudre du héros insiste bien ce sur quoi, désormais et depuis plusieurs films, s’est construite la saine colère du cinéaste : une vitalité réjouissante.
      En restant fidèle à son goût pour un jeu de massacre qui prend pour cible les vieilles institutions (le mariage en prend évidemment pour son grade), l’auteur des Poings dans les poches est arrivé à un point de sérénité rageuse que représente parfaitement Il regista di matrimoni. »
      Jean-François Rauger, Le Monde, 21 mai 2006

      « Dans cette apologie de l'artiste, idiot dostoïevskien 'qui voit ce que le commun des mortels ne voit pas', Marco Bellocchio déplore l'évolution sociale et idéologique de son pays. Effervescent dans les années 1970, le cinéma italien est plombé dans la résignation, incapable d'insolence. Même réputés, les metteurs en scène en sont réduits à faire des films d'amateurs, métaphore de la dégradation. Oubliant la fièvre de libération d'antan, les femmes y acceptent une reddition sans condition à leur conjoint, héritant des croyances religieuses de leurs ancêtres.
      Bellocchio reste fidèle à son inspiration. On retrouve là intacte le thème d'Au nom du père (1971), où l'artiste optait pour un théâtre progressiste et démystificateur afin de combattre la tradition des rapports pères-fils et prêtres-élèves. Et, en une sorte de décalque, celui du Sourire de ma mère (2002), où un peintre se révoltait contre le procès en canonisation de sa mère et le retour d'une dévotion à l'Eglise, tout en tombant amoureux d'une jeune femme qui, passant du complot des soutanes à l'audace des impulsions, pouvait incarner un espoir de résistance aux endoctrinements.
      La maîtrise de celui qui reste l'un des grands d'Europe n'est plus à prouver. Bellocchio déplore la conversion de son art aux vieilles recettes ("ce sont les morts qui gouvernent"), en mêlant couleurs et noir et blanc, cadres somptueux et images DV ou pellicules de caméras de surveillance, plans dignes de Visconti (le palais sicilien aux grandes salles vides hantées par des chiens molosses) et gestes troublants d'une princesse à la sexualité réprimée. »

      Jean-Luc Douin, Le Monde, 22 août 2007

      « Bellocchio n’est plus le jeune intellectuel enragé qui exterminait une famille entière dès son premier film, Les Poings dans les poches, et pilonnait l’armée, l’école ou l’Église dans des films-brûlots. Mais la saine colère du cinéaste à l’encontre des grandes structures aliénantes est toujours là, et s’exprime désormais par l’humour, la poésie, et surtout un formidable désir, moteur véritable de la révolte dionysiaque du héros de Bellocchio – personnage éteint soudain rallumé par la beauté et l’ardeur de la jeune princesse et qui va peu à peu retrouver la jouissance dans l’amour, et vice versa. On a entendu dire que l’Italie avait cessé de penser le jour de la mort de Pasolini, et ce n’est pas tout à fait vrai : un cinéaste comme Bellocchio est encore là pour empêcher de filmer en rond, pour extirper d’un pays en crise des histoires morales et vivantes plutôt que des sujets de lamentations. »
      Olivier Père, Les Inrockuptibles, 21 août 2007

    • Réalisation
      Marco Bellocchio
    • Scénario
      Marco Bellocchio
    • Image
      Pasquale Mari
    • Montage
      Francesca Calvelli
    • Musique
      Riccardo Giagni
    • Producteur (s)
      Marco Bellocchio, Sergio Pelone, Luciano Martino, Massimo Vigliar
    • Productions
      Films Albatros, Rai Cinema, Dania Film, Surf Film, Filmtel
    • Distribution France
      Films sans Frontières
    • Interprètes
      Sergio Castellitto, Donatella Finocchiaro, Samy Frey, Gianni Cavina, Maurizio Donadoni, Bruno Cariello, Simona Nobili, Claudia Zanella, Corinne Castelli, Silvia Ajelli, Aurora Peres, Giacomo Guernieri
    • Année
      2006
    • Durée
      100 min
    • Pays de production
      Italie, France
    • Citation
      "En Italie ce sont les morts qui commandent."
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