IL REGISTA DI MATRIMONI

IL REGISTA DI MATRIMONI

LE METTEUR EN SCÈNE DE MARIAGES

Marco Bellocchio

1h 40min
2021
Story of IL REGISTA DI MATRIMONI
IL REGISTA DI MATRIMONI LE METTEUR EN SCÈNE DE MARIAGES Franco Elica, un cinéaste de renom, assiste au mariage de sa fille qui épouse dans les formes requises un catholique bon teint. Ce mariage qui se fait heurte ses convictions laïques autant que l'histoire qu'il doit tourner du mariage qui ne doit pas se faire, heurte ses convictions artistiques. Il est en effet engagé dans la réalisation d'une énième version des Fiancés de Manzoni, l'histoire de deux paysans dont un hobereau tyrannique tente d'empêcher l'union. Il fait passer des auditions pour trouver la comédienne qui incarnera Lucia, le premier rôle féminin, et une comédienne l'accuse d'avoir abusé d'elle. Franco plaque tout et fuit en Sicile où il espère trouver sa sérénité. Sur une plage, il est reconnu par un photographe local qui réalise des reportages filmés de mariages. Il l'invite chez lui, cherchant à se faire aider dans ses réalisations par le maestro. Il faut en effet qu'il se surpasse pour être en mesure de réaliser le film du mariage de Bona, la fille du Prince Gravina di Palagonia, un aristocrate déchu, un personnage du temps passé. Un homme richissime de Palerme l'épousera sans dot. Finalement, la réalisation du film échoit à Franco qui rencontre la belle promise et ils tombent éperdument amoureux l'un de l'autre. Franco entend empêcher cette pantalonnade du mariage arrangé destiné à sauver de la ruine le patrimoine familial.   "Dans cette apologie de l'artiste, idiot dostoïevskien 'qui voit ce que le commun des mortels ne voit pas', Marco Bellocchio déplore l'évolution sociale et idéologique de son pays. Effervescent dans les années 1970, le cinéma italien est plombé dans la résignation, incapable d'insolence. Même réputés, les metteurs en scène en sont réduits à faire des films d'amateurs, métaphore de la dégradation. Oubliant la fièvre de libération d'antan, les femmes y acceptent une reddition sans condition à leur conjoint, héritant des croyances religieuses de leurs ancêtres. Bellocchio reste fidèle à son inspiration. On retrouve là intacte le thème d'Au nom du père (1971), où l'artiste optait pour un théâtre progressiste et démystificateur afin de combattre la tradition des rapports pères-fils et prêtres-élèves. Et, en une sorte de décalque, celui du Sourire de ma mère (2002), où un peintre se révoltait contre le procès en canonisation de sa mère et le retour d'une dévotion à l'Eglise, tout en tombant amoureux d'une jeune femme qui, passant du complot des soutanes à l'audace des impulsions, pouvait incarner un espoir de résistance aux endoctrinements. La maîtrise de celui qui reste l'un des grands d'Europe n'est plus à prouver. Bellocchio déplore la conversion de son art aux vieilles recettes ('ce sont les morts qui gouvernent'), en mêlant couleurs et noir et blanc, cadres somptueux et images DV ou pellicules de caméras de surveillance, plans dignes de Visconti (le palais sicilien aux grandes salles vides hantées par des chiens molosses) et gestes troublants d'une princesse à la sexualité réprimée." Jean-Luc DOUIN, Le Monde, 22 08 2007
    • IL REGISTA DI MATRIMONI

      LE METTEUR EN SCÈNE DE MARIAGES

      Franco Elica, un cinéaste de renom, assiste au mariage de sa fille qui épouse dans les formes requises un catholique bon teint. Ce mariage qui se fait heurte ses convictions laïques autant que l'histoire qu'il doit tourner du mariage qui ne doit pas se faire, heurte ses convictions artistiques. Il est en effet engagé dans la réalisation d'une énième version des Fiancés de Manzoni, l'histoire de deux paysans dont un hobereau tyrannique tente d'empêcher l'union.
      Il fait passer des auditions pour trouver la comédienne qui incarnera Lucia, le premier rôle féminin, et une comédienne l'accuse d'avoir abusé d'elle. Franco plaque tout et fuit en Sicile où il espère trouver sa sérénité.
      Sur une plage, il est reconnu par un photographe local qui réalise des reportages filmés de mariages. Il l'invite chez lui, cherchant à se faire aider dans ses réalisations par le maestro. Il faut en effet qu'il se surpasse pour être en mesure de réaliser le film du mariage de Bona, la fille du Prince Gravina di Palagonia, un aristocrate déchu, un personnage du temps passé. Un homme richissime de Palerme l'épousera sans dot. Finalement, la réalisation du film échoit à Franco qui rencontre la belle promise et ils tombent éperdument amoureux l'un de l'autre. Franco entend empêcher cette pantalonnade du mariage arrangé destiné à sauver de la ruine le patrimoine familial.

       

      "Dans cette apologie de l'artiste, idiot dostoïevskien 'qui voit ce que le commun des mortels ne voit pas', Marco Bellocchio déplore l'évolution sociale et idéologique de son pays. Effervescent dans les années 1970, le cinéma italien est plombé dans la résignation, incapable d'insolence. Même réputés, les metteurs en scène en sont réduits à faire des films d'amateurs, métaphore de la dégradation. Oubliant la fièvre de libération d'antan, les femmes y acceptent une reddition sans condition à leur conjoint, héritant des croyances religieuses de leurs ancêtres.
      Bellocchio reste fidèle à son inspiration. On retrouve là intacte le thème d'Au nom du père (1971), où l'artiste optait pour un théâtre progressiste et démystificateur afin de combattre la tradition des rapports pères-fils et prêtres-élèves. Et, en une sorte de décalque, celui du Sourire de ma mère (2002), où un peintre se révoltait contre le procès en canonisation de sa mère et le retour d'une dévotion à l'Eglise, tout en tombant amoureux d'une jeune femme qui, passant du complot des soutanes à l'audace des impulsions, pouvait incarner un espoir de résistance aux endoctrinements.
      La maîtrise de celui qui reste l'un des grands d'Europe n'est plus à prouver. Bellocchio déplore la conversion de son art aux vieilles recettes ('ce sont les morts qui gouvernent'), en mêlant couleurs et noir et blanc, cadres somptueux et images DV ou pellicules de caméras de surveillance, plans dignes de Visconti (le palais sicilien aux grandes salles vides hantées par des chiens molosses) et gestes troublants d'une princesse à la sexualité réprimée."

      Jean-Luc DOUIN, Le Monde, 22 08 2007

    • Réalisation
      Marco Bellocchio
    • Scénario
      Marco Bellocchio
    • Image
      Pasquale Mari
    • Montage
      Francesca Calvelli
    • Musique
      Riccardo Giagni
    • Producteur (s)
      Marco Bellocchio, Sergio Pelone, Luciano Martino, Massimo Vigliar
    • Productions
      Films Albatros, Rai Cinema, Dania Film, Immagine & Cinema
    • Distribution France
      Films sans Frontières
    • Interprètes
      Sergio Castellitto, Donatella Finocchiaro, Samy Frey, Gianni Cavina, Maurizio Donadoni, Bruno Cariello, Simona Nobili, Claudia Zanella, Corinne Castelli, Silvia Ajelli, Aurora Peres, Giacomo Guernieri
    • Année
      2006
    • Durée
      100 min
    • Pays de production
      Italie, France
    • Citation
      "En Italie ce sont les morts qui commandent."
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