Après l’armistice du 8 septembre 1943, le CLN (Comité de Libération Nationale), constitué des principaux partis et mouvements antifascistes, coordonne les opérations de la Résistance dans les territoires occupés par les Allemands.
À Venise, au cours de l’hiver, trois membres du GAP (Groupe d’Action Patriotique) font exploser une charge à la Kommandantur. Renato Braschi (Gian María Volonté), surnommé l’ingénieur, est l’instigateur de l’opération qui, bien que meurtrière, n’a pas atteint le commandant allemand. Les représailles sont cinglantes : 40 otages sont menacés d’être fusillés si les auteurs de l’attentat ne se livrent pas. Allemands et fascistes patrouillent et traquent les hommes de l’ombre. Devant la gravité de la situation les représentants du CLN se réunissent. Divisés sur la conduite à tenir, ils décident toutefois de suspendre provisoirement toute action subversive. Mais le CLN n’arrive pas à établir le contact avec "l’ingénieur" et les attentats se poursuivent…« Le film est une reconstruction idéale à partir d’une série de détails autobiographiques, des événements auxquels j’ai assisté et participé : certains de ces événements ont eu lieu à Padoue, d’autres à Venise (l’attentat contre la Kommandantur et l’exécution des otages, par exemple) mais mes souvenirs se sont cristallisés dans ce paysage de Venise hivernale. Je n’ai pas voulu écrire une histoire spécifiquement italienne mais traiter un cas général, valable dans tous les pays et placé au centre du problème des rapports entre l’action et la morale, entre l’action politique pure et l’activité de guerre et de résistance. Je n’ai pas voulu faire une épopée révolutionnaire mais plutôt un film de réflexion idéologique et morale. »
Gianfranco De Bosio,
Propos recueillis par Marcel Martin, Les Lettres françaises, 6 juin 1964
In dossier de presse Les Acacias« Premier film de Gianfranco De Bosio, Le Terroriste appartient au courant d’œuvres politiques tournées en Italie dans les années soixante, et le fait qu’’il ait été réalisé la même année que Les camarades de Mario Monicelli, Main basse sur la ville de Francesco Rosi et Le procès de Vérone de Carlo Lizzani n’est pas dû au hasard. L’action se passe à Venise, mais le spectateur va découvrir une ville différente de celle illustrée par tant d’autres films. Les promenades touristiques laissent place ici à l’action terroriste et à la réflexion politique. De Bosio analyse avec une grande lucidité les rapports entre théoriciens et militants et décrit les contradictions qui pouvaient apparaitre au sein du Comité de Libération Nationale, entre les représentants des différents groupes politiques qui le composent. Une très belle photographie en noir et blanc et l’interprétation de Gian Maria Volonté, une fois de plus remarquable, contribuent à la grande qualité du film. »
André Moreau, Télérama
- RéalisationGianfranco De Bosio
- ScénarioGianfranco de Bosio, Luigi Squarzina
- ImageAlfio Contini, Lamberto Caimi
- MontageCarla Colombo
- MusiquePiero Piccioni
- Producteur (s)Tullio Kezich, Alberto Soffientini
- ProductionsSocietà Editoriale Cinematografica 22 Dicembre, Société Cinématographique Lyre
- Distribution FranceLes Acacias Distribution
- InterprètesGian Maria Volonté, Philippe Leroy, Giulio Bosetti, Raffaella Carrà, Anouk Aimée, José Quaglio, Carlo Bagno, Cesare Miceli Picardi, Roberto Seveso, Tino Carraro
- Année1963
- Durée94 min
- Pays de productionItalie, France
- Citation« Le CLN n’est pas né pour coller des tracts dans les pissoirs. »

