Mai 1866, en plein Risorgimento d'une Italie sur le point d'être unifiée, Venise est encore sous occupation autrichienne. Au cours d’une représentation du Trouvère au Théâtre La Fenice, un groupe de patriotes lance des tracts hostiles aux occupants. Une altercation met aux prises le jeune lieutenant Franz Mahler (Farley Granger) et l’un des chefs du mouvement de libération clandestin, le marquis Roberto Ussoni (Massimo Girotti) qui le provoque en duel. Pour éviter à Ussoni d’être arrêté, sa cousine, la comtesse Livia Serpieri (Alida Valli) rencontre Mahler. Livia s’éprend passionnément de l’officier et oublie pour lui son rang, ses liens familiaux et ses idées politiques. Alors que l’Italie, alliée à la Prusse, entre en guerre contre l’Autriche, la comtesse et son mari se retirent à la campagne près de Trente. Franz rejoint Livia. Aveuglée par ses sentiments, elle lui remet une importante somme d’argent destinée aux troupes italiennes qui lui permettra d’acheter la complaisance des médecins militaires pour éviter de partir au front. Pendant qu'Ussoni trouve la mort à la bataille de Custoza, Livia se rend à Vérone retrouver son amant. Ayant obtenu ce qu’il voulait, Franz l’humilie et la rejette. Livia le dénonce alors aux autorités autrichiennes. Franz est arrêté et fusillé.
« Ce film ouvre de nouvelles perspectives réalistes au film historique ; autant que de son intensité psychologique, la richesse de son évocation, sa beauté tient à la stupéfiante virtuosité avec laquelle la couleur (Technicolor) est employée, de manière réaliste : cette rare conscience chromatique résultait de l’étude et de l’assimilation attentive d’une certaine peinture romantique (Hayez, etc.) et réaliste, italienne (les Macchiaioli florentins) ou non. Venise, et la changeante physionomie de ses rues et de ses canaux, la Fenice avec la splendeur de ses galas, la douce campagne vénitienne verdoyante, parsemée de villas patriciennes, la bataille de Custoza avec l’élan brillant de l’attaque et la chevauchée sanglante de la retraite, autant d’occasions pour d’éblouissantes réussites de couleur (opérateurs Aldo et Krasker) de fonction tantôt psychologique, tantôt épique, tantôt purement descriptive. »
Giulio Cesare Castello, Premier Plan n° 17, mai 1961
In dossier de presse Les Acacias
- RéalisationLuchino Visconti
- ScénarioSuso Cecchi D'Amico, Luchino Visconti, avec la collaboration de Giorgio Prosperi, Giorgio Bassani, Carlo Alianello, d’après la nouvelle de Camillo Boito
- ImageG. R. Aldo, Robert Krasker
- MontageMario Serandrei
- MusiqueGiuseppe Verdi (Le Trouvère), Anton Bruckner (Symphonie n° 7)
- Producteur (s)Domenico Forges Davanzati
- ProductionsLux Film
- Distribution FranceLes Acacias Distribution
- InterprètesAlida Valli, Farley Granger, Massimo Girotti, Heinz Moog, Rina Morelli, Christian Marquand, Marcella Mariani, Sergio Fantoni, Tino Bianchi, Ernst Nadherny, Tonio Selwart
- Année1954
- Durée123 min
- Pays de productionItalie
- Citation« La liberté vaut qu’on lui sacrifie sa propre liberté. »

