LUCE

LUCE

Silvia Luzi, Luca Bellino

    • Quelque part dans le sud de l’Italie, loin des sites touristiques et hors des saisons ensoleillées, un bourg comme tant d’autres. C’est là que vit une jeune femme solitaire (Marianna Fontana), dont les journées s’écoulent entre son petit appartement et l’usine de cuir où elle travaille. Elle est simple mais guère souriante. Tout à coup sa vie s’anime lorsqu’au cours d’une fête elle voit voler un drone. Elle imagine qu’avec un engin de cette sorte elle pourrait faire passer un téléphone à son père qui est en prison. Lorsque son téléphone à elle sonne, elle n’entend qu’une respiration. Puis, un autre appel, dont elle ne reconnaît pas la voix. Serait-ce son père ou quelqu’un qui se joue d’elle ? Les appels se suivent de plus en plus régulièrement, une obsession pour elle qui néglige son travail pour répondre, se fait réprimander et rétrograder. Mais l’espoir – ou une illusion – est plus fort que tout.

      « Dans Luce, nous avons repris des thèmes auxquels nous sommes attachés, comme la famille et le travail, en essayant de poursuivre nos réflexions sur la réalité et l'image et d’être fidèles à nos convictions sur les frontières fragiles entre le vrai et le faux.
      Nous voulions continuer à raconter la relation au pouvoir, qu'il s'agisse de celui du père ou du maître, ce pouvoir qui, lorsqu'il est familial, vous écrase et qui vous aliène lorsqu'il est professionnel. Nous avons essayé de le faire à travers la confusion d'une jeune femme dans un contexte qui exige d’elle qu'elle soit travailleuse, ignorante, soumise, et qui l'incite à un choix malsain à la recherche d'une absence et d'une voix qui deviennent une vie parallèle. Peut-être inventé, ou peut-être plus vrai que la réalité.
      Nous avons suivi la méthode de travail que nous aimons : le scénario réécrit au jour le jour, les lieux réels, des personnes réelles, le tournage en plans séquences, le jeu qui n'est plus de la fiction mais une mise en scène de soi. »
      Silvia Luzi, Luca Bellino, filmitalia.org

      « Ceux qui attendent de Luce une histoire classique en trois parties avec l’évolution habituelle des personnages se sont trompés de film. À en juger par Crater (Mostra de Venise 2017), Luzi et Bellino abordent le récit de manière très romanesque et généreuse, se laissant guider par les émotions. Même lorsque, comme dans Luce, les sentiments de leur héroïne sont indéchiffrables, les auteurs-réalisateurs savent canaliser la vulnérabilité avec empathie. Grâce à un scénario intelligent, le film ne bascule jamais dans une sentimentalité excessive lorsqu’il montre la relation entre une fille et son père absent uniquement par le biais de conversations téléphoniques. Mais, c’est l’héroïne qui fait que le film fonctionne.
      Marianna Fontana est une jeune femme qui, à seulement 20 ans, compte déjà non pas une, mais deux nominations pour un David di Donatello, pour son interprétation dans Indivisibili (2016) et Capri-Revolution (2018). Sa maîtrise de l’écran est exceptionnelle. Son visage lui permet d’exprimer une palette d'émotions toute relative, émotions néanmoins très intenses dès lors qu'elle fixe son regard sur la caméra. Pourtant, c’est quelque chose qu’elle fait rarement : ce genre de regard soutenu serait trop facile et son personnage n'est pas de ceux qui s’expriment aussi directement. Cette jeune femme anonyme se lève tous les matins à 5 heures, travaille à la chaîne dans une usine de cuir et plonge tous les soirs ses mains endolories dans un bain d'eau glacée. Lorsque le téléphone sonne, elle discute avec un père qu'elle a à peine connu. Que tout cela soit réel ou imaginaire n'a aucune importance.
      Silvia Luzi et Luca Bellino ont mis dans le mille avec Fontana (son investissement dans le rôle est notamment allé jusqu’à travailler incognito dans une usine de cuir pendant trois mois), et leur sensibilité, visible dans les images, rend chaque séquence unique. Luce n’est pas forcément un film lumineux ou optimiste, mais il renferme une grande humanité. Le travail, le désir et la solitude forment un trio susceptible de vous enfermer, mais le film explique également sans détour qu’il y a toujours une issue, que celle-ci soit réelle ou imaginaire.»
      Savina Petkova, cineuropa.org, 12 août 2024

    • Réalisation
      Silvia Luzi, Luca Bellinod
    • Scénario
      Silvia Luzi, Luca Bellino
    • Image
      Jacopo Maria Caramella
    • Montage
      Silvia Luzi, Luca Bellino
    • Musique
      Stefano Grosso, Alessandro Paolini
    • Producteur (s)
      Luca Bellino, Donatella Palermo
    • Productions
      Bokeh Film, Stemal Entertainment, Rai Cinema, avec la contribution du Ministero della Cultura, avec le soutien de Film Commission Regione Campania
    • Vente à l’étranger
      Fandango
    • Interprètes
      Marianna Fontana, Monica Abignano, Luigi Brignone, Gina Curcio, Pasquale Gaeta, Pio Gagliardi, Roberta Grimaldi, Elena Scarano, Anna Spagnuolo, Costantina Valentino Voix off de Tommaso Ragno
    • Année
      2024
    • Durée
      95 min
    • Pays de production
      Italie
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