RUGGINE

RUGGINE

Daniele Gaglianone

0h 1min
2021
Story of RUGGINE
RUGGINE La banlieue d'une grande ville qui pourrait être Turin, vers la fin des années 1970. Il y a là toute une population immigrée des régions du sud de l'Italie, aux accents et aux dialectes divers. Les enfants jouent dehors, dans les champs qui bordent les immeubles. Ils ont fait leur "château" dans les ruines d'une usine toute proche. Ils se réunissent là, dans un lieu secret, une sorte de caverne au milieu des amas de ferraille. Il y a Carmine, le gamin sicilien, le chef de la bande, sa petite sœur Cinzia, et Sandro qui éprouve pour elle un amour timide. Tout à coup c'est l'horreur.  Une fillette est retrouvée assassinée après avoir été violée, puis une autre.  Les enfants découvrent que le coupable, le "monstre", n'est autre que le docteur Boldrini (Filippo Timi), ce médecin élégant et gentil qui soigne les gens du quartier. Mais ils sont convaincus que jamais les adultes ne les croiraient.  Ils décident donc d'agir seuls. Trente ans plus tard, Sandro (Stefano Accorsi), Carmine (Valerio Mastandrea) et Cinzia (Valeria Solarino) se sont perdus de vue, mais leurs vies d'adultes portent encore les marques de la violence qu'ils ont connue dans leur enfance.   Il y a deux raisons principales qui  m'ont  poussées à adapter  le roman  de  Stefano  Massaron.  Quand  je l'ai  lu je me suis retrouvé dans un univers que je connaissais bien. Moi aussi je suis venu dans le Nord quand j'étais enfant et je suis particulièrement sensible aux thématiques de l'enfance. Les protagonistes du roman sont des enfants qui vivent une expérience incroyable. Je n'ai pas eu de difficulté à leur donner des visages. L'autre aspect déterminant du roman, c'est le personnage du médecin. Le livre ne parle pas que de pédophilie : ce personnage représente le mal absolu, irrationnel, l'ogre des contes. Les enfants qui se lancent dans une lutte contre le  mal, c'est la plus classique des histoires de formation. J'ai choisi de ne jamais montrer la réalité des faits, en premier lieu parce que je trouvais que c'était plus intéressant du point de vue visuel. Je voulais laisser à l'imagination des spectateurs le loisir de combler les lacunes. En second lieu, montrer les violences risquait paradoxalement d'être  rassurant, de faire baisser l'inquiétude et la tension. Je ne prends pas cette responsabilité, je la laisse aux spectateurs. J'ai fait un choix précis de mise en scène qui consistait à raconter cette histoire du  point de vue des enfants, même lorsqu'ils ne sont pas présents. Il y a une scène qui le montre clairement : depuis le talus, les enfants regardent  le monstre  qui,  à leurs yeux, s'agite de façon inexplicable; mais aussitôt après on voit la même scène du point de vue de Boldrini et ses gestes sont en réalité très précis, car nous savons ce qu'il a en tête.  Daniele GAGLIANONE, propos recueillis par Valentina D'AMICO, movieplayer.it, 2 septembre 2011   Un conseil : ne quittez pas la salle sur le générique de fin, la rouille n’a pas fini d’éroder l’écran et l’âme des personnages (mymovies.it)
    • RUGGINE

      La banlieue d'une grande ville qui pourrait être Turin, vers la fin des années 1970. Il y a là toute une population immigrée des régions du sud de l'Italie, aux accents et aux dialectes divers. Les enfants jouent dehors, dans les champs qui bordent les immeubles. Ils ont fait leur "château" dans les ruines d'une usine toute proche. Ils se réunissent là, dans un lieu secret, une sorte de caverne au milieu des amas de ferraille. Il y a Carmine, le gamin sicilien, le chef de la bande, sa petite sœur Cinzia, et Sandro qui éprouve pour elle un amour timide. Tout à coup c'est l'horreur.  Une fillette est retrouvée assassinée après avoir été violée, puis une autre.  Les enfants découvrent que le coupable, le "monstre", n'est autre que le docteur Boldrini (Filippo Timi), ce médecin élégant et gentil qui soigne les gens du quartier. Mais ils sont convaincus que jamais les adultes ne les croiraient.  Ils décident donc d'agir seuls.

      Trente ans plus tard, Sandro (Stefano Accorsi), Carmine (Valerio Mastandrea) et Cinzia (Valeria Solarino) se sont perdus de vue, mais leurs vies d'adultes portent encore les marques de la violence qu'ils ont connue dans leur enfance.

       

      Il y a deux raisons principales qui  m'ont  poussées à adapter  le roman  de  Stefano  Massaron.  Quand  je l'ai  lu je me suis retrouvé dans un univers que je connaissais bien. Moi aussi je suis venu dans le Nord quand j'étais enfant et je suis particulièrement sensible aux thématiques de l'enfance. Les protagonistes du roman sont des enfants qui vivent une expérience incroyable. Je n'ai pas eu de difficulté à leur donner des visages. L'autre aspect déterminant du roman, c'est le personnage du médecin. Le livre ne parle pas que de pédophilie : ce personnage représente le mal absolu, irrationnel, l'ogre des contes. Les enfants qui se lancent dans une lutte contre le  mal, c'est la plus classique des histoires de formation. J'ai choisi de ne jamais montrer la réalité des faits, en premier lieu parce que je trouvais que c'était plus intéressant du point de vue visuel. Je voulais laisser à l'imagination des spectateurs le loisir de combler les lacunes. En second lieu, montrer les violences risquait paradoxalement d'être  rassurant, de faire baisser l'inquiétude et la tension. Je ne prends pas cette responsabilité, je la laisse aux spectateurs. J'ai fait un choix précis de mise en scène qui consistait à raconter cette histoire du  point de vue des enfants, même lorsqu'ils ne sont pas présents. Il y a une scène qui le montre clairement : depuis le talus, les enfants regardent  le monstre  qui,  à leurs yeux, s'agite de façon inexplicable; mais aussitôt après on voit la même scène du point de vue de Boldrini et ses gestes sont en réalité très précis, car nous savons ce qu'il a en tête. 

      Daniele GAGLIANONE, propos recueillis par Valentina D'AMICO, movieplayer.it, 2 septembre 2011

       

      Un conseil : ne quittez pas la salle sur le générique de fin, la rouille n’a pas fini d’éroder l’écran et l’âme des personnages (mymovies.it)

    • Réalisation
      Daniele Gaglianone
    • Scénario
      Daniele Gaglianone, Giaime Alonge, Alessandro Scippa, adapté du roman de Stefano Massaron
    • Image
      Gherardo Gossi
    • Montage
      Enrico Giovannone
    • Musique
      Evandro Fornasier, Walter Magri, Massimo Miride
    • Producteur (s)
      Domenico Procacci, Gianluca Arcopinto
    • Productions
      Fandango, Zaroff Film, Rai Cinema, avec le soutien d'Apulia Film Commission
    • Interprètes
      Filippo Timi, Stefano Accorsi, Valerio Mastandrea, Valeria Solarino
    • Année
      2011
    • Durée
      1h49
    • Pays de production
      Italie
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