TUTTI A CASA
LA GRANDE PAGAILLE

TUTTI A CASA

0h 1min
1960
Story of TUTTI A CASA
TUTTI A CASA LA GRANDE PAGAILLE 8 septembre 1943. Le jeune sous-lieutenant de réserve Alberto Innocenzi, officier hautain et vaniteux, mais homme de devoir, est complètement désorienté, comme la plupart des Italiens, par les changements d’alliance dus à la signature de l’armistice entre le nouveau gouvernement italien et les alliés. Dans un premier temps, il essaye de maintenir l’union et la discipline dans son peloton, mais face à l’effondrement et à la disparition de toutes les autorités militaires, face à la débandade des troupes qui profitent de la traversée d’un tunnel pour s’enfuir, Innocenzi se laisse entraîner par les événements. Avec le sapeur Ceccarelli qui rentre en permission dans le sud, il suit Fornaciari, le plus ancien sous-officier de son peloton, qui, à présent, n’aspire plus qu’à revêtir des habits civils et à retourner chez lui. En chemin ils voient les premiers partisans partir dans la montagne et les Allemands capturer une jeune fille juive. Dans une Italie détruite, et qui fourmille de réfugiés, de gens qui s’adonnent au marché noir, de personnes évacuées et d’affamés, Innocenzi a tout perdu en perdant son uniforme. Il passe par mille expériences avant d’arriver chez Fornaciari où sa halte n’est que de courte durée : en effet son ancien sergent est arrêté par les fascistes car sa famille a donné asile à un pilote américain. Maintenant, comme tous les autres, Innocenzi ne pense plus qu’à sauver sa peau, à rentrer, lui aussi, à la maison. En compagnie du fidèle et fastidieux Ceccarelli, il arrive chez lui, à Rome, où son père, avec toute l’emphase du petit bourgeois « comme il faut », l’exhorte à s’engager dans l’armée de la République fasciste de Salo. Il ne suit pas son conseil, il fuit vers le sud et se retrouve à Naples quand éclate l’insurrection populaire contre l’armée allemande. C’est là que le pauvre Cecarelli, arrivé désormais tout près de chez lui, est tué par les Allemands. La mort de son compagnon fait retrouver à Innocenzi sa dignité de soldat.   Tutti a casa reste, d’une certaine manière, une exception dans l’histoire du cinéma italien de l’après-guerre. C’est, sans aucun doute, le seul film qui ait cherché à saisir avec une abondance de moyens opportune et un regard autre qu’aventureux ou satirique, quelques fragments de cette terrible aventure que fut le « 8 septembre 1943 » : une tragédie complexe qui a exercé son influence pendant de ombreuses années, qui a fait sauter les dernières structures de la monarchie italienne ayant survécu au fascisme, qui a vu naître de ses cendres le gouvernement du sud et la République sociale italienne (République fasciste de Salò) et qui a obligé des millions d’Italiens à choisir ou à ne pas choisir, à devenir ou des protagonistes ou de simples spectateurs ou des victimes… Pourtant on peut voir comment, en défendant les exigences du rôle et dans le même temps en respectant celles plus générales du film, SORDI réussit à composer par petites touches magistrales son lieutenant Innocenzi, quand le film lui en laisse la possibilité. Innocenzi, au delà de certaines astuces et concessions au genre, est le portrait qu restera – légèrement caricatural mais peut-être même pas – de milliers et de milliers de jeunes officiers de réserve, élevés dans un climat particulier de dévouement patriotique, dont ils refusaient peut-être inconsciemment la pus grande partie de la réthorique, mais auquel, au fond, ils avaient fini par croire partiellement quand ils s’étaient trouvés en train de fuir, juste après le 8 septembre, sans avoir pourquoi, après avoir été envoyés en Grèce, en Russie, au Monténégro ou en Afrique, pour faire une guerre chaque jour plus mystérieuse mais qui existait, et qui à un certain point était annulée d’un seul coup… SORDI a restitué tout ceci, en l’absence d’un « vrai » film sur le 8 septembre, que le cinéma italien n’a jamais vraiment fait et qu’il ne fera peut-être plus maintenant. Claudio G. FAVA, Alberto Sordi, Gremese Editore, 1979
    • TUTTI A CASA

      LA GRANDE PAGAILLE

      8 septembre 1943. Le jeune sous-lieutenant de réserve Alberto Innocenzi, officier hautain et vaniteux, mais homme de devoir, est complètement désorienté, comme la plupart des Italiens, par les changements d’alliance dus à la signature de l’armistice entre le nouveau gouvernement italien et les alliés. Dans un premier temps, il essaye de maintenir l’union et la discipline dans son peloton, mais face à l’effondrement et à la disparition de toutes les autorités militaires, face à la débandade des troupes qui profitent de la traversée d’un tunnel pour s’enfuir, Innocenzi se laisse entraîner par les événements. Avec le sapeur Ceccarelli qui rentre en permission dans le sud, il suit Fornaciari, le plus ancien sous-officier de son peloton, qui, à présent, n’aspire plus qu’à revêtir des habits civils et à retourner chez lui.

      En chemin ils voient les premiers partisans partir dans la montagne et les Allemands capturer une jeune fille juive. Dans une Italie détruite, et qui fourmille de réfugiés, de gens qui s’adonnent au marché noir, de personnes évacuées et d’affamés, Innocenzi a tout perdu en perdant son uniforme. Il passe par mille expériences avant d’arriver chez Fornaciari où sa halte n’est que de courte durée : en effet son ancien sergent est arrêté par les fascistes car sa famille a donné asile à un pilote américain.

      Maintenant, comme tous les autres, Innocenzi ne pense plus qu’à sauver sa peau, à rentrer, lui aussi, à la maison. En compagnie du fidèle et fastidieux Ceccarelli, il arrive chez lui, à Rome, où son père, avec toute l’emphase du petit bourgeois « comme il faut », l’exhorte à s’engager dans l’armée de la République fasciste de Salo. Il ne suit pas son conseil, il fuit vers le sud et se retrouve à Naples quand éclate l’insurrection populaire contre l’armée allemande. C’est là que le pauvre Cecarelli, arrivé désormais tout près de chez lui, est tué par les Allemands. La mort de son compagnon fait retrouver à Innocenzi sa dignité de soldat.

       

      Tutti a casa reste, d’une certaine manière, une exception dans l’histoire du cinéma italien de l’après-guerre. C’est, sans aucun doute, le seul film qui ait cherché à saisir avec une abondance de moyens opportune et un regard autre qu’aventureux ou satirique, quelques fragments de cette terrible aventure que fut le « 8 septembre 1943 » : une tragédie complexe qui a exercé son influence pendant de ombreuses années, qui a fait sauter les dernières structures de la monarchie italienne ayant survécu au fascisme, qui a vu naître de ses cendres le gouvernement du sud et la République sociale italienne (République fasciste de Salò) et qui a obligé des millions d’Italiens à choisir ou à ne pas choisir, à devenir ou des protagonistes ou de simples spectateurs ou des victimes… Pourtant on peut voir comment, en défendant les exigences du rôle et dans le même temps en respectant celles plus générales du film, SORDI réussit à composer par petites touches magistrales son lieutenant Innocenzi, quand le film lui en laisse la possibilité. Innocenzi, au delà de certaines astuces et concessions au genre, est le portrait qu restera – légèrement caricatural mais peut-être même pas – de milliers et de milliers de jeunes officiers de réserve, élevés dans un climat particulier de dévouement patriotique, dont ils refusaient peut-être inconsciemment la pus grande partie de la réthorique, mais auquel, au fond, ils avaient fini par croire partiellement quand ils s’étaient trouvés en train de fuir, juste après le 8 septembre, sans avoir pourquoi, après avoir été envoyés en Grèce, en Russie, au Monténégro ou en Afrique, pour faire une guerre chaque jour plus mystérieuse mais qui existait, et qui à un certain point était annulée d’un seul coup… SORDI a restitué tout ceci, en l’absence d’un « vrai » film sur le 8 septembre, que le cinéma italien n’a jamais vraiment fait et qu’il ne fera peut-être plus maintenant.

      Claudio G. FAVA, Alberto Sordi, Gremese Editore, 1979

    • Réalisation
      Luigi COMENCINI
    • Scenario
      Age Scarpelli, Luigi Comencini, Marcello Fondato
    • Image
      Carlo Carlini
    • Montage
      Nino Baragli
    • Musique
      Angelo Francesco Lavagnino
    • Producer (s)
      Dino De Laurentiis
    • Productions
      Dino De Laurentiis Cinematografica, Orsay Films (France)
    • Distribution France
      Columbia
    • Interprètes
      Alberto Sordi, Serge Reggiani, Martin Balsam, Carla Gravina, Eduardo De Filippo, Alex Nicol, Didi Perego, Nino Castelnuovo
    • Année
      1960
    • Durée
      1h 45
    • Pays de production
      Italie, France
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