I MAGLIARI

I MAGLIARI
PROFESSION MAGLIARI

Francesco Rosi

I MAGLIARI

PROFESSION MAGLIARI

Hanovre, 1958. Mario Balducci (Renato Salvatori), un ouvrier originaire de Toscane dont le contrat de travail est arrivé à expiration, est désemparé. Par hasard il rencontre Ferdinando Magliulio, dit Totonno (Alberto Sordi), un Romain rusé et hâbleur. Celui-ci l’initie au métier de magliaro, vendre au porte-à-porte à des clients crédules des coupons de tissus et des tapis de qualité et d’origine douteuses. Mario rejoint ainsi la bande des magliari napolitains dirigée par Don Raffaele. Totonno, qui rêve d’indépendance, convainc des membres de la bande et Mario de travailler sous ses ordres pour le compte d’un certain Mayer, un riche Allemand, à Hambourg. Très vite les ennuis commencent avec une bande rivale d’immigrés polonais tandis que Mario devient l’amant de Paula (Belinda Lee), la belle et jeune épouse de Mayer. Les événements se précipitent : une violente bagarre entre Napolitains et Polonais provoque l’intervention de la police. L’autorité de Totonno est contestée et, ne sachant pas comment surmonter la situation, il tente de faire chanter Paula. En accord avec Mayer, Don Raffaele reprend les commandes après avoir chassé Totonno. Mario décide de rentrer en Italie et demande Paula de le suivre ; mais elle, qui a connu la misère, ne veut pas renoncer à sa confortable situation.

ROSI témoigne d’une grande habileté dans l’utilisation du décor urbain, Hanovre d’abord, Hambourg ensuite… Cette habileté à rendre l’atmosphère germanique débouche non seulement sur des vertus stylistiques mais aussi sur une meilleure expression thématique : le déracinement des Italiens commence avec la dureté du climat. Loin de leur patrie, ils sont d’abord des hommes qui ont froid. Par ailleurs, s’ajoute àces difficultés d’adaptation le problème d’une langue qui ne leur est pas familière et qui ne facilite pas leur rapport avec les Allemands. Dans le fond, malgré la dénonciation des trafics, ROSI est enclin à une certaine indulgence envers ces hommes dont la conduite s’explique par la pauvreté, la misère même, de leurs origines. Ces Italiens expatriés sont avant tout des hommes qui n’ont pas pu trouver sur le sol de leur pays des conditions de vie décente.
Jean A. Gili – Francesco Rosi : Cinéma et pouvoir (Editions du Cerf-1976)

N.D.R.: Dans son ouvrage, Jean A. GILI note que « dans une certaine mesure, on peut constater une grande continuité d’inspiration entre La sfida et I magliari, les deux premières réalisations de F. ROSI. Afin de faciliter la présentation de ce film, les nombreux parallèles établis n’apparaissent pas dans ces extraits.

« Dans la grisaille de l’Allemagne des années cinquante, un trait de lumière et une boule de feu. Le trait, acéré, c’est le regard de Francesco Rosi, chroniqueur de ses compatriotes exilés et qui vivotent entre petits trafics et grandes palabres, au carrefour du néoréalisme et du thriller. La boule de feu, c’est Alberto Sordi, tonitruant, cynique, larmoyant, esbroufeur de génie et paumé…formidable. »
Jean-Michel Frodon, dossier de presse Les Films du Camélia

Francesco ROSI
Francesco Rosi

Francesco Rosi (Naples,1922 – Rome,2015) débute au cinéma comme assistant de Visconti pour La terre tremble (1948). Il collabore ensuite à des scénarios, tourne quelques scènes des Chemises rouges (1952) de Goffredo Alessandrini et codirige Kean (1956) avec Vittorio Gassman. En 1958 il réalise son premier long-métrage, La sfida (Le défi).
La filmographie de Rosi, partisan d'un cinéma engagé et populaire, se caractérise essentiellement par le "film-dossier", analyse rigoureuse et précise des rapports entre politique et grand banditisme : Salvatore Giuliano (1961), Le mani sulla città (1963, Mains basses sur la ville), Il caso Mattei (1972, L'affaire Mattei), Lucky Luciano (1973), Dimenticare Palermo (1989, Oublier Palerme) .
À signaler également : Uomini contro (1970, Les hommes contre), Cadaveri eccelenti (1975, Cadavres exquis), Cristo si è fermato a Eboli (1979, Le Christ s'est arrêté à Eboli), Tre fratelli (1981,Trois frères), Carmen (1984).

BANDE ANNONCE

SÉANCES

https://festival-villerupt.com/wp-content/uploads/2020/05/633.jpg

FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Francesco Rosi

Scénario : Francesco Rosi, Suso Cecchi D'Amico, Giuseppe Patron! Criffi

Image :  Gianni Di Venanzo

Montage : Mario Serandrei

Musique : Piero Piccioni

Producteur (s) : Franco Cristaldi

Productions : Vides, Titanus, S.G.C.

Distribution France : Les Films du Camélia

Vente à l’étranger : 

Interprètes : Alberto Sordi, Belinda Lee, Renato Salvatori, Nino Vingelli, Aldo Giuffré, Aldo Bufi Landi, Linda Vandal, Nino Di Napoli, Carmine Ippolito, Pasquale Cennemo, Josef Dahmen

Année : 1959
Durée : 111 min
Pays de producion : Italie, France