DIVORZIO ALL’ITALIANA

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DIVORCE À L'ITALIENNE

Pietro Germi

Story of DIVORZIO ALL’ITALIANA

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DIVORCE À L'ITALIENNE

Amoureux d’Angela (Stefania Sandrelli), une cousine de seize ans, le Baron Ferdinando Cefalù (Marcello Mastroianni), Féfé pour les intimes, un nobliau sicilien, cherche à se débarrasser de Rosalia (Daniela Rocca), son épouse envahissante. Comme le divorce n’existe pas en Italie, il la pousse à le tromper afin de se donner le meilleur prétexte pour la tuer. Carmelo (Leopoldo Trieste), un ancien amour de Rosalia, sera l’amant idéal. Mais alors que Ferdinando s’apprête à finaliser le plan machiavélique qu’il a soigneusement échafaudé, Rosalia s’enfuit du domicile pour retrouver Carmelo. Désormais cocu aux yeux de tous, il est poussé à se venger. Aidé par la mafia locale, il retrouve la trace des amants et il abat l’épouse infidèle. Ce meurtre, accompli pour l’honneur, lui vaut la considération de sa famille et ses concitoyens et la peine de prison minimale de trois ans. À sa sortie il convolera en justes noces avec la croustillante Angelina, mais, dorénavant, c’est elle qui se trouvera dans la situation initiale de Ferdinando.

Mastroianni compose avec un rare bonheur le personnage du noble provincial désœuvré, décadent, proie d'une imagination morbide, coq de village et capon, œil battu, lippe lasse soumise à un tic : il introduit, derrière la satire d'un ordre moral que dresse Germi, une sorte de caricature d'un milieu social et du gallismo qui fait de son interprétation, empreinte de drôlerie, le prolongement logique et grossi de la mise en scène.

(…) « Le cinéaste enrichit sa piste sonore de divers éléments qui, à l'égard du récit, ne servent pas seulement d'appuis ou de décors, mais de véritables structures signifiantes. La musique, par exemple, valse et marche funèbre jouées par un orphéon ou chanson sentimentale, participent activement à l'architecture complexe des images et des discours. Ainsi, par des facteurs multiples intelligemment conjugués, Germi compose une comédie pleine de fantaisies en demi-teintes, d'observations piquantes, de traits caricaturaux, de notations réalistes ou psychologiques.

Et nous débouchons de la sorte, brusquement, fort loin du banal divertissement, pour pénétrer au cœur d'une fable souriante où l'auteur ne manque jamais de laisser tomber une goutte d'acide critique pour rendre le burlesque à la fois révélateur et grinçant. »

Freddy Buache, Le cinéma italien 1945/1976, L'âge d'homme, 1979

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    DIVORCE À L'ITALIENNE

    Amoureux d’Angela (Stefania Sandrelli), une cousine de seize ans, le Baron Ferdinando Cefalù (Marcello Mastroianni), Féfé pour les intimes, un nobliau sicilien, cherche à se débarrasser de Rosalia (Daniela Rocca), son épouse envahissante. Comme le divorce n’existe pas en Italie, il la pousse à le tromper afin de se donner le meilleur prétexte pour la tuer. Carmelo (Leopoldo Trieste), un ancien amour de Rosalia, sera l’amant idéal. Mais alors que Ferdinando s’apprête à finaliser le plan machiavélique qu’il a soigneusement échafaudé, Rosalia s’enfuit du domicile pour retrouver Carmelo. Désormais cocu aux yeux de tous, il est poussé à se venger. Aidé par la mafia locale, il retrouve la trace des amants et il abat l’épouse infidèle. Ce meurtre, accompli pour l’honneur, lui vaut la considération de sa famille et de ses concitoyens et la peine de prison minimale de trois ans. À sa sortie il convolera en justes noces avec la croustillante Angelina, mais, dorénavant, c’est elle qui se trouvera dans la situation initiale de Ferdinando.

    « Le cinéaste enrichit sa piste sonore de divers éléments qui, à l'égard du récit, ne servent pas seulement d'appuis ou de décors, mais de véritables structures signifiantes. La musique, par exemple, valse et marche funèbre jouées par un orphéon ou chanson sentimentale, participent activement à l'architecture complexe des images et des discours. Ainsi, par des facteurs multiples intelligemment conjugués, Germi compose une comédie pleine de fantaisies en demi-teintes, d'observations piquantes, de traits caricaturaux, de notations réalistes ou psychologiques. Et nous débouchons de la sorte, brusquement, fort loin du banal divertissement, pour pénétrer au cœur d'une fable souriante où l'auteur ne manque jamais de laisser tomber une goutte d'acide critique pour rendre le burlesque à la fois révélateur et grinçant. [...]
    Mastroianni compose avec un rare bonheur le personnage du noble provincial désœuvré, décadent, proie d'une imagination morbide, coq de village et capon, œil battu, lippe lasse soumise à un tic : il introduit, derrière la satire d'un ordre moral que dresse Germi, une sorte de caricature d'un milieu social et du "gallismo" qui fait de son interprétation, empreinte de drôlerie, le prolongement logique et grossi de la mise en scène. »
    Freddy Buache, Le cinéma italien 1945/1976, L'âge d'homme, 1979

    Pietro Germi dénonçait avec cynisme la loi italienne interdisant le divorce et l’hypocrisie de cette société catholique qui couvrait les crimes passionnels, seules solutions trouvées par les maris volages pour se débarrasser de leur épouse. Ainsi le baron Cefalù met-il au point un plan diabolique pour éliminer sa femme et se remarier avec la jeune Angela. Fine moustache, cheveux gominés, Mastroianni est méconnaissable en précieux ridicule.
    La Sicile des années 1960 est un pays archaïque soumis aux mafieux et à l’Église. Géniale idée de scénario : c’est lors d’une projection de La dolce vita, de Fellini, que la femme de Cefalù s’enfuit pour retrouver son amant. Elle profite du tapage occasionné par la sortie de ce manifeste sulfureux pour enfin prendre la seule vraie décision de sa vie. Le film (projeté) de Fellini fait éclater l’absurdité de cette Italie à deux vitesses. Mastroianni, acteur dans les deux films, fait cohabiter le nobliau sicilien décadent et le vitellone romain. Dans les deux cas, l’Italien de ces années-là crève de solitude, dans un monde de faux-semblants. Fellini et Mastroianni ont failli être excommuniés, et ce n’est qu’en 1970 que le divorce a été ­légalisé en Italie. »
    Anne Dessuant, Télérama, 4 avril 2023

  • Réalisation
    Pietro Germi
  • Scénario
    Pietro Germi, Alfredo Giannetti, Ennio De Concini
  • Image
    Leonida Barboni, Carlo Di Palma
  • Montage
    Roberto Cinquini
  • Musique
    Carlo Rustichelli
  • Producteur (s)
    Franco Cristaldi
  • Productions
    Vides Cinematografica, Lux Film, Galatea Film
  • Distribution France
    Les Films du Camélia
  • Interprètes
    Marcello Mastroianni, Stefania Sandrelli, Daniela Rocca, Leopoldo Trieste, Odoardo Spadaro, Margherita Girelli, Angela Cardile, Lando Buzzanca
  • Année
    1961
  • Durée
    1h 45
  • Pays de production
    Italie
  • Citation
    « Cocu ! Tu es cocu et content. »
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