GIORNI DI GLORIA

GIORNI DI GLORIA

JOURS DE GLOIRE

0h 1min
2021
Story of GIORNI DI GLORIA
GIORNI DI GLORIA JOURS DE GLOIRE

Conçu au cœur de la lutte antifasciste et monté immédiatement après la Libération, Giorni di Gloria constitue un document des plus significatifs du cinéma sur la Résistance.

L'idée première du film, comme le raconte De Santis, est venue de Mario Serandrei qui a travaillé, jusqu'à sa mort en 1966, au montage de tous les films de Visconti. Composé de matériaux d'actualités et de séquences tournées spécialement pour être insérées dans le montage, le film évoque les principaux épisodes des luttes des partisans contre les Allemands et les fascistes, les "Jours de gloire" de la Résistance depuis le 8 septembre 1943, jusqu'à la libération du Nord. Dans ce film de propagande dont les images lyriques, " à la Eisenstein ", célèbrent les actions clandestines, les séquences réalisées par Pagliero et Visconti échappent à toute rhétorique.

Marcello Pagliero a mené l'enquête sur les Fosses Ardeatines, carrières aux portes de Rome où les Allemands fusillèrent, fin mars 1944, trois cent trente-cinq otages en représailles d'un attentat du G. A. P. (Groupe d'action partisane) qui avait coûté la vie à trente-deux hommes d'une patrouille de Kesselring. Visconti a filmé le procès (où il a lui-même témoigné), puis le lendemain, l'exécution de l'ex-préfet fasciste, Pietro Caruso, ainsi que du chef de la Gestapo romaine, Pietro Koch, le bourreau de la Pensione Jaccarino, où la Gestapo torturait et où Visconti avait séjourné douze jours.

   

De ces journées, Giorni di Gloria présente deux moments dramatiques : le lynchage, d'abord de l'ancien directeur de la prison Regina Coeli, Carretta ; Visconti se trouve par hasard au milieu de la foule avec sa caméra, lorsque Carretta arrive au palais de justice ; on le reconnaît, on l'arrache aux carabiniers et il est précipité dans le Tibre. Là des barques le rejoignent; il est maintenu sous l'eau à coups de rames. À ces images tremblées d'un meurtre en direct, succède dans toute sa lenteur cérémonieuse et tendue, le procès de Koch et de Caruso. L'œil de Visconti isole, fixe les moments culminants du procès. Sa caméra passe en mouvements amples et lents qui alternent avec les détails sur la foule, les femmes notamment, les magistrats (dont le père du futur secrétaire du parti communiste, Enrico Berlinguer), les visages crispés des accusés. Le cinéaste a épié, traqué, fouillé littéralement les expressions d'attente, de tension, d'angoisse, de Koch et Caruso, se rapprochant davantage encore du moment où, debout, immobiles, les accusés entendent lire la sentence de mort.

Ciné-club Jacques Becker de Pontarlier, Catalogue Giuseppe De Santis, 1993.

    • GIORNI DI GLORIA

      JOURS DE GLOIRE

      Conçu au cœur de la lutte antifasciste et monté immédiatement après la Libération, Giorni di Gloria constitue un document des plus significatifs du cinéma sur la Résistance.

      L'idée première du film, comme le raconte De Santis, est venue de Mario Serandrei qui a travaillé, jusqu'à sa mort en 1966, au montage de tous les films de Visconti. Composé de matériaux d'actualités et de séquences tournées spécialement pour être insérées dans le montage, le film évoque les principaux épisodes des luttes des partisans contre les Allemands et les fascistes, les "Jours de gloire" de la Résistance depuis le 8 septembre 1943, jusqu'à la libération du Nord. Dans ce film de propagande dont les images lyriques, " à la Eisenstein ", célèbrent les actions clandestines, les séquences réalisées par Pagliero et Visconti échappent à toute rhétorique.

      Marcello Pagliero a mené l'enquête sur les Fosses Ardeatines, carrières aux portes de Rome où les Allemands fusillèrent, fin mars 1944, trois cent trente-cinq otages en représailles d'un attentat du G. A. P. (Groupe d'action partisane) qui avait coûté la vie à trente-deux hommes d'une patrouille de Kesselring. Visconti a filmé le procès (où il a lui-même témoigné), puis le lendemain, l'exécution de l'ex-préfet fasciste, Pietro Caruso, ainsi que du chef de la Gestapo romaine, Pietro Koch, le bourreau de la Pensione Jaccarino, où la Gestapo torturait et où Visconti avait séjourné douze jours.

       

       

      De ces journées, Giorni di Gloria présente deux moments dramatiques : le lynchage, d'abord de l'ancien directeur de la prison Regina Coeli, Carretta ; Visconti se trouve par hasard au milieu de la foule avec sa caméra, lorsque Carretta arrive au palais de justice ; on le reconnaît, on l'arrache aux carabiniers et il est précipité dans le Tibre. Là des barques le rejoignent; il est maintenu sous l'eau à coups de rames. À ces images tremblées d'un meurtre en direct, succède dans toute sa lenteur cérémonieuse et tendue, le procès de Koch et de Caruso. L'œil de Visconti isole, fixe les moments culminants du procès. Sa caméra passe en mouvements amples et lents qui alternent avec les détails sur la foule, les femmes notamment, les magistrats (dont le père du futur secrétaire du parti communiste, Enrico Berlinguer), les visages crispés des accusés. Le cinéaste a épié, traqué, fouillé littéralement les expressions d'attente, de tension, d'angoisse, de Koch et Caruso, se rapprochant davantage encore du moment où, debout, immobiles, les accusés entendent lire la sentence de mort.

      Ciné-club Jacques Becker de Pontarlier, Catalogue Giuseppe De Santis, 1993.

    • Réalisation
      Giuseppe De Santis, Luchino Visconti, Mario Serandrei, Marcello Pagliero
    • Scénario
      Umberto Calosso, Umberto Barbaro
    • Image
      Massimo Terzano, Giovanni Pucci, Gianni Di Venanzo
    • Montage
      Mario Serandrei, Carlo Alberto Chiesa
    • Musique
      Costantino Ferri
    • Producteur (s)
      Fulvio Ricci
    • Productions
      Titanus en collaboration avec Associazione Nazionale Partigiani d'Italia (ANPI), Cinéac (Lausanne)
    • Année
      1945
    • Durée
      1h 15
    • Pays de production
      Italie, Suisse
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