GUARDIE E LADRI
GENDARMES ET VOLEURS

GUARDIE E LADRI

Steno

0h 1min
2021
Story of GUARDIE E LADRI
GUARDIE E LADRI GENDARMES ET VOLEURS  

Fallait-il que nous ayons les yeux encore éblouis par les grandes œuvres du néo-réalisme pour n'avoir pas toujours su discerner, au moment de sa sortie en France en 1952, l'importance de ce film ! On s'aperçoit aujourd'hui que cette comédie est aussi révélatrice de la grande misère italienne que Voleur de bicyclette, et non moins superbe.

Tout commence dans le Forum où Esposito (Totò) vend de fausses monnaies antiques aux touristes américains. Par malheur, l'un des pigeons reconnaît Esposito au moment où celui-ci s'apprêtait à réussir une autre savoureuse escroquerie et il lance à ses trousses le gendarme Bottoni (Aldo Fabrizi). Ah, la jolie poursuite, dans la banlieue romaine, entre un escroc sympathique et un esclave du devoir ! On a eu chaud pour eux. Rattrapé, Esposito parvient pourtant à s'enfuir… pour le malheur du gendarme Bottoni.

Car l'américain a le bras long : Bottoni est momentanément suspendu et sera définitivement mis à pied dans trois mois, s'il n'a pas, d'ici là, retrouvé son voleur. Sans rien dire à sa femme, si fière de sa carrière, Bottoni se met donc en chasse. Il découvre l'adresse d'Esposito (qui n'est pas souvent au logis) fait connaissance avec sa nombreuse famille et l'attire chez lui. Mme Bottoni, d'abord réticente, s'attendrit devant la misère de ces pauvres gens. Les deux femmes se lient d'amitié, les deux garçons aussi, et un tendre sentiment naît entre le jeune beau-frère d'Esposito et la fille de Bottoni.

Quiproquos et malentendus se multiplient. Jusqu'au moment où les deux hommes se retrouvent face à face et même côte à côte devant le même plat de nouilles, au cours d'un repas qui réunit les deux familles. Bottoni n'a plus le coeur d'arrêter Esposito. Mais Esposito, lui, veut sauver son nouvel ami du chômage et l'entraîne vers le poste de police.

 

Jamais nous n'aurions cru le tandem Steno-Monicelli capable de tant d'émotion et de délicatesse. Capable de tant de finesse et de précision dans le comique. Capable surtout d'une telle mise en scène. Nous sommes loin des premiers films-farces de Totò où des réalisateurs sans talent se contentaient d'enregistrer ses numéros de clown génial au cours d'un scénario-prétexte.

Ici, la réalisation est belle, le scénario travaillé et, pour la première fois, Totò la marionnette, le Polichinelle de la Commedia dell'arte devient un homme.

Totò, fils naturel du marquis de Curtis (qui ne l'a reconnu que trente ans plus tard) et d'une roturière, Anna Clémente, a passé son enfance dans les rues de Naples. La misère, il connaît. Artiste de music-hall, comédien de revue, Totò ne débute au cinéma qu'à trente-cinq ans. Il mit alors les bouchées doubles : de 1937 à 1967. l'année de sa mort, il tourna cent films.

Pour nourrir ses personnages, il cultivait ce qu 'il appelait "le complexe des frères siamois". Dès que quelqu'un, dans la rue, l'amusait ou l'étonnait, il le suivait et l'imitait.

La devise, célèbre de Totò, souvenir d'un service militaire douloureux, était : "Sommes-nous des hommes ou des caporaux ? ". Lui, il était un homme. Et c'est pourquoi il a donné à ses personnages - même aux petits voleurs minables qui s'efforcent de subvenir aux besoins de leur famille, comme dans Gendarmes et voleurs une étrange dignité.

Claude-Marie Trémois, Télérama n° 1663, 25/11/81

    • GUARDIE E LADRI

      GENDARMES ET VOLEURS

       

      Fallait-il que nous ayons les yeux encore éblouis par les grandes œuvres du néo-réalisme pour n'avoir pas toujours su discerner, au moment de sa sortie en France en 1952, l'importance de ce film ! On s'aperçoit aujourd'hui que cette comédie est aussi révélatrice de la grande misère italienne que Voleur de bicyclette, et non moins superbe.

      Tout commence dans le Forum où Esposito (Totò) vend de fausses monnaies antiques aux touristes américains. Par malheur, l'un des pigeons reconnaît Esposito au moment où celui-ci s'apprêtait à réussir une autre savoureuse escroquerie et il lance à ses trousses le gendarme Bottoni (Aldo Fabrizi). Ah, la jolie poursuite, dans la banlieue romaine, entre un escroc sympathique et un esclave du devoir ! On a eu chaud pour eux. Rattrapé, Esposito parvient pourtant à s'enfuir… pour le malheur du gendarme Bottoni.

      Car l'américain a le bras long : Bottoni est momentanément suspendu et sera définitivement mis à pied dans trois mois, s'il n'a pas, d'ici là, retrouvé son voleur. Sans rien dire à sa femme, si fière de sa carrière, Bottoni se met donc en chasse. Il découvre l'adresse d'Esposito (qui n'est pas souvent au logis) fait connaissance avec sa nombreuse famille et l'attire chez lui. Mme Bottoni, d'abord réticente, s'attendrit devant la misère de ces pauvres gens. Les deux femmes se lient d'amitié, les deux garçons aussi, et un tendre sentiment naît entre le jeune beau-frère d'Esposito et la fille de Bottoni.

      Quiproquos et malentendus se multiplient. Jusqu'au moment où les deux hommes se retrouvent face à face et même côte à côte devant le même plat de nouilles, au cours d'un repas qui réunit les deux familles. Bottoni n'a plus le coeur d'arrêter Esposito. Mais Esposito, lui, veut sauver son nouvel ami du chômage et l'entraîne vers le poste de police.

       

      Jamais nous n'aurions cru le tandem Steno-Monicelli capable de tant d'émotion et de délicatesse. Capable de tant de finesse et de précision dans le comique. Capable surtout d'une telle mise en scène. Nous sommes loin des premiers films-farces de Totò où des réalisateurs sans talent se contentaient d'enregistrer ses numéros de clown génial au cours d'un scénario-prétexte.

      Ici, la réalisation est belle, le scénario travaillé et, pour la première fois, Totò la marionnette, le Polichinelle de la Commedia dell'arte devient un homme.

      Totò, fils naturel du marquis de Curtis (qui ne l'a reconnu que trente ans plus tard) et d'une roturière, Anna Clémente, a passé son enfance dans les rues de Naples. La misère, il connaît. Artiste de music-hall, comédien de revue, Totò ne débute au cinéma qu'à trente-cinq ans. Il mit alors les bouchées doubles : de 1937 à 1967. l'année de sa mort, il tourna cent films.

      Pour nourrir ses personnages, il cultivait ce qu 'il appelait "le complexe des frères siamois". Dès que quelqu'un, dans la rue, l'amusait ou l'étonnait, il le suivait et l'imitait.

      La devise, célèbre de Totò, souvenir d'un service militaire douloureux, était : "Sommes-nous des hommes ou des caporaux ? ". Lui, il était un homme. Et c'est pourquoi il a donné à ses personnages - même aux petits voleurs minables qui s'efforcent de subvenir aux besoins de leur famille, comme dans Gendarmes et voleurs une étrange dignité.

      Claude-Marie Trémois, Télérama n° 1663, 25/11/81

    • Réalisation
      Steno, Mario Monicelli
    • Scenario
      Mario Monicelli, Stefano Vanzina (Steno), Piero Tellini, Vitaliano Brancati, Aldo Fabrizi, Ennio Flaiano, Ruggero Maccari
    • Image
      Mario Bava
    • Montage
      Franco Fraticelli, Adriana Novelli
    • Musique
      Alessandro Cigognini
    • Producer (s)
      Dino De Laurentiis, Carlo Ponti
    • Productions
      Golden Film
    • Interprètes
      Totò, Aldo Fabrizi, Pina Piovani, Ave Ninchi, Rossana Podesta, Ernesto Almirante, Carlo Delle Piane, Mario Castellani, William Tubbs
    • Année
      1951
    • Durée
      1h 49
    • Pays de production
      Italie
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