Story of IL DESERTO ROSSO
Dans la zone industrialisée du port de Ravenne. Giuliana (Monica Vitti) est mariée à Ugo (Carlo Chionetti), un ingénieur, avec qui elle a un petit garçon, Valerio. Elle souffre d’une névrose que son entourage attribue à un traumatisme causé par un accident d'automobile. En réalité, Giuliana est perturbée par l'aisance de son milieu et son cadre de vie, et elle cherche en vain l'appui de son époux. Un jour Corrado (Richard Harris), un collègue d'Ugo, vient à Ravenne recruter de la main d’œuvre pour une usine en Patagonie. Giuliana cherche le réconfort auprès de Corrado qui semble être le seul à comprendre ses angoisses. Ils se rencontrent plusieurs fois, seuls, en présence d'Ugo, ou lors d'une déprimante réunion d'amis. Valerio simule une maladie faisant croire à une paralysie des jambes. Le subterfuge accentue encore l'angoisse de la jeune femme qui court à l'hôtel de Corrado et devient sa maîtresse. Cette étreinte passagère ne lui apporte pas le calme escompté. Corrado une fois parti, Giuliana continue d'errer dans le triste environnement du complexe industriel.
« Obsédant voire répétitif, le film est nettement plus expérimental que ceux de la trilogie magique (L'Avventura, Le Cri et L'Eclipse). Mais il marque les esprits par son regard à la fois impassible et précis. Il grave des détails : un manteau vert, le déplacement lent et animal de cargos, le vacarme assourdissant des machines, des pylônes rouge sang à perte de vue, un brouillard épais... En passant par le monochrome, Antonioni procède par touches de couleur, chaque séquence étant le fragment d'un tableau d'ensemble qui n'apparaît qu'à la fin. »
Jacques Morice, Télérama, 25 mars 2006
IL DESERTO ROSSO
LE DÉSERT ROUGE
Dans la zone industrialisée du port de Ravenne. Giuliana (Monica Vitti) est mariée à Ugo (Carlo Chionetti), un ingénieur, avec qui elle a un petit garçon, Valerio. Elle souffre d’une névrose que son entourage attribue à un traumatisme causé par un accident d'automobile. En réalité, Giuliana est perturbée par l'aisance de son milieu et son cadre de vie, et elle cherche en vain l'appui de son époux. Un jour Corrado (Richard Harris), un collègue d'Ugo, vient à Ravenne recruter de la main d’œuvre pour une usine en Patagonie. Giuliana cherche le réconfort auprès de Corrado qui semble être le seul à comprendre ses angoisses. Ils se rencontrent plusieurs fois, seuls, en présence d'Ugo, ou lors d'une déprimante réunion d'amis. Valerio simule une maladie faisant croire à une paralysie des jambes. Le subterfuge accentue encore l'angoisse de la jeune femme qui court à l'hôtel de Corrado et devient sa maîtresse. Cette étreinte passagère ne lui apporte pas le calme escompté. Corrado une fois parti, Giuliana continue d'errer dans le triste environnement du complexe industriel.
« Obsédant voire répétitif, le film est nettement plus expérimental que ceux de la trilogie magique (L'Avventura, Le Cri et L'Eclipse). Mais il marque les esprits par son regard à la fois impassible et précis. Il grave des détails : un manteau vert, le déplacement lent et animal de cargos, le vacarme assourdissant des machines, des pylônes rouge sang à perte de vue, un brouillard épais... En passant par le monochrome, Antonioni procède par touches de couleur, chaque séquence étant le fragment d'un tableau d'ensemble qui n'apparaît qu'à la fin. »
Jacques Morice, Télérama, 25 mars 2006« Premier long métrage en couleur de Michelangelo Antonioni, Le Désert rouge est une œuvre clé dans sa filmographie, à la fois récapitulative et annonciatrice des films à venir. Il marque l’accomplissement de sa collaboration avec Monica Vitti, et l’ouverture vers des recherches plastiques sidérantes de sophistication. Déjà proches de la perfection dans ses premiers films, la composition du cadre et le travail sur la profondeur de champ s’enrichissent dans Le Désert rouge d’interventions audacieuses du cinéaste et de son directeur de la photographie, Carlo Di Palma, sur la couleur. Antonioni n’hésite pas à modifier les teintes des paysages et des constructions afin d’obtenir une texture d’images capable d’exprimer le malaise de sa protagoniste. Antonioni accorde ainsi à la couleur une valeur psychologique. De ce point de vue, Le Désert rouge refuse la moindre tentation picturale en abordant la couleur comme une matière en mouvement, un équivalent visuel du son ou de la musique, une invention purement cinématographique et profondément révolutionnaire. La partie expérimentale et électronique de la colonne sonore, confiée à Vittorio Gelmetti, souligne la dimension futuriste et même science-fictionnelle des intentions d’Antonioni, qui entend montrer la beauté monstrueuse, industrielle et artificielle du monde de demain associé au progrès et au remplacement de la nature. De nombreuses séquences semblent appartenir au film de SF qu’Antonioni ne réalisera jamais, et dont il rêvait encore dans Identification d’une femme. Le Désert rouge est impressionnant par la façon dont le cinéaste parvient à décrire un site urbain – la ville moderne de Ravenne, en Émilie-Romagne – en même temps que le paysage mental tout aussi « mutant » de son anti-héroïne, et à enregistrer l’inadaptation au monde des êtres qui l’habitent, qui se réfugient dans la peur, l’immobilité ou la fuite. Le Désert rouge est, après L’avventura, la seconde étape décisive d’Antonioni vers un cinéma qui dépasse la narration classique et le réalisme pour parler du monde visible (la modernisation de la société italienne, la mutation de l’environnement et la pollution qui l’accompagne, la crise du couple) et invisible (la névrose du personnage incarné par Vitti) par des taches de couleurs ou des plans à la frontière de l’abstraction.»
Olivier Père, arte.tv, 8 juillet 2022
- RéalisationMichelangelo Antonioni
- ScénarioMichelangelo Antonioni, Tonino Guerra
- ImageCarlo Di Palma
- MontageEraldo Da Roma
- MusiqueGiovanni Fusco, Vittorio Gelmetti
- Producteur (s)Angelo Rizzoli
- ProductionsFilm Duemila, Francoriz Production
- Distribution FranceCarlotta Films
- InterprètesMonica Vitti, Richard Harris, Carlo Chionetti, Xenia Valderi, Rita Renoir, Lili Rheims, Aldo Grotti, Valerio Bartoleschi, Emanuela Pala Carboni
- Année1964
- Durée1h 57
- Pays de productionItalie, France
- FormatVOST
- CitationIl faut juste que je pense que tout ce qui m’arrive c’est ma vie.

