TELEFONI BIANCHI

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LA CARRIÈRE D'UNE FEMME DE CHAMBRE

Dino Risi

Story of TELEFONI BIANCHI
TELEFONI BIANCHI LA CARRIÈRE D'UNE FEMME DE CHAMBRE 1935. Femme de chambre dans un hôtel du Lido de Venise, Marcella Valmarin (Agostina Belli) est fascinée par le tout nouveau Festival du cinéma et néglige son prétendant Roberto Trevisan (Cochi Ponzoni). Invitée à Rome par un producteur, un certain Luciani (Maurizio Arena), elle trouve dans la capitale la société en faillite,... et un nouveau protecteur, l’hiérarque fasciste Bruno (Renato Pozzetto) qui l'enferme dans le bordel de sa mère. Marcella, grâce à une rencontre avec Mussolini et un détour dans le lit de la Villa Torlonia, parvient à atterrir à Cinecittà où, malgré les sarcasmes, elle est flanquée de l’acteur bien en cour, Franco Denza (Vittorio Gassman), un cabotin alcoolique et drogué. Tandis que Roberto, désespéré et malchanceux, erre de la guerre d’Abyssinie à celle d'Espagne et, enfin, dans les steppes enneigées de Russie, Marcella triomphe sous le nom de scène d'Alda Noris. La chute du Duce, le limogeage du riche manoir, et la voilà obligée, ruinée, de retourner dans sa Vénétie natale. Quelques années plus tard, mariée à un industriel suisse sympathique, mère de deux enfants, elle se rend en Ukraine pour déposer un bouquet de fleurs sur la tombe de Roberto qui, russifié et marié, prend soin de ne pas se découvrir et continue sa vie d'heureux koulak. La Carrière d’une femme de chambre est un film mélancolique et plein d’amertume que la critique italienne a accueilli fraîchement mais qui a connu un grand succès en France. Fabrizio Corallo, réalisateur Rétrospective Dino Risi – Villerupt, octobre 2021   « C’est une époque que j’ai vécue. Cela m’intéressait parce qu’on pouvait présenter cette époque d’une façon parodique, le fascisme étant déjà une parodie. Puis de la farce fasciste on passait à la tragédie de la guerre. Ce changement de ton pouvait troubler une partie du public. Il est bien que le public s’habitue à faire un peu de gymnastique en voyant un film, cela le stimule de sentir des humeurs différentes, diverses manières de raconter dans le même film. […] Gassman est un collage de quelques personnages ; physiquement c’est Amedeo Nazzari, comme comportement ou pour ce qui lui arrive, c’est un peu Osvaldo Valenti avec un zeste de Rossano Brazzi et de Carlo Ninchi […] Agostina Belli est un peu la Petacci, La Lotti, les "ingénues" de l’époque… » Dino Risi, propos recueillis par Lorenzo Codelli Positif, n° 207, juin 1978   Le titre italien renvoie très exactement au sujet qui se faufile d’une partie à l’autre de cette caricature sarcastique : le film italien à l’époque des « téléphones blancs ». Simultanément, le cinéaste se moque de l’art mussolinien et des mœurs du fascisme, du goût du régime pour l’emphase camouflant une réalité mesquine. […] En cours de récit, le ton change, devient de plus en plus cruel, abordant certains aspects franchement répugnants de la vie sociale : Tognazzi, remarquable, joue le rôle d’un bossu hideux qui vend les Juifs aux Allemands, et Franco Denza, contraint de tourner des films de propagande pour la République de Salo, crève comme un chien : de bellâtre qui se pavanait dans une reconstitution triomphaliste de la campagne d’Ethiopie, il reste, sous le regard taquin plutôt que méchant d’un groupe de Résistants, une loque. La farce a pris des accents tragiques et vrais, tragiquement vrais. Freddy Buache - Le cinéma italien 1945-1979 - Ed. L’Age d’Homme
  • TELEFONI BIANCHI

    LA CARRIÈRE D'UNE FEMME DE CHAMBRE

    1935. Femme de chambre dans un hôtel du Lido de Venise, Marcella Valmarin (Agostina Belli) est fascinée par le tout nouveau Festival du cinéma et néglige son prétendant Roberto Trevisan (Cochi Ponzoni). Invitée à Rome par un producteur, un certain Luciani (Maurizio Arena), elle trouve dans la capitale la société en faillite,... et un nouveau protecteur, l’hiérarque fasciste Bruno (Renato Pozzetto) qui l'enferme dans le bordel de sa mère. Marcella, grâce à une rencontre avec Mussolini et un détour dans le lit de la Villa Torlonia, parvient à atterrir à Cinecittà où, malgré les sarcasmes, elle est flanquée de l’acteur bien en cour, Franco Denza (Vittorio Gassman), un cabotin alcoolique et drogué. Tandis que Roberto, désespéré et malchanceux, erre de la guerre d’Abyssinie à celle d'Espagne et, enfin, dans les steppes enneigées de Russie, Marcella triomphe sous le nom de scène d'Alda Noris. La chute du Duce, le limogeage du riche manoir, et la voilà obligée, ruinée, de retourner dans sa Vénétie natale.
    Quelques années plus tard, mariée à un industriel suisse sympathique, mère de deux enfants, elle se rend en Ukraine pour déposer un bouquet de fleurs sur la tombe de Roberto qui, russifié et marié, prend soin de ne pas se découvrir et continue sa vie d'heureux koulak.

    La Carrière d’une femme de chambre est un film mélancolique et plein d’amertume que la critique italienne a accueilli fraîchement mais qui a connu un grand succès en France.

    Fabrizio Corallo, réalisateur
    Rétrospective Dino Risi – Villerupt, octobre 2021

    « C’est une époque que j’ai vécue. Cela m’intéressait parce qu’on pouvait présenter cette époque d’une façon parodique, le fascisme étant déjà une parodie. Puis de la farce fasciste on passait à la tragédie de la guerre. Ce changement de ton pouvait troubler une partie du public. Il est bien que le public s’habitue à faire un peu de gymnastique en voyant un film, cela le stimule de sentir des humeurs différentes, diverses manières de raconter dans le même film. […]
    Gassman est un collage de quelques personnages ; physiquement c’est Amedeo Nazzari, comme comportement ou pour ce qui lui arrive, c’est un peu Osvaldo Valenti avec un zeste de Rossano Brazzi et de Carlo Ninchi […] Agostina Belli est un peu la Petacci, La Lotti, les "ingénues" de l’époque… »

    Dino Risi, propos recueillis par Lorenzo Codelli
    Positif, n° 207, juin 1978

     

    Le titre italien renvoie très exactement au sujet qui se faufile d’une partie à l’autre de cette caricature sarcastique : le film italien à l’époque des « téléphones blancs ». Simultanément, le cinéaste se moque de l’art mussolinien et des mœurs du fascisme, du goût du régime pour l’emphase camouflant une réalité mesquine. […]
    En cours de récit, le ton change, devient de plus en plus cruel, abordant certains aspects franchement répugnants de la vie sociale : Tognazzi, remarquable, joue le rôle d’un bossu hideux qui vend les Juifs aux Allemands, et Franco Denza, contraint de tourner des films de propagande pour la République de Salo, crève comme un chien : de bellâtre qui se pavanait dans une reconstitution triomphaliste de la campagne d’Ethiopie, il reste, sous le regard taquin plutôt que méchant d’un groupe de Résistants, une loque. La farce a pris des accents tragiques et vrais, tragiquement vrais.

    Freddy Buache - Le cinéma italien 1945-1979 - Ed. L’Age d’Homme

  • Réalisation
    Dino Risi
  • Scénario
    Ruggero Maccari, Bernardino Zapponi, Dino Risi
  • Image
    Claudio Cirillo
  • Montage
    Alberto Gallitti
  • Musique
    Armando Trovajoli
  • Producteur (s)
    Pio Angeletti, Adriano De Micheli
  • Productions
    Dean Film
  • Distribution France
    Les Acacias
  • Interprètes
    Agostina Belli, Cochi Ponzoni, Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Renato Pozetto, Maurizio Arena, William Berger, Lino Toffolo
  • Année
    1976
  • Durée
    2h 00
  • Pays de production
    Italie
  • Citation
    « T’as pas changé, chienne ! Je te suis restée fidèle de cœur. »
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