IL PRATO

IL PRATO

LE PRÉ

Paolo Taviani, Vittorio Taviani

0h 1min
1979
Story of IL PRATO
IL PRATO LE PRÉ   Les succès se paient. Les très nombreuses récompenses (peut-être trop) attribuées dans le monde entier à Padre Padrone n'ont pas servi "Le pré", le dernier film des frères Taviani présenté au Festival de Venise 1979. (...) 11 en est toujours ainsi toutes les fois qu'un auteur se renouvelle, change d'orientation. Que face à ce drame intime, à cette fable "romantique" sur le désir et l'impossibilité d'être heureux, certains fanatiques qui se condamnent à vie à la cohérence (pour la cohérence) de l'engagement (pour l'engagement) se sentent déçus, c'est compréhensible : Le pré est un film plus "engagé" poétiquement que politiquement. Ce qui en revanche n'est pas compréhensible c'est que l'on puisse accuser ce film d'intellectualisme alors qu'il est peut-être le plus ému et "émouvant" de toute l'œuvre des Taviani. Une tentative de s'interroger sur la douleur, le désarroi actuel. Au centre de la fable du "pré" il y a trois jeunes à la recherche désespérée d'un travail qui leur permette de se réaliser, d'une affection qui donne un sens à leur existence. Ils ne sont ni subversifs, ni précocement fatigués et déçus. S'ils croient à la possibilité d'aimer, d'être heureux, ce n'est pas par réaction à des désillusions politiques. Giovanni, Eugenia et Enzo sont trois jeunes tout à fait normaux, contraints comme bien d'autres néodiplômés d'aujourd'hui à mener une vie schizophrène. (...) Giovanni voudrait être metteur en scène mais il est obligé de se lancer dans la magistrature. Eugenia (Isabella Rossellini, la révélation du film), anthropologue, est employée dans les postes. Elle s'évade du train — train de la vie d'employée en se donnant avec passion à l'animation théâtrale d'un groupe d'enfants de San Gimignano où elle vit. Enzo diplômé en agronomie, est chômeur. Avec quelques amis et sans manifester un enthousiasme débordant, il organise une occupation symbolique de certaines terres incultes, mais il lui faut compter avec les propriétaires légitimes. Aux yeux de Giovanni, venu du Nord de l'Italie à San Gimignano pour accomplir certaines formalités légales (son père a décidé de vendre leur maison de campagne), Eugenia apparaît comme la femme du destin. Celle-ci est sentimentalement liée à Enzo, mais ceci ne l'empêche pas de se donner au nouveau venu. Giovanni est disposé à tout pour ne pas la perdre, même à une liaison à trois qui presqu'aussitôt se révèle être une utopie. Quand elle se trouve physiquement entre Enzo et Giovanni, Eugenia s'isole, se replie sur elle-même, "traversée par des sentiments contrastants". Ce n'est que dans le monde des rêves (la fable du joueur de flûte, racontée par Eugenia et interprétée par tous les trois) "qu'il nous serait possible d'être heureux tous les trois ensemble". Giovanni trouvera la force de partir. Mais quand il apprend qu'Eugenia a décidé d'aller en Algérie avec Enzo, il revient à San Gimignano. Leur dernière rencontre — dans un pré, avec, en toile de fond, la ville aux innombrables tours — se voile de tris­tesse. (...) Une fois Eugenia partie, Giovanni se laisse mourir lentement de désespoir dans une chambre d'hôtel. (...)   Histoire d'un amour double, celui de trois jeunes gens, celui d'un père et d'un fils (l'aspect le plus nouveau du film est peut-être à rechercher dans cette tentative de "dialogue" entre les générations). Le pré est une réflexion amère sur la douleur profonde que les auteurs sentent aujourd'hui autour d'eux, chez les fils comme chez les pères. Une espèce d'Italie, année zéro. (...) Aldo Tassone - Dossier de présentation du PRÉ, avril 1980
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      LE PRÉ

       

      Les succès se paient. Les très nombreuses récompenses (peut-être trop) attribuées dans le monde entier à Padre Padrone n'ont pas servi "Le pré", le dernier film des frères Taviani présenté au Festival de Venise 1979. (...) 11 en est toujours ainsi toutes les fois qu'un auteur se renouvelle, change d'orientation. Que face à ce drame intime, à cette fable "romantique" sur le désir et l'impossibilité d'être heureux, certains fanatiques qui se condamnent à vie à la cohérence (pour la cohérence) de l'engagement (pour l'engagement) se sentent déçus, c'est compréhensible : Le pré est un film plus "engagé" poétiquement que politiquement. Ce qui en revanche n'est pas compréhensible c'est que l'on puisse accuser ce film d'intellectualisme alors qu'il est peut-être le plus ému et "émouvant" de toute l'œuvre des Taviani. Une tentative de s'interroger sur la douleur, le désarroi actuel.

      Au centre de la fable du "pré" il y a trois jeunes à la recherche désespérée d'un travail qui leur permette de se réaliser, d'une affection qui donne un sens à leur existence. Ils ne sont ni subversifs, ni précocement fatigués et déçus. S'ils croient à la possibilité d'aimer, d'être heureux, ce n'est pas par réaction à des désillusions politiques. Giovanni, Eugenia et Enzo sont trois jeunes tout à fait normaux, contraints comme bien d'autres néodiplômés d'aujourd'hui à mener une vie schizophrène. (...)

      Giovanni voudrait être metteur en scène mais il est obligé de se lancer dans la magistrature. Eugenia (Isabella Rossellini, la révélation du film), anthropologue, est employée dans les postes. Elle s'évade du train — train de la vie d'employée en se donnant avec passion à l'animation théâtrale d'un groupe d'enfants de San Gimignano où elle vit. Enzo diplômé en agronomie, est chômeur. Avec quelques amis et sans manifester un enthousiasme débordant, il organise une occupation symbolique de certaines terres incultes, mais il lui faut compter avec les propriétaires légitimes. Aux yeux de Giovanni, venu du Nord de l'Italie à San Gimignano pour accomplir certaines formalités légales (son père a décidé de vendre leur maison de campagne), Eugenia apparaît comme la femme du destin. Celle-ci est sentimentalement liée à Enzo, mais ceci ne l'empêche pas de se donner au nouveau venu. Giovanni est disposé à tout pour ne pas la perdre, même à une liaison à trois qui presqu'aussitôt se révèle être une utopie. Quand elle se trouve physiquement entre Enzo et Giovanni, Eugenia s'isole, se replie sur elle-même, "traversée par des sentiments contrastants". Ce n'est que dans le monde des rêves (la fable du joueur de flûte, racontée par Eugenia et interprétée par tous les trois) "qu'il nous serait possible d'être heureux tous les trois ensemble". Giovanni trouvera la force de partir. Mais quand il apprend qu'Eugenia a décidé d'aller en Algérie avec Enzo, il revient à San Gimignano. Leur dernière rencontre — dans un pré, avec, en toile de fond, la ville aux innombrables tours — se voile de tris­tesse. (...)

      Une fois Eugenia partie, Giovanni se laisse mourir lentement de désespoir dans une chambre d'hôtel. (...)

       

      Histoire d'un amour double, celui de trois jeunes gens, celui d'un père et d'un fils (l'aspect le plus nouveau du film est peut-être à rechercher dans cette tentative de "dialogue" entre les générations). Le pré est une réflexion amère sur la douleur profonde que les auteurs sentent aujourd'hui autour d'eux, chez les fils comme chez les pères. Une espèce d'Italie, année zéro. (...)

      Aldo Tassone - Dossier de présentation du PRÉ, avril 1980

    • Réalisation
      Paolo et Vittorio Taviani
    • Scénario
      Gianni Sbarra Paolo et Vittorio Taviani
    • Image
      Franco Di Giacomo
    • Montage
      Roberto Perpignan!
    • Musique
      Ennio Morricone
    • Producteur (s)
      Giuliani G. De Negri
    • Productions
      Film Tre
    • Interprètes
      Michele Placido, Saverio Marconi, Isabella Rossellini, Remo Remotti, Ermano Taviani, Patrizia Terreno, Luigi Mezzanotte
    • Année
      1979
    • Durée
      1h 55
    • Pays de production
      Italie
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